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Sécurité informatique

Sous la contrainte, Apple ajuste les règles de l’App Store en Europe

Sous la pression du Digital Markets Act, Apple modifie les règles de son App Store pour se conformer aux exigences européennes. Mais la firme dénonce un cadre flou et prévoit de faire appel.
Quelques mois après avoir écopé d’une amende de 500 millions d’euros infligée par la Commission européenne, Apple a revu ses règles d’utilisation de l’App Store. La sanction portait sur des pratiques jugées anticoncurrentielles, notamment l’interdiction faite aux développeurs d’informer les utilisateurs sur des moyens de paiement alternatifs ou des offres disponibles en dehors de la plateforme.
La firme de Cupertino a donc annoncé une série de changements destinés à se mettre en conformité avec le Digital Markets Act (DMA). Toutefois, elle estime que ces ajustements sont complexes à mettre en œuvre et comportent des risques en matière de sécurité, de confidentialité et d’expérience utilisateur.
Des concessions à contrecœur
Dans une note publiée sur son site développeur, Apple détaille les modifications mises en œuvre pour se conformer à la législation européenne. Ces évolutions touchent à la fois à la gestion des liens externes dans les applications, à la structure tarifaire appliquée aux éditeurs et à l’autonomie offerte dans la conception des interfaces. Côté utilisateurs, l’un des changements les plus notables concerne les avertissements liés aux liens sortants. Jusqu’à présent, un message de mise en garde apparaissait systématiquement lors du clic sur un lien externe.
DĂ©sormais, cette alerte ne s’affichera qu’une seule fois, sauf si l’utilisateur choisit de la rĂ©activer. Une concession qui, selon l’entreprise, affaiblit les garde-fous en matière de sĂ©curitĂ© et de confidentialitĂ©. Les dĂ©veloppeurs, eux, ont dĂ©sormais la possibilitĂ© d’insĂ©rer plusieurs URL dans leurs applications, rediriger vers des boutiques tierces ou des offres promotionnelles, et concevoir librement les interfaces de redirection. 
Une grille tarifaire révisée au 1er janvier 2026
Dans ce contexte d’évolution des usages, la firme de Cupