Des spĂ©cialistes constatent un recrudescence de malware diffusĂ© via des liens publicitaires dans les recherches de Google. Apple prĂ©conise d’aller sur son App Store plus sĂ»r.
En matière d’informatique, il ne faut avoir aucun doute sur le fait que les pirates essaieront toujours de trouver des moyens de s’introduire dans les terminaux. Selon un article des spĂ©cialistes de la sĂ©curité Spamhaus et abuse.ch (via Ars Technica), les pirates redoublent d’efforts pour diffuser des malware en exploitant les recherches de logiciels Mac sur Google. Pour y parvenir, ils diffusent des publicitĂ©s semblant rĂ©pondre Ă la demande quand l’utilisateur effectue une recherche d’applications dĂ©diĂ©es Mac, qui apparaissent dans en haut des rĂ©sultats de recherche. En cliquant sur l’annonce, ce dernier accède Ă une page de tĂ©lĂ©chargement de logiciels usurpĂ©e, et lorsqu’il clique pour effectuer le tĂ©lĂ©chargement, c’est un logiciel malveillant qui est enregistrĂ© sur son ordinateur. Le malware le plus courant est connu sous le nom de XLoader, disponible Ă la fois pour Windows et macOS. Il a dĂ©jĂ Ă©tĂ© utilisĂ© pour saisir les frappes au clavier et voler des donnĂ©es personnelles sur les machines infectĂ©es.
Ces dernières semaines, Spamhaus a constatĂ© une forte augmentation du malvertisting avec plusieurs applications populaires telles que Mozilla Thunderbird et Microsoft Teams. Dans son analyse, abuse.ch indique que ces publicitĂ©s malveillantes sont de plus en plus frĂ©quentes et qu’elles vont probablement devenir encore plus courantes. Dans sa propre enquĂŞte, Ars Technica a pu facilement constater cette pratique du malvertising associĂ©e Ă de simples recherches Google pour tĂ©lĂ©charger des logiciels courants comme Visual Studio et Tor Ă partir d’un Mac. MĂŞme si Google est conscient de cette pratique et s’efforce de rĂ©soudre le problème, elle reste extrĂŞmement rĂ©pandue. Dans une dĂ©claration envoyĂ©e Ă nos confrères, la firme de Mountain View dit avoir pris la mesure « de la rĂ©cente recrudescence des activitĂ©s publicitaires frauduleuses », ajoutant qu’il s’agit « d’une prioritĂ© essentielle pour Google, qui s’efforce de rĂ©soudre ces incidents aussi rapidement que possible ».
Apple promeut son App Store
MĂŞme si Google corrige le problème rapidement, les pirates trouveront un autre moyen de diffuser des logiciels malveillants sur Mac. Il revient donc aux utilisateurs de se protĂ©ger. Le moyen le plus sĂ»r d’obtenir des logiciels pour Mac est de passer par l’App Store d’Apple. C’est d’ailleurs, selon l’entreprise, la raison d’ĂŞtre de l’App Store. (La vĂ©ritĂ©, c’est que l’App Store rapporte de l’argent, mais les deux choses peuvent ĂŞtre vraies.) la firme de Cupertino vĂ©rifie que chaque application de sa boutique peut ĂŞtre tĂ©lĂ©chargĂ©e en toute sĂ©curitĂ©. La plupart des applications les plus populaires des grands Ă©diteurs sont disponibles, et on y trouve aussi une offre très variĂ©e d’applications proposĂ©es par des Ă©diteurs indĂ©pendants. Si l’application dont vous avez besoin ne se trouve pas dans l’App Store (ou si vous voulez que les dĂ©veloppeurs touchent la plus grande part possible des frais payĂ©s et qu’Apple ne reçoive pas sa part), il faudra passer par Internet. La meilleure option pour tĂ©lĂ©charger un logiciel est de se rendre directement sur le site Web de l’éditeur. Celui-ci doit proposer des mĂ©thodes sĂ©curisĂ©es pour acquĂ©rir le logiciel souhaitĂ©. Autant que possible, il faut Ă©viter les sites Web spĂ©cialisĂ©s dans le tĂ©lĂ©chargement de logiciels, car ils sont constamment ciblĂ©s par les pirates informatiques. S’il n’y a pas d’autres solutions, on peut encore utiliser un site comme VirusTotal pour vĂ©rifier que les fichiers et les URL ne contiennent pas de logiciels malveillants.
Le paramètre ConfidentialitĂ© et sĂ©curitĂ© et de macOS Ventura permet d’autoriser uniquement les tĂ©lĂ©chargements de l’App Store. (CrĂ©dit : Foundry)
Dans le paramètre système ConfidentialitĂ© et sĂ©curitĂ© de macOS Ventura – ou les prĂ©fĂ©rences système SĂ©curitĂ© et confidentialitĂ© de macOS Monterey et des versions antĂ©rieures – il est possible de demander au Mac de n’autoriser que les applications tĂ©lĂ©chargĂ©es de l’App Store d’Apple.
La rĂ©cente attaque visant le journal satirique Charlie Hebdo a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă l’Iran par Microsoft. Le groupe – baptisĂ© Neptunium revendique l’accès aux informations personnelles de plus de 200 000 lecteurs du journal. Il utilise notamment des faux comptes pour narguer le secteur français de la cybersĂ©curitĂ©.
Le Digital Threat Analysis Center (DTAC) de Microsoft a attribuĂ© une rĂ©cente opĂ©ration d’influence visant le journal satirique français Charlie Hebdo Ă un acteur national iranien. Le groupe cybercriminel baptisĂ© Neptunium par Microsoft a Ă©galement Ă©tĂ© identifiĂ© comme Emennet Pasargad par le ministère amĂ©ricain de la justice et se fait parfois appeler « Holy Souls ». DĂ©but janvier, le groupe a affirmĂ© avoir obtenu les informations personnelles de plus de 200 000 abonnĂ©s de Charlie Hebdo après avoir accĂ©dĂ© Ă une base de donnĂ©es, ce qui, selon Microsoft, faisait suite Ă un concours de caricatures organisĂ© par l’hebdomadaire. Les informations comprenaient une feuille de calcul dĂ©taillant les noms complets, les numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone et les adresses physiques et de courriel des comptes qui s’Ă©taient abonnĂ©s Ă la publication ou qui avaient effectuĂ© une transaction auprès d’elle.
« Ces donnĂ©es, obtenues par l’acteur iranien, pourraient exposer les abonnĂ©s du journal Ă un risque de ciblage en ligne ou physique par des organisations extrĂ©mistes », Ă©crit le DTAC de Microsoft dans un billet de blog.
Une attaque similaire Ă d’autres campagnes de l’Iran
Pour rappel, en dĂ©cembre 2022, Charlie Hebdo a lancĂ© un concours international de caricatures « ridiculisant » le Guide suprĂŞme iranien Ali Khamenei, pour coĂŻncider avec le huitième anniversaire de l’attaque des bureaux du journal par des terroristes. Le concours a Ă©tĂ© publiquement critiquĂ© par le ministre iranien des Affaires Ă©trangères, Hossein Amir-Abdollahian. Le 4 janvier, ce dernier a tweeté : « L’action insultante et discourtoise de la publication française […] contre l’autoritĂ© religieuse et politico-spirituelle ne sera pas […] laissĂ©e sans rĂ©ponse ». Le mĂŞme jour, il a convoqué l’ambassadeur de France en Iran pour « l’insulte » de Charlie Hebdo. Effet boule de neige, le 5 janvier, l’Iran a fermé l’Institut français de recherche en Iran dans ce que le ministère iranien des Affaires Ă©trangères a dĂ©crit comme une « première Ă©tape », et a dĂ©clarĂ© qu’il « poursuivrait sĂ©rieusement l’affaire et prendrait les mesures nĂ©cessaires ».
Par la suite, Neptunium a mis en vente les donnĂ©es volĂ©es pour 20 bitcoins (soit environ 340 000 dollars ou 315 952 euros Ă l’Ă©poque). Microsoft ajoute que de multiples Ă©lĂ©ments de l’attaque comportent des similitudes avec des campagnes antĂ©rieures menĂ©es par des acteurs de l’État-nation iranien. Parmi les Ă©lĂ©ments citĂ©s, elle relève : un personnage hacktiviste revendiquant le crĂ©dit de la cyberattaque ; la revendication d’une dĂ©figuration rĂ©ussie d’un site Web ; la fuite de donnĂ©es privĂ©es en ligne ; l’utilisation de personnages « sockpuppet » inauthentiques sur les mĂ©dias sociaux ; l’usurpation d’identitĂ© de sources faisant autoritĂ© ou encore le contact avec des mĂ©dias.
Une vague de comptes bidons en France en janvier
L’utilisation de nombreux comptes sockpuppet en français – des comptes de rĂ©seaux sociaux utilisant des identitĂ©s fictives ou volĂ©es pour masquer le vĂ©ritable propriĂ©taire du compte Ă des fins de tromperie – pour amplifier la campagne et diffuser des messages antagonistes Ă©tait particulièrement importante, Ă©crit Microsoft. « Le 4 janvier, les comptes, dont beaucoup ont un faible nombre de followers ont Ă©tĂ© créés rĂ©cemment et ont commencĂ© Ă publier des critiques des caricatures de Ali Khamenei sur Twitter. Avant mĂŞme que la prĂ©tendue cyberattaque ne fasse l’objet d’une couverture mĂ©diatique importante, ces comptes ont publiĂ© des captures d’Ă©cran identiques d’un site Web en mode dĂ©gradĂ© comportant le message suivant en français : ‘Charlie Hebdo a Ă©tĂ© piratĂ©’ ».
Quelques heures plus tard, au moins deux comptes de rĂ©seaux sociaux ont commencĂ© Ă se faire passer pour des figures d’autoritĂ© françaises, tandis que des comptes ont Ă©galement publiĂ© des messages de raillerie, notamment : « Pour moi, le prochain sujet des caricatures de Charlie devrait ĂŞtre les experts français en cybersĂ©curité ». L’utilisation de tels comptes sockpuppet a Ă©tĂ© observĂ©e dans de prĂ©cĂ©dentes opĂ©rations liĂ©es Ă l’Iran, notamment une attaque revendiquĂ©e par Atlas Group, un partenaire de Hackers of Savior, que le FBI a attribuĂ©e Ă l’Iran en 2022.Â
Mis en exergue par la NSA, le C++ ne serait pas assez sĂ©curisĂ© notamment sur l’accès mĂ©moire. Bjarne Stroustrup, le crĂ©ateur du C++, n’est pas d’accord avec cette analyse.
C’est dans un bulletin du 20 novembre 2022 sur la sĂ©curitĂ© de la mĂ©moire des logiciels, que l’agence de renseignement amĂ©ricaine (NSA), a recommandĂ© de ne pas utiliser le C++, conseillant aux entreprises d’opter plutĂ´t pour des langages protĂ©geant mieux les mĂ©moires. Mais Bjarne Stroustrup dĂ©fend le vĂ©nĂ©rable langage de programmation qu’il a conçu en 1979. Pour commencer, le crĂ©ateur du C++ a rappelĂ© les efforts dĂ©ployĂ©s depuis des dĂ©cennies pour amĂ©liorer le langage et le rendre plus sĂ»r et plus efficace. « Notamment, le travail sur les instructions de base du C++ vise spĂ©cifiquement Ă fournir un C++ statiquement garanti, sĂ»r au niveau des types et des ressources, pour les personnes qui en ont besoin, sans perturber les bases de code qui peuvent se dĂ©brouiller sans ces garanties solides ou introduire des chaĂ®nes d’outils supplĂ©mentaires », constate-t-il.
Le document de la NSA dĂ©conseille l’utilisation du C/C++ car, mĂŞme si les programmeurs effectuent souvent des tests rigoureux pour s’assurer que le code est sĂ»r, les problèmes de mĂ©moire dans les logiciels sont toujours très impliquĂ©s dans l’exploitation des vulnĂ©rabilitĂ©s. « La NSA conseille aux entreprises de laisser de cĂ´tĂ© les langages qui offrent peu ou pas de protection inhĂ©rente de la mĂ©moire, comme le C/C++, et de leur prĂ©fĂ©rer un langage sĂ»r pour la mĂ©moire quand c’est possible », a fait valoir l’agence. En guise d’exemple, la NSA cite des langages comme le C#, Go, Java, Ruby, Rust et Swift. Selon l’agence, si des langages couramment utilisĂ©s, comme le C et le C++, offrent une libertĂ© et une flexibilitĂ© dans la gestion de la mĂ©moire, ils s’appuient fortement sur le programmeur pour effectuer des contrĂ´les sur les rĂ©fĂ©rences mĂ©moire.
Un mélange C et C++ dommageable
Mais Bjarne Stroustrup insiste sur les amĂ©liorations apportĂ©es Ă la sĂ©curitĂ©. « Si je considĂ©rais que l’un de ces langages « sĂ»rs » Ă©tait supĂ©rieur au C++ pour les nombreux cas d’usage qui m’intĂ©ressent, je m’accommoderais du dĂ©clin du C/C++, mais ce n’est pas le cas ». Il ajoute « tel qu’il est dĂ©crit, le terme « sĂ»r » se limite Ă la sĂ©curitĂ© de la mĂ©moire, laissant de cĂ´tĂ© une douzaine d’autres façons dont un langage pourrait (et sera) utilisĂ© pour violer une certaine forme de sĂ»retĂ© et de sĂ©curité « .
Il dĂ©plore Ă©galement le mĂ©mo de la NSA associant le C++ Ă l’ancien langage C. Le C++, qui s’appelait Ă l’origine C avec classes, est une extension du C. « Comme c’est trop souvent le cas, l’agence regroupe le C et le C++ dans la seule catĂ©gorie C/C++, ignorant plus de 30 ans de progrès », a ajoutĂ© le crĂ©ateur du C++. Dans un courriel envoyĂ© la semaine dernière, M. Stroustrup a ajoutĂ© : « Oui, beaucoup trop de gens parlent du mythique langage C/C++, mais trop souvent, ils se concentrent ensuite sur les faiblesses de la partie C. Ces faiblesses peuvent ĂŞtre Ă©vitĂ©es en grande partie grâce Ă l’utilisation de la technologie C avec classes. Beaucoup de ces faiblesses peuvent ĂŞtre Ă©vitĂ©es en C++, essentiellement en Ă©crivant un code plus efficace qui exprime plus directement l’intention du programmeur », a ajoutĂ© Bjarne Stroustrup.
Une sécurité des langages à géométrie variable
Dans ce courriel, Bjarne Stroustrup a Ă©galement partagĂ© sa dĂ©finition de la sĂ©curitĂ©. Telle qu’il l’entend, la sĂ©curitĂ© du C++ vise les types et des ressources, dans laquelle chaque objet est utilisĂ© conformĂ©ment Ă son type et aucune ressource ne fuit. Pour le C++, cela implique une certaine vĂ©rification de l’étendue des fonctions au moment de l’exĂ©cution, l’Ă©limination de l’accès par le biais de pointeurs pendants et une utilisation non abusive des casts et unions. « Le C++ offre des facilitĂ©s de haut niveau, comme les conteneurs, l’Ă©tendue de fonction, les boucles range-for et les variantes qui peuvent offrir des garanties sans nuire Ă la productivitĂ© ou Ă l’efficacité ». En ce qui concerne les langages dits sĂ»rs citĂ©s par la NSA, M. Stroustrup a dĂ©clarĂ© que tous ces langages sont vulnĂ©rables parce que leur code n’est pas vĂ©rifiĂ© de manière statique. « En outre, chaque système doit utiliser un hardware, et l’accès effectif au matĂ©riel est rarement sĂ»r », a-t-il ajoutĂ©.
Voici la stratégie préconisée par Bjarne Stroustrup pour utiliser le C++ en toute sécurité :
– L’analyse statique pour vĂ©rifier qu’aucun code non sĂ»r n’est exĂ©cutĂ©.
– Des règles de codage pour simplifier le code afin de rendre l’analyse statique possible Ă l’Ă©chelle industrielle.
– Des bibliothèques pour que ce code simplifiĂ© soit raisonnablement facile Ă Ă©crire et pour assurer les contrĂ´les d’exĂ©cution nĂ©cessaires.
Selon Bjarne Stroustrup, il existe des millions de dĂ©veloppeurs C++ et des milliards de lignes de code C++. Le langage est actuellement utilisĂ© dans des domaines comme l’aĂ©rospatiale, l’instrumentation mĂ©dicale, l’IA/ML, les graphiques, la biomĂ©decine, la physique des hautes Ă©nergies, etc. La NSA a reconnu que la gestion de la mĂ©moire n’est pas entièrement sĂ»re, mĂŞme dans un langage « sĂ»r pour la mĂ©moire », et que des mĂ©canismes comme les tests de sĂ©curitĂ© des applications statiques (SAST) et les tests de sĂ©curitĂ© des applications dynamiques (DAST) peuvent ĂŞtre utilisĂ©s pour amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© de la mĂ©moire dans les langages dits « non sĂ»rs pour la mĂ©moire ». « Mais ni les SAST ni les DAST ne peuvent rendre un code non sĂ©curisĂ© par la mĂ©moire, totalement sĂ»r », a encore dĂ©clarĂ© la NSA.
Les groupes APT nord-corĂ©ens, russes et chinois changent de tactique. Sous couvert de mener des attaques par rançongiciels, ils mènent des campagnes de l’espionnage ou du sabotage. Un modification de posture que les entreprises occidentales doivent prendre en compte.
Les groupes malveillants soutenus par des Etats utilisent de plus en plus des attaques de type rançongiciel comme couverture pour dissimuler des activitĂ©s plus insidieuses. Le groupe russe Sandworm a ainsi utilisĂ© des ransomwares pour dĂ©truire des donnĂ©es Ă plusieurs reprises au cours des six derniers mois, tandis que le groupe nord-corĂ©en Lazarus a employĂ© une infrastructure prĂ©cĂ©demment associĂ©e Ă un groupe de rançongiciels pour des campagnes de collecte de renseignements. Dans le mĂŞme temps, certaines APT chinoises qui ciblaient traditionnellement des entitĂ©s en Asie se sont tournĂ©es vers des entreprises europĂ©ennes, tandis que des groupes basĂ©s en Iran qui ciblaient historiquement des sociĂ©tĂ©s israĂ©liennes ont commencĂ© Ă s’en prendre Ă leurs filiales Ă©trangères. Au moins un groupe nord-corĂ©en qui se concentrait sur la CorĂ©e du Sud et la Russie a commencĂ© Ă utiliser l’anglais dans ses opĂ©rations. Tous ces changements opĂ©rationnels suggèrent que les organisations et les entreprises des pays occidentaux sont exposĂ©es Ă un risque accru de l’activitĂ© APT.
Au cours des derniers mois de 2022, Sandworm a poursuivi ses attaques d’effacement de donnĂ©es contre des organisations ukrainiennes, mais a Ă©tendu ses efforts Ă des entreprises de pays qui sont de fervents partisans de l’Ukraine, comme la Pologne, selon un dernier rapport de l’Ă©diteur ESET. On pense que Sandworm opère comme une unitĂ© au sein de l’agence de renseignement militaire russe, le GRU. Sandworm a lancĂ© des attaques destructrices contre des organisations ukrainiennes pendant des annĂ©es. On lui attribue les attaques contre l’infrastructure Ă©nergĂ©tique ukrainienne qui ont provoquĂ© des pannes d’Ă©lectricitĂ© dans le pays en 2015 ainsi que l’attaque destructrice de type ransomware NotPetya en 2017 qui a commencĂ© comme une attaque de la supply chain logiciel contre un Ă©diteur ukrainien mais a fini par avoir un impact sur les firmes internationales aussi. Depuis le dĂ©but de la guerre, les chercheurs d’ESET ont attribuĂ© Ă Sandworm deux programmes de sabotage appelĂ©s CaddyWiper et HermeticWiper utilisĂ©s en Ukraine. Le cybergang est Ă©galement soupçonnĂ© d’avoir tentĂ© de perturber le rĂ©seau Ă©lectrique ukrainien en avril en utilisant un nouveau malware appelĂ© Industroyer2.
Des rançongiciels utlisés dans des opérations comme leurres
En octobre, ESET a vu d’autres variantes de CaddyWiper et HermeticWiper, mais aussi un wiper de donnĂ©es attribuĂ© Ă Sandworm appelĂ© NikoWiper. Ce dernier est basĂ© sur SDelete, un utilitaire de Microsoft pour supprimer des fichiers en toute sĂ©curitĂ© et a Ă©tĂ© utilisĂ© contre une entreprise ukrainienne du secteur de l’Ă©nergie. « Cette attaque s’est produite Ă peu près Ă la mĂŞme pĂ©riode oĂą les forces armĂ©es russes ont ciblĂ© l’infrastructure Ă©nergĂ©tique ukrainienne avec des frappes de missiles », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs de l’Ă©diteur. « MĂŞme si nous n’avons pu dĂ©montrer aucune coordination entre ces Ă©vĂ©nements, cela suggère que Sandworm et les forces armĂ©es russes ont les mĂŞmes objectifs ». Outre les wipers, Sandworm semble poursuivre sa tactique de rĂ©utilisation des ransomwares. La diffĂ©rence entre les effaceurs de donnĂ©es et les programmes rançongiciels est que ces derniers cryptent les fichiers au lieu de les supprimer, mais les deux ont pour effet de rendre les donnĂ©es inaccessibles.
Les chercheurs d’ESET attribuent les attaques d’octobre avec un ransomware appelĂ© Prestige contre les entreprises de logistique ukrainiennes et polonaises Ă Sandworm. Un mois plus tard, le groupe a utilisĂ© une autre charge appelĂ©e RansomBoggs contre des structures ukrainiennes. Elle a Ă©tĂ© Ă©crite en .NET et faisait rĂ©fĂ©rence au film d’animation Monsters Inc. « Dans ces attaques, des rançongiciels ont Ă©tĂ© utilisĂ©s mais l’objectif final Ă©tait le mĂŞme que pour les wipers : la destruction des donnĂ©es », ont dĂ©clarĂ© les experts. Contrairement aux attaques traditionnelles de ransomwares, ici les pirates ne visent pas Ă fournir la clĂ© pour dĂ©crypter les donnĂ©es. Il est probable que ces attaques destructrices se poursuivront et, comme dans le cas du rançongiciel Prestige, elles pourraient s’Ă©tendre aux sociĂ©tĂ©s des pays qui fournissent un soutien militaire et logistique Ă l’Ukraine. Pas plus tard que la semaine dernière, l’Ă©quipe ESET a dĂ©couvert un autre programme d’effacement qu’elle a attribuĂ© Ă Sandworm et baptisĂ© SwiftSlicer. Il est Ă©crit en Go et est dĂ©ployĂ© sur les rĂ©seaux via la stratĂ©gie de groupe Active Directory.
La Corée du Nord aux première loges
D’autres groupes APT peuvent ne pas utiliser directement les ransomware, mais peuvent se servir des tactiques, techniques et procĂ©dures (TTP) associĂ©es Ă des groupes de rançongiciels connus pour masquer leurs activitĂ©s. Celles-ci sont connues dans l’industrie de la sĂ©curitĂ© sous le nom d’opĂ©rations « sous fausse bannière ». La plupart des groupes de rançongiciels exfiltrent dĂ©sormais les donnĂ©es pour les rançonner avant de les chiffrer localement. Ce vol de donnĂ©es peut ĂŞtre une bonne couverture pour le cyber-espionnage. La sociĂ©tĂ© de sĂ©curitĂ© WithSecure a rĂ©cemment enquĂŞtĂ© sur une campagne d’attaque qui Ă©tait initialement soupçonnĂ©e d’ĂŞtre causĂ©e par le groupe BianLian. Une enquĂŞte plus approfondie a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il s’agissait en fait d’une opĂ©ration de collecte de renseignements par le groupe Lazarus parrainĂ© par l’État nord-corĂ©en. Elle ciblait des organismes de recherche publics et privĂ©s dans le domaine mĂ©dicale et énergĂ©tique, ainsi que leur partenaires.
La CorĂ©e du Nord compte plusieurs groupes APT qui partagent parfois des outils, mais qui seraient contrĂ´lĂ©s par diffĂ©rentes agences ou dĂ©partements gouvernementaux. Lazarus, APT38 et Andariel (Ă©galement connu sous le nom de Silent Chollima) sont des groupes attribuĂ©s au 3e Bureau du Foreign Intelligence and Reconnaissance General Bureau, l’agence de renseignement Ă©trangère de la CorĂ©e du Nord. Un autre groupe appelĂ© Kimsuky est attribuĂ© au 5e Bureau – Affaires intercorĂ©ennes et s’occupe des opĂ©rations ciblant principalement la CorĂ©e du Sud. Encore un autre identifiĂ© en tant qu’APT37 ciblant Ă©galement principalement le pays voisin est attribuĂ© au ministère nord-corĂ©en de la SĂ©curitĂ© d’État. « Bon nombre des TTP observĂ©s et des outils collectĂ©s ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© attribuĂ©s par d’autres chercheurs aux groupes Kimsuky ou Lazarus », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs de WithSecure. Ils ajoutent, « le fait que des rĂ©fĂ©rences aux deux groupes soient observĂ©es pourrait mettre en Ă©vidence le partage d’outils et de capacitĂ©s entre Acteurs nord-corĂ©ens de la menace ».
Des ransomwares intriqués
Les chercheurs ont trouvĂ© un malware similaire Ă celui appelĂ© GREASE qui Ă©tait auparavant attribuĂ© Ă Kimsuky, ainsi qu’une version personnalisĂ©e de cet incident, WithSecure a observĂ© l’utilisation d’un malware similaire Ă GREASE, Ă©galement prĂ©cĂ©demment attribuĂ© Ă Kimsuky. Un autre malware rĂ©cupĂ©rĂ© Ă©tait une version personnalisĂ©e de Dtrack, un cheval de Troie d’accès Ă distance (RAT), avec une configuration très similaire Ă celle utilisĂ©e par Lazarus lors d’une attaque contre la centrale nuclĂ©aire indienne de Kudankulam en 2019. Les chercheurs ont Ă©galement dĂ©couvert l’utilisation de Putty Plink et 3Proxy, deux outils prĂ©cĂ©demment observĂ©s dans d’autres campagnes Lazarus. Le chevauchement avec le rançongiciel BianLian Ă©tait l’utilisation d’un serveur de commande et de contrĂ´le hĂ©bergĂ© Ă une adresse IP prĂ©cĂ©demment utilisĂ©e par BianLian. Lazarus et les APT nord-corĂ©ens ont l’habitude d’utiliser des ransomwares dans leurs attaques, Ă la fois comme couverture et pour en tirer profit. Cela inclut le principal ver/rançongiciel WannaCry de 2017 qui a touchĂ© des sociĂ©tĂ©s du monde entier.
En juillet, le CISA a Ă©mis une alerte indiquant que des acteurs soutenus par l’État nord-corĂ©en utilisaient le rançongiciel Maui pour cibler les secteurs de la santĂ© et de la santĂ© publique. En raison des sanctions Ă©conomiques strictes auxquelles le gouvernement nord-corĂ©en est confrontĂ©, ses armes de piratage se livrent frĂ©quemment Ă des activitĂ©s qui s’apparentent davantage Ă la cybercriminalitĂ© qu’au cyber-espionnage. « Dans diverses parties du monde, des groupes alignĂ©s sur la CorĂ©e du Nord ont utilisĂ© d’anciens exploits pour compromettre les entreprises et les Ă©changes de crypto-monnaie. Fait intĂ©ressant, Konni a Ă©largi le rĂ©pertoire des langues qu’il utilise dans ses documents leurres pour inclure l’anglais, ce qui signifie qu’il pourrait ne pas ĂŞtre visant ses cibles russes et corĂ©ennes habituelles », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs d’ESET dans leur rapport sur l’activitĂ© APT.
Les groupes APT nord-corĂ©ens, russes et chinois changent de tactique. Sous couvert de mener des attaques par rançongiciels, ils mènent des campagnes de l’espionnage ou du sabotage. Un modification de posture que les entreprises occidentales doivent prendre en compte.
Les groupes malveillants soutenus par des Etats utilisent de plus en plus des attaques de type rançongiciel comme couverture pour dissimuler des activitĂ©s plus insidieuses. Le groupe russe Sandworm a ainsi utilisĂ© des ransomwares pour dĂ©truire des donnĂ©es Ă plusieurs reprises au cours des six derniers mois, tandis que le groupe nord-corĂ©en Lazarus a employĂ© une infrastructure prĂ©cĂ©demment associĂ©e Ă un groupe de rançongiciels pour des campagnes de collecte de renseignements. Dans le mĂŞme temps, certaines APT chinoises qui ciblaient traditionnellement des entitĂ©s en Asie se sont tournĂ©es vers des entreprises europĂ©ennes, tandis que des groupes basĂ©s en Iran qui ciblaient historiquement des sociĂ©tĂ©s israĂ©liennes ont commencĂ© Ă s’en prendre Ă leurs filiales Ă©trangères. Au moins un groupe nord-corĂ©en qui se concentrait sur la CorĂ©e du Sud et la Russie a commencĂ© Ă utiliser l’anglais dans ses opĂ©rations. Tous ces changements opĂ©rationnels suggèrent que les organisations et les entreprises des pays occidentaux sont exposĂ©es Ă un risque accru de l’activitĂ© APT.
Au cours des derniers mois de 2022, Sandworm a poursuivi ses attaques d’effacement de donnĂ©es contre des organisations ukrainiennes, mais a Ă©tendu ses efforts Ă des entreprises de pays qui sont de fervents partisans de l’Ukraine, comme la Pologne, selon un dernier rapport de l’Ă©diteur ESET. On pense que Sandworm opère comme une unitĂ© au sein de l’agence de renseignement militaire russe, le GRU. Sandworm a lancĂ© des attaques destructrices contre des organisations ukrainiennes pendant des annĂ©es. On lui attribue les attaques contre l’infrastructure Ă©nergĂ©tique ukrainienne qui ont provoquĂ© des pannes d’Ă©lectricitĂ© dans le pays en 2015 ainsi que l’attaque destructrice de type ransomware NotPetya en 2017 qui a commencĂ© comme une attaque de la supply chain logiciel contre un Ă©diteur ukrainien mais a fini par avoir un impact sur les firmes internationales aussi. Depuis le dĂ©but de la guerre, les chercheurs d’ESET ont attribuĂ© Ă Sandworm deux programmes de sabotage appelĂ©s CaddyWiper et HermeticWiper utilisĂ©s en Ukraine. Le cybergang est Ă©galement soupçonnĂ© d’avoir tentĂ© de perturber le rĂ©seau Ă©lectrique ukrainien en avril en utilisant un nouveau malware appelĂ© Industroyer2.
Des rançongiciels utlisés dans des opérations comme leurres
En octobre, ESET a vu d’autres variantes de CaddyWiper et HermeticWiper, mais aussi un wiper de donnĂ©es attribuĂ© Ă Sandworm appelĂ© NikoWiper. Ce dernier est basĂ© sur SDelete, un utilitaire de Microsoft pour supprimer des fichiers en toute sĂ©curitĂ© et a Ă©tĂ© utilisĂ© contre une entreprise ukrainienne du secteur de l’Ă©nergie. « Cette attaque s’est produite Ă peu près Ă la mĂŞme pĂ©riode oĂą les forces armĂ©es russes ont ciblĂ© l’infrastructure Ă©nergĂ©tique ukrainienne avec des frappes de missiles », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs de l’Ă©diteur. « MĂŞme si nous n’avons pu dĂ©montrer aucune coordination entre ces Ă©vĂ©nements, cela suggère que Sandworm et les forces armĂ©es russes ont les mĂŞmes objectifs ». Outre les wipers, Sandworm semble poursuivre sa tactique de rĂ©utilisation des ransomwares. La diffĂ©rence entre les effaceurs de donnĂ©es et les programmes rançongiciels est que ces derniers cryptent les fichiers au lieu de les supprimer, mais les deux ont pour effet de rendre les donnĂ©es inaccessibles.
Les chercheurs d’ESET attribuent les attaques d’octobre avec un ransomware appelĂ© Prestige contre les entreprises de logistique ukrainiennes et polonaises Ă Sandworm. Un mois plus tard, le groupe a utilisĂ© une autre charge appelĂ©e RansomBoggs contre des structures ukrainiennes. Elle a Ă©tĂ© Ă©crite en .NET et faisait rĂ©fĂ©rence au film d’animation Monsters Inc. « Dans ces attaques, des rançongiciels ont Ă©tĂ© utilisĂ©s mais l’objectif final Ă©tait le mĂŞme que pour les wipers : la destruction des donnĂ©es », ont dĂ©clarĂ© les experts. Contrairement aux attaques traditionnelles de ransomwares, ici les pirates ne visent pas Ă fournir la clĂ© pour dĂ©crypter les donnĂ©es. Il est probable que ces attaques destructrices se poursuivront et, comme dans le cas du rançongiciel Prestige, elles pourraient s’Ă©tendre aux sociĂ©tĂ©s des pays qui fournissent un soutien militaire et logistique Ă l’Ukraine. Pas plus tard que la semaine dernière, l’Ă©quipe ESET a dĂ©couvert un autre programme d’effacement qu’elle a attribuĂ© Ă Sandworm et baptisĂ© SwiftSlicer. Il est Ă©crit en Go et est dĂ©ployĂ© sur les rĂ©seaux via la stratĂ©gie de groupe Active Directory.
La Corée du Nord aux première loges
D’autres groupes APT peuvent ne pas utiliser directement les ransomware, mais peuvent se servir des tactiques, techniques et procĂ©dures (TTP) associĂ©es Ă des groupes de rançongiciels connus pour masquer leurs activitĂ©s. Celles-ci sont connues dans l’industrie de la sĂ©curitĂ© sous le nom d’opĂ©rations « sous fausse bannière ». La plupart des groupes de rançongiciels exfiltrent dĂ©sormais les donnĂ©es pour les rançonner avant de les chiffrer localement. Ce vol de donnĂ©es peut ĂŞtre une bonne couverture pour le cyber-espionnage. La sociĂ©tĂ© de sĂ©curitĂ© WithSecure a rĂ©cemment enquĂŞtĂ© sur une campagne d’attaque qui Ă©tait initialement soupçonnĂ©e d’ĂŞtre causĂ©e par le groupe BianLian. Une enquĂŞte plus approfondie a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il s’agissait en fait d’une opĂ©ration de collecte de renseignements par le groupe Lazarus parrainĂ© par l’État nord-corĂ©en. Elle ciblait des organismes de recherche publics et privĂ©s dans le domaine mĂ©dicale et énergĂ©tique, ainsi que leur partenaires.
La CorĂ©e du Nord compte plusieurs groupes APT qui partagent parfois des outils, mais qui seraient contrĂ´lĂ©s par diffĂ©rentes agences ou dĂ©partements gouvernementaux. Lazarus, APT38 et Andariel (Ă©galement connu sous le nom de Silent Chollima) sont des groupes attribuĂ©s au 3e Bureau du Foreign Intelligence and Reconnaissance General Bureau, l’agence de renseignement Ă©trangère de la CorĂ©e du Nord. Un autre groupe appelĂ© Kimsuky est attribuĂ© au 5e Bureau – Affaires intercorĂ©ennes et s’occupe des opĂ©rations ciblant principalement la CorĂ©e du Sud. Encore un autre identifiĂ© en tant qu’APT37 ciblant Ă©galement principalement le pays voisin est attribuĂ© au ministère nord-corĂ©en de la SĂ©curitĂ© d’État. « Bon nombre des TTP observĂ©s et des outils collectĂ©s ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© attribuĂ©s par d’autres chercheurs aux groupes Kimsuky ou Lazarus », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs de WithSecure. Ils ajoutent, « le fait que des rĂ©fĂ©rences aux deux groupes soient observĂ©es pourrait mettre en Ă©vidence le partage d’outils et de capacitĂ©s entre Acteurs nord-corĂ©ens de la menace ».
Des ransomwares intriqués
Les chercheurs ont trouvĂ© un malware similaire Ă celui appelĂ© GREASE qui Ă©tait auparavant attribuĂ© Ă Kimsuky, ainsi qu’une version personnalisĂ©e de cet incident, WithSecure a observĂ© l’utilisation d’un malware similaire Ă GREASE, Ă©galement prĂ©cĂ©demment attribuĂ© Ă Kimsuky. Un autre malware rĂ©cupĂ©rĂ© Ă©tait une version personnalisĂ©e de Dtrack, un cheval de Troie d’accès Ă distance (RAT), avec une configuration très similaire Ă celle utilisĂ©e par Lazarus lors d’une attaque contre la centrale nuclĂ©aire indienne de Kudankulam en 2019. Les chercheurs ont Ă©galement dĂ©couvert l’utilisation de Putty Plink et 3Proxy, deux outils prĂ©cĂ©demment observĂ©s dans d’autres campagnes Lazarus. Le chevauchement avec le rançongiciel BianLian Ă©tait l’utilisation d’un serveur de commande et de contrĂ´le hĂ©bergĂ© Ă une adresse IP prĂ©cĂ©demment utilisĂ©e par BianLian. Lazarus et les APT nord-corĂ©ens ont l’habitude d’utiliser des ransomwares dans leurs attaques, Ă la fois comme couverture et pour en tirer profit. Cela inclut le principal ver/rançongiciel WannaCry de 2017 qui a touchĂ© des sociĂ©tĂ©s du monde entier.
En juillet, le CISA a Ă©mis une alerte indiquant que des acteurs soutenus par l’État nord-corĂ©en utilisaient le rançongiciel Maui pour cibler les secteurs de la santĂ© et de la santĂ© publique. En raison des sanctions Ă©conomiques strictes auxquelles le gouvernement nord-corĂ©en est confrontĂ©, ses armes de piratage se livrent frĂ©quemment Ă des activitĂ©s qui s’apparentent davantage Ă la cybercriminalitĂ© qu’au cyber-espionnage. « Dans diverses parties du monde, des groupes alignĂ©s sur la CorĂ©e du Nord ont utilisĂ© d’anciens exploits pour compromettre les entreprises et les Ă©changes de crypto-monnaie. Fait intĂ©ressant, Konni a Ă©largi le rĂ©pertoire des langues qu’il utilise dans ses documents leurres pour inclure l’anglais, ce qui signifie qu’il pourrait ne pas ĂŞtre visant ses cibles russes et corĂ©ennes habituelles », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs d’ESET dans leur rapport sur l’activitĂ© APT.
Proofpoint a dĂ©tectĂ© que des cybercriminels ciblent des comptes d’Ă©diteurs d’applications vĂ©rifiĂ©es de Microsoft pour abuser des privilèges OAuth et inciter les utilisateurs Ă employer des logiciels malveillants.
Des chercheurs de la sociĂ©tĂ© de cybersĂ©curitĂ© Proofpoint affirment avoir dĂ©couvert des applications OAuth tierces malveillantes utilisĂ©es pour infiltrer les environnements cloud d’entreprises. Dans un billet de blog, l’Ă©diteur explique que des cybercriminels sont parvenus Ă tromper les mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© de Microsoft concernant les applications OAuth tierces en abusant son statut d’Ă©diteur vĂ©rifiĂ©. Les Ă©quipes de Proofpoint ont dĂ©busqué en dĂ©cembre 2022 une exfiltration de donnĂ©es et la compromission de boites e-mails. L’analyse des experts a suggĂ©rĂ© que la campagne ciblait principalement les entreprises et les utilisateurs basĂ©s au Royaume-Uni. L’Ă©diteur a informĂ© Microsoft de l’activitĂ© malveillante le 20 dĂ©cembre 2022 et la campagne s’est terminĂ©e sept jours plus tard. Depuis, le fournisseur amĂ©ricaie a dĂ©sactivĂ© les applications frauduleuse tout en continuant Ă enquĂŞter sur cette attaque, a confirmĂ© Proofpoint.
Qu’est ce qu’ un « Éditeur vĂ©rifiĂ© » ? Il s’agit du statut qu’un compte Microsoft peut obtenir lorsque « l’Ă©diteur de l’application a vĂ©rifiĂ© son identitĂ© Ă l’aide de son compte Microsoft Partner Network (MPN) et a associĂ© ce compte MPN Ă l’enregistrement d’application » indique la firme. Les cybercriminels reconnaissent la valeur du statut vĂ©rifiĂ© dans l’environnement Microsoft pour abuser des privilèges OAuth, augmentant la probabilitĂ© d’inciter les utilisateurs Ă donner leur consentement lorsqu’une application OAuth tierce malveillante demande l’accès aux donnĂ©es accessibles via le compte d’un utilisateur, indique Proofpoint. « Nous avons identifiĂ© trois applications frauduleuses créées par trois Ă©diteurs malveillants diffĂ©rents », observe-t-il. « Ces applications ciblaient les mĂŞmes sociĂ©tĂ©s et sont associĂ©es Ă la mĂŞme infrastructure frauduleuse. Plusieurs utilisateurs ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s autorisant les applications malveillantes, compromettant ainsi l’environnement de leur entreprise ». Les entreprises et les salariĂ©s basĂ©s au Royaume-Uni ont Ă©tĂ© les plus ciblĂ©s, affectant le personnel financier et marketing, ainsi que les utilisateurs de haut niveau tels que les gestionnaires et les cadres, a notĂ© Proofpoint.
Exfiltration de données et abus de marque
Si le consentement est accordĂ© par les utilisateurs, les autorisations dĂ©lĂ©guĂ©es par dĂ©faut dans les applications malveillantes permettaient aux pirates d’accĂ©der et de manipuler les ressources de messagerie, le calendrier et les invitations Ă des rĂ©unions liĂ©es aux comptes d’utilisateurs compromis, explique l’Ă©diteur de sĂ©curitĂ©. « L’accès hors ligne » fourni par les autorisations signifiait que l’interaction de l’utilisateur n’Ă©tait pas requise après le consentement, tandis que le token accordĂ© dispose d’une longue durĂ©e d’expiration. Plus d’un an dans la plupart des cas, ce qui donne aux cyber-dĂ©linquants la possibilitĂ© d’exploiter les comptes compromis dans les versions ultĂ©rieures via de la prise de contrĂ´le de boites e-mail (BEC) ou d’autres attaques a expliquĂ© Proofpoint. « En plus des comptes compromis, les entreprises usurpĂ©es pourraient subir des abus de marque ». Les experts ont exhortĂ© les organisations et les utilisateurs Ă ĂŞtre prudents lorsqu’ils accordent l’accès Ă des applications OAuth tierces, mĂŞme si elles sont vĂ©rifiĂ©es par Microsoft.
« Ne faites pas confiance et ne comptez pas sur les applications OAuth uniquement sur la base de leur statut d’Ă©diteur vĂ©rifiĂ©. Les sociĂ©tĂ©s doivent soigneusement Ă©valuer les risques et les avantages d’accorder l’accès Ă des applications tierces. En outre, les entreprises doivent restreindre le consentement des utilisateurs aux applications avec des Ă©diteurs vĂ©rifiĂ©s et des autorisations dĂ©lĂ©guĂ©es Ă faible risque. Les actions de correction automatisĂ©es, telles que la rĂ©vocation des applications OAuth malveillantes de votre environnement cloud, peuvent rĂ©duire considĂ©rablement le temps d’attente des acteurs de la menace et prĂ©venir la plupart des risques post-accès », prĂ©cise Proofpoint.
En avril de l’annĂ©e dernière, le fournisseur PaaS Heroku, une entité du groupe Salesforce, et GitHub de Microsoft ont averti que des jetons d’utilisateur OAuth compromis Ă©taient probablement utilisĂ©s pour tĂ©lĂ©charger des donnĂ©es privĂ©es d’organisations utilisant Heroku et le service d’intĂ©gration et de test continu Travis CI. Ă€ l’Ă©poque, GitHub a dĂ©clarĂ© que cinq applications OAuth spĂ©cifiques Ă©taient affectĂ©es – quatre versions de Heroku Dashboard et Travis CI (ID 145909, 628778, 313468, 363831 et 9261). « Notre analyse d’autres comportements de l’acteur de la menace suggère que les acteurs peuvent exploiter le contenu du rĂ©fĂ©rentiel privĂ© tĂ©lĂ©chargĂ©, auquel le jeton OAuth volĂ© avait accès, pour des secrets qui pourraient ĂŞtre utilisĂ©s pour pivoter vers d’autres infrastructures », a dĂ©clarĂ© GitHub.
Les professionnels en sĂ©curitĂ© des systèmes d’information seront encore des profils très demandĂ©s en 2023. Mais les difficultĂ©s Ă©conomiques vont rendre les embauches plus compliquĂ©es que prĂ©vu.
Selon le dernier rapport de recherche d’ESG (Enterprise Strategy Group) et de l’Information System Security Association International (ISSA), 57 % des entreprises affirment avoir Ă©tĂ© touchĂ©es par la pĂ©nurie mondiale de compĂ©tences en cybersĂ©curitĂ©, tandis que 44 % d’entre elles pensent que cette tension s’est aggravĂ©e au cours des dernières annĂ©es. Le rĂ©sultat ? La charge de travail du personnel en cybersĂ©curitĂ© existant augmente, les demandes d’emploi sont ouvertes pendant des semaines ou des mois, et les taux d’Ă©puisement et d’attrition sont Ă©levĂ©s pour ces professionnels.
De nombreux postes en cybersécurité en sous-effectif
D’après l’Ă©tude plusieurs mĂ©tiers s’avèrent ĂŞtre le plus en sous-effectif. Ainsi :
– 37 % des entreprises manquent d’architectes sĂ©curitĂ©. Cette pĂ©nurie est aiguĂ« dans deux domaines : ceux dĂ©diĂ©s au cloud et ceux qui se concentrent sur l’intĂ©gration IT, Ă savoir la consolidation de plusieurs technologies dans une architecture de plateforme cohĂ©rente ;
– 35 % des sociĂ©tĂ©s manquent d’ingĂ©nieurs en sĂ©curitĂ©. Ces derniers sont les personnes qui installent, configurent et maintiennent les diffĂ©rentes briques de protection. Donc un manque de ces talents Ă©quivaut Ă une utilisation sous-optimale des technologies de sĂ©curitĂ©. ESG constate Ă©galement une demande croissante de personnes qualifiĂ©es en ingĂ©nierie de dĂ©tection (c’est-Ă -dire la dĂ©tection as code, la crĂ©ation de règles Sigma/Yara, etc.). Ainsi, la prolifĂ©ration de fournisseurs tels qu’Anvilogic, CardinalOps et SOC Prime vise Ă combler le fossĂ© de l’ingĂ©nierie de dĂ©tection ;
– 34 % des sondĂ©s manquent d’analystes SOC de niveau 3. Ce sont les personnes les plus expĂ©rimentĂ©es qui reçoivent les escalades/investigations difficiles et sont souvent chargĂ©s de la chasse proactive des menaces. Au lieu d’analystes de niveau 3, les entreprises n’ont d’autre choix que de demander Ă des gĂ©nĂ©ralistes d’effectuer un travail spĂ©cialisĂ© ;
– 33 % des rĂ©pondants manquent d’analystes en gestion des vulnĂ©rabilitĂ©s. Une pĂ©nurie dans ce domaine entraĂ®ne une augmentation du cyber-risque car les actifs informatiques restent non recensĂ©s, mal configurĂ©s et vulnĂ©rables ;
– 31 % des organisations manquent de RSSI, de CISO ou d’autres postes de direction dans le domaine de la cybersĂ©curitĂ©. Cette pĂ©nurie signifie que de nombreuses structures exĂ©cutent des programmes de sĂ©curitĂ© sans le leadership nĂ©cessaire pour identifier les cyber-risques, gĂ©rer un programme de sĂ©curitĂ© d’entreprise et travailler avec la direction pour aligner la sĂ©curitĂ© sur l’entreprise.Â
Pourquoi une économie en berne aggravera la pénurie de compétences en cybersécurité
La pĂ©nurie de compĂ©tences en cybersĂ©curitĂ© frappe les entreprises depuis des annĂ©es. Mais un nouveau phĂ©nomène apparait : l’Ă©tat actuel de l’Ă©conomie. Au cours des 12-18 prochains mois, les risques de rĂ©cession exacerberont l’impact de cette tension. Que retenir de cette situation ?
Tout d’abord les professionnels de la cybersĂ©curitĂ© seront plus sĂ©lectifs en matière de recherche d’emploi. Au cours des 10 dernières annĂ©es, ces derniers se sont vu offrir de gĂ©nĂ©reuses rĂ©munĂ©rations, souvent liĂ©es Ă des options d’achat d’actions. Maintenant que les marchĂ©s sont en baisse et que les introductions en bourse se rarĂ©fient les candidats Ă©viteront les actions et apprĂ©cieront mieux de l’argent sonnant et trĂ©buchant. Au-delĂ de cette seule compensation, les incertitudes économiques ont tendance Ă dĂ©boucher sur un comportement plus averse au risque. Les experts sont susceptibles de se replier, d’adopter une approche prudente sur la progression de carrière et d’attendre que le climat des affaires se stabilise.
Ensuite, l’utilisation croissante des services de sĂ©curitĂ© Ă©puisera le vivier de talents. Il n’y a qu’Ă regarder les recherches actuelles pour voir que de plus en plus d’entreprises se tournent vers les services managĂ©s pour épauler le personnel de sĂ©curitĂ© interne surchargĂ© et sous-qualifiĂ©. Un exemple ? Une Ă©tude rĂ©cente d’ESG sur les opĂ©rations de sĂ©curitĂ© indique que 85 % des structures utilisent service de dĂ©tection et de rĂ©ponse en mode managĂ© (MDR), et 88 % prĂ©voient d’augmenter leur utilisation de ces services Ă l’avenir. Au fur et Ă mesure que ce modèle se poursuit, les fournisseurs de services dans ce domaine (MSSP) devront augmenter leurs effectifs pour gĂ©rer la demande croissante. Étant donnĂ© que les modèles économiques de ces sociĂ©tĂ©s sont basĂ©s sur la mise Ă l’Ă©chelle des opĂ©rations grâce Ă l’automatisation, ils calculeront un rendement plus Ă©levĂ© sur la productivitĂ© des employĂ©s et seront disposĂ©s Ă proposer une rĂ©munĂ©ration plus gĂ©nĂ©reuse que les sociĂ©tĂ©s. Une entreprise de services de sĂ©curitĂ© agressive dans une petite ville pourrait facilement obtenir un quasi-monopole sur les talents locaux. Au niveau de la direction, nous verrons Ă©galement une demande croissante pour les services de CISO virtuels (vCISO) pour crĂ©er et gĂ©rer des programmes de sĂ©curitĂ© Ă court terme.
Enfin, le gel des embauches constituera un obstacle. En période de ralentissement économique, les sociétés prennent souvent des décisions générales draconiennes, comme couper la formation, réduire les effectifs ou geler toutes les nouvelles embauches. Lorsque cela se produit, les RSSI doivent se battre avec les RH pour chaque embauche individuelle nécessaire, ralentissant le processus de recrutement et obligeant les organisations à gérer la sécurité malgré le manque de personnel ou de compétences essentielles.
Alors le risque de rĂ©cession met un frein aux travaux des RSSI, en particulier ceux qui sont dĂ©jĂ confrontĂ©s Ă des problèmes de personnel de sĂ©curitĂ© et de compĂ©tences. Que peuvent-ils faire? Augmenter leurs budgets de formation, renforcer leurs engagements envers les employĂ©s clĂ©s, travailler avec les fournisseurs pour tirer le meilleur parti de leurs produits, et complĂ©ter le personnel avec des prestataires de services. Un programme bien chargĂ© pour les mois et annĂ©es qui viennent…
Après s’ĂŞtre vu infliger une amende de plus de 200 millions de dollars l’annĂ©e dernière pour des infractions similaires, Morgan Stanley a commencĂ© Ă pĂ©naliser les employĂ©s qui utilisent des applications de messagerie personnelles dans le cadre professionnel. Une posture difficile Ă tenir dans le temps observe un expert.
La banque d’investissement Morgan Stanley a sanctionnĂ© certains de ses employĂ©s par des sanctions dĂ©passant le million de dollars pour avoir enfreint les règles de conformitĂ© en utilisant WhatsApp et iMessage pour des communications professionnelles. Selon un article du Financial Times, les sanctions ont Ă©tĂ© infligĂ©es sous la forme d’une rĂ©duction des primes prĂ©cĂ©dentes ou des salaires futurs. Si ces punitions peuvent sembler salĂ©es, Morgan Stanley elle-mĂŞme a dĂ» payer des millions de dollars d’amendes pour des violations antĂ©rieures de la SEC liĂ©es Ă l’utilisation d’applications de messagerie grand public Ă des fins professionnelles. En septembre dernier, le rĂ©gulateur amĂ©ricain a infligĂ© des amendes d’un montant total de 1,8 milliard de dollars Ă de grandes banques et sociĂ©tĂ©s de courtage pour l’utilisation par leurs employĂ©s d’applications de messagerie privĂ©e pour discuter de leur travail et pour ne pas avoir toujours sauvegardĂ© ces messages. Les peines comprennent 1,1 milliard de dollars Ă©valuĂ©s par la SEC et une amende de 710 millions de dollars de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).
Morgan Stanley fait partie de la douzaine de sociĂ©tĂ©s de services financiers condamnĂ©es et a dĂ» payer plus de 200 millions de dollars. En 2020, la firme a subi un incident de sĂ©curitĂ© provoquĂ© par deux cadres de la division matière première qui utilisaient des applications de messagerie personnelle. Ils ont Ă©tĂ© licenciĂ©s pour faute. Dans l’affaire jugĂ©e en septembre 2022, la banque a choisi de sanctionner financièrement les fautifs allant de quelques milliers de dollars Ă plus d’un million de dollars par personne. Les pĂ©nalitĂ©s Ă©taient basĂ©es sur un système de points qui prend en compte des facteurs tels que le nombre de messages envoyĂ©s, l’anciennetĂ© du banquier et le fait qu’il ait reçu ou non des avertissements prĂ©alables, ont dĂ©clarĂ© des personnes au courant de l’affaire, selon plusieurs articles.
Les employés utilisent ce qui est le plus pratique
Shiran Weitzman, CEO de Shield, Ă©diteur de sĂ©curitĂ© sur mobile, a dĂ©clarĂ© que l’imposition d’interdictions sur des applications de communication populaires telles que WhatsApp et iMessage Ă©tait une solution temporaire. Les employĂ©s vont finir par utiliser ce qui est le plus populaire et le plus pratique. La sĂ©rie de pĂ©nalitĂ©s infligĂ©es l’annĂ©e dernière aux services financiers par les autoritĂ©s de rĂ©glementation pour utilisation abusive des plateformes de messagerie a Ă©tĂ© un coup de semonce – une dĂ©claration selon laquelle le secteur devait faire le mĂ©nage et « mettre de l’ordre dans la maison », a-t-il ajoutĂ©. Le problème, cependant, c’est que le secteur bancaire et d’autres entreprises offrant des services commerciaux très personnalisĂ©s voient souvent les employĂ©s adopter simplement les plateformes de communication les plus pratiques.
« Les exigences pour WhatsApp ou iMessage sont similaires Ă celles de n’importe quel canal de communication utilisĂ© par une banque – email, Slack, Microsoft Teams, Zoom, peu importe. Toute personne communiquant au nom de la banque […] doit ĂŞtre surveillĂ©e », a dĂ©clarĂ© Shiran Weitzman. « Avec les technologies d’aujourd’hui, c’est faisable. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait, c’est une autre question. J’ai mes suppositions ». Il poursuit : « Ce n’est pas une question de technologie, […] c’est très difficile pour eux de [changer]. Ce sont de grandes organisations et chaque fois qu’elles doivent appliquer une nouvelle technologie ou une contrainte, elles doivent le faire Ă un niveau mondial ».
Allier technologie et sécurité pour la bonne santé des affaires
Pendant la pandĂ©mie, les banquiers contraints de travailler Ă distance se sont mis Ă l’aise en utilisant les plateformes de messagerie grand public les plus populaires, car leurs clients s’en servaient Ă©galement. Elles Ă©taient tout simplement plus pratiques et, Ă l’Ă©poque, les sociĂ©tĂ©s de services financiers ont relâchĂ© leur surveillance sur ces services. Selon M. Weitzman, les banques doivent s’efforcer d’activer les meilleurs outils avec des logiciels de sĂ©curitĂ© et de surveillance, qui utilisent des API pour suivre les communications et signaler les communications suspectes tout en prĂ©servant la confidentialitĂ© des conversations.
Bien que cela soit possible, interdire aux employĂ©s d’utiliser les dernières technologies de communication n’est pas propice Ă la bonne marche des affaires. « WhatsApp et iMessage, c’est de l’anticipation », a dĂ©clarĂ© Shiran Weitzman. « Vous devez ĂŞtre en mesure d’enregistrer les communications. Et, l’employĂ© doit ĂŞtre informĂ© et donner son consentement. Mais je pense qu’il faudra du temps pour que ce message parvienne aux [entreprises de services financiers], et je crains qu’il y ait des amendes supplĂ©mentaires avant que cela ne se produise ».
La plateforme de CYGNVS promet des guides de rĂ©fĂ©rence, une connectivitĂ© hors bande et bien plus encore pour aider les entreprises Ă se remettre d’une cyberattaque majeure.
Après avoir levĂ© 55 millions de dollars de fonds de SĂ©rie A, preuve de la viabilitĂ© de son projet, la start-up CYGNVS a annoncĂ© hier sa sortie du mode furtif. La jeune pousse a créé une plateforme de « cybercrise » hautement fonctionnelle qui promet d’aider les entreprises Ă se remettre de violations majeures. Le produit homonyme CYGNVS de la startup, acronyme de Cyber GuidaNce Virtual Space, est un système de reprise après sinistre tout-en-un après une cyberattaque. Il permet d’Ă©tablir des communications hors bande entre les membres importants de l’Ă©quipe, pour le cas oĂą les rĂ©seaux d’entreprise seraient compromis par des attaquants, d’accĂ©der facilement Ă des experts externes et de crĂ©er des « guides » interactifs préétablis pour accompagner les Ă©quipes tout au long du processus de rĂ©cupĂ©ration. CYGNVS permet Ă©galement d’effectuer des simulations pour prĂ©parer l’entreprise Ă rĂ©pondre Ă des cyber-incidents, offre des outils d’audit et de conformitĂ© pour rassurer sur le respect des exigences de la rĂ©glementation, et un accès rapide aux applications mobiles et aux navigateurs. Le système a Ă©tĂ© mis au point en partenariat avec le gĂ©ant de l’assurance AIG, qui a apportĂ© son expertise tout au long de son dĂ©veloppement. Il est disponible directement auprès de la startup, mais aussi dans le cadre de certaines polices d’assurance cyber.Â
Une reprise après sinistre spécifique à la cybersécurité
Selon Phil Goodwin, vice-prĂ©sident de la recherche sur les plates-formes logicielles d’infrastructure chez IDC, pour de nombreuses entreprises, c’est un pas dans la bonne direction. Selon lui, trop souvent, les entreprises se contentent d’une reprise après sinistre classique, qui protège essentiellement contre les catastrophes physiques. Or ce substitut Ă une vĂ©ritable solution de reprise après sinistre ne rĂ©pond pas vraiment au problème. « Nos recherches montrent qu’environ 85 % des entreprises pensent ĂŞtre pleinement prĂ©parĂ©es Ă faire face Ă un cyber-Ă©vĂ©nement, mais la moitiĂ© des victimes n’ont d’autre choix que de payer la rançon, et moins d’un tiers arrive Ă rĂ©cupĂ©rer complètement après une attaque », a expliquĂ© M. Goodwin. « Il y a un Ă©cart entre la perception qu’elles ont de leur niveau de prĂ©paration et la rĂ©alité ».
Plusieurs raisons justifient l’adoption, par les entreprises, de solutions de cyber-reprise dĂ©diĂ©es, notamment parce que la reprise après sinistre classique s’appuie souvent sur des sauvegardes non corrompues, mais sur lesquelles on ne peut pas, par exemple, compter en cas d’attaque par ransomware. Les outils d’analyse lĂ©gale ne sont pas non plus une fonction standard de ces produits. Selon M. Goodwin, les caractĂ©ristiques remarquables du produit de CYGNVS, notamment ses guides de rĂ©fĂ©rence et sa focalisation sur la cyber-rĂ©action, devraient faire Ă©merger significativement la startup dans le paysage de la sĂ©curitĂ©. « La plateforme de CYGNVS a un potentiel vraiment très intĂ©ressant, parce qu’elle comble un fossĂ© entre la reprise après sinistre et la cyber-rĂ©ponse », a affirmĂ© Phil Goodwin. « Il faut encore attendre qu’elle fasse les preuves de son fonctionnement, mais ce qu’elle apporte pourrait ĂŞtre vraiment intĂ©ressant ».
L’International Counter Ransomware Taskforce vient de dĂ©buter ses travaux. Elle compte 37 membres dont l’Union europĂ©enne.
L’Australie sera le premier prĂ©sident et coordinateur de l’International Counter Ransomware Taskforce (ICRTF), un groupe de travail international de lutte contre les ransomwares prĂ©vu par l’International Counter Ransomware Initiative (ICR). Le coup d’envoi de ses activitĂ©s a Ă©tĂ© donnĂ© lundi. La CRI s’est rĂ©unie pour la première fois en octobre 2021, dans le cadre d’une confĂ©rence virtuelle de 30 pays, facilitĂ©e par le Conseil de sĂ©curitĂ© nationale de la Maison Blanche des États-Unis.
Lors d’une seconde réunion organisée en novembre 2022, les 37 membres participants ont fixé les points suivants :
– Tenir les acteurs de ransomware responsables de leurs crimes et ne pas leur offrir de refuge.
– Combattre la capacitĂ© des acteurs de ransomware Ă tirer profit des produits illicites en mettant en Ĺ“uvre et en appliquant des mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), y compris des règles de « connaissance du client » ou « know your customer » (KYC), pour les actifs virtuels et les fournisseurs de services d’actifs virtuels.
– Perturber et traduire en justice les acteurs de ransomware et leurs facilitateurs, dans toute la mesure permise par les lois applicables et les autoritĂ©s compĂ©tentes de chaque partenaire.
– Collaborer Ă la lutte contre les ransomwares en partageant des informations, le cas Ă©chĂ©ant et conformĂ©ment aux lois et rĂ©glementations applicables, sur l’utilisation abusive d’infrastructures pour lancer des attaques de ransomwares, afin de garantir que les cyber-infrastructures nationales ne sont pas utilisĂ©es pour de telles attaques.
L’idĂ©e de crĂ©er un groupe de travail est Ă©galement nĂ©e de ce second sommet, dans le but de dĂ©velopper des outils intersectoriels et d’Ă©changer des renseignements sur les cybermenaces afin d’accroĂ®tre les capacitĂ©s d’alerte prĂ©coce et de prĂ©venir les attaques. La taskforce devrait aussi contribuer Ă consolider les cadres politiques et les meilleures pratiques. Elle a Ă©tĂ© créée au sein du Cyber and Critical Technology Coordination Centre, le centre de coordination des technologies cybernĂ©tiques et critiques du Ministère australien des Affaires IntĂ©rieures.
L’International Counter Ransomware Taskforce (ICRTF) permettra Ă l’International Counter Ransomware Initiative (CRI) d’être en lien avec l’industrie avec laquelle elle pourra partager et mener des actions dĂ©fensives et perturbatrices contre les menaces. « L’ICRTF pourra initier des projets de cybersĂ©curitĂ© en rĂ©ponse aux demandes d’assistance des membres et soutiendra les actions potentielles pour perturber les acteurs malveillants au cas par cas », a dĂ©clarĂ© le Ministère australien des Affaires IntĂ©rieures dans un communiquĂ©. L’ICRTF devra Ă©galement fournir des rapports sur les outils, les tactiques et les procĂ©dures visant Ă amĂ©liorer la sensibilisation des membres.
Le leadership de l’Australie contre les ransomwares
Cette initiative se dĂ©roule sous l’Ă©gide de l’actuel gouvernement australien, qui, après son arrivĂ©e au pouvoir en mai 2022, a rapidement fait de la cybersĂ©curitĂ© un portefeuille Ă part entière, nommant Clare O’Neil comme Ministre de la cybersĂ©curitĂ©. Cependant, ce thème n’est pas la seule compĂ©tence de Mme O’Neil, qui est Ă©galement la Ministre de l’IntĂ©rieur. Après avoir vivement rappelĂ© Ă l’ordre l’opĂ©rateur tĂ©lĂ©com australien Optus après la violation massive de donnĂ©es dont il a Ă©tĂ© l’objet, Mme O’Neil a Ă©tĂ© confrontĂ©e Ă de nombreuses autres violations, dont certaines beaucoup plus graves, comme celle de Medibank, conduisant le gouvernement Ă changer d’approche et Ă adopter une attitude plus ouverte. La violation d’Optus, et toutes celles qui ont suivi, ont forcĂ© le gouvernement Ă prendre les choses en main et Ă changer sa façon de traiter les cybermenaces.
Il a notamment créé un groupe opĂ©rationnel conjoint rĂ©unissant l’Australian Federal Police, la police fĂ©dĂ©rale australienne et l’Australian Signals Directorate, le service de renseignement australien, responsable du renseignement et de la sĂ©curitĂ© Ă©lectronique des transmissions de la dĂ©fense, des affaires Ă©trangères et du gouvernement australien, afin de contrecarrer activement les activitĂ©s des cybercriminels. L’équipe serait composĂ©e d’une centaine de personnes issues des deux agences. Le gouvernement australien a Ă©galement adoptĂ© un projet de loi visant Ă faire passer les sanctions pour violation de donnĂ©es de 42 Ă 50 millions de dollars australiens. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du programme Notifiable Data Breaches (NDB), entrĂ© en vigueur en fĂ©vrier 2022. Cependant, aucune entreprise n’a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă une amende depuis lors. L’Office of the Australian Information Commissioner, l’autoritĂ© nationale de protection des donnĂ©es et le rĂ©gulateur national de la vie privĂ©e et de la libertĂ© d’information, n’a engagĂ© qu’une seule procĂ©dure de sanction civile contre Facebook devant la Cour fĂ©dĂ©rale en mars 2020, toujours en cours.
L’initiative internationale de lutte contre les ransomwares
Les membres de la Counter Ransomware Initiative sont : L’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le BrĂ©sil, la Bulgarie, le Canada, la Croatie, l’Espagne, l’Estonie, les Émirats arabes unis, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Irlande, IsraĂ«l, l’Italie, le Japon, le Kenya, la Lituanie, le Mexique, le Nigeria, la Norvège, la Nouvelle-ZĂ©lande, les Pays-Bas, la Pologne, la RĂ©publique de CorĂ©e, la RĂ©publique dominicaine, la RĂ©publique tchèque, la Roumanie, Singapour, la Suède, la Suisse, l’Ukraine et l’Union europĂ©enne. Le CRI compte se faire connaĂ®tre et accueillir d’autres pays au sein du groupe.
Lors du sommet de 2022, le CRI a présenté plusieurs initiatives qui vont au-delà de la création de la taskforce et ses membres se sont également entendu pour :
– Organiser une deuxième session de travail sur les ransomwares dans le cadre de la lutte contre le financement illicite afin d’approfondir les enseignements tirĂ©s de la première session de travail et de renforcer les capacitĂ©s en matière de traçage et d’analyse de la blockchain.
– Prendre des mesures conjointes pour empĂŞcher les auteurs de ransomware d’utiliser des crypto-monnaies pour se faire payer.
– Partager activement les informations entre les secteurs public et privĂ© sur les acteurs et les techniques.
– Poursuivre l’Ă©laboration de frameworks et de lignes directrices harmonisĂ©s pour prĂ©venir les ransomwares et y rĂ©pondre, en mettant l’accent sur la fourniture de services essentiels et d’infrastructures critiques.
– Aborder la question des ransomwares dans le cadre de formats multilatĂ©raux appropriĂ©s afin d’Ă©tablir des pratiques, des actions et des normes plus larges en matière de lutte contre les activitĂ©s et les rĂ©ponses aux ransomwares.
– Coordonner stratĂ©giquement ses programmes de renforcement des capacitĂ©s cyber afin de renforcer la rĂ©silience, les capacitĂ©s disruptives, les cadres juridiques et les capacitĂ©s d’application de la loi pour lutter contre les ransomwares dans d’autres pays.





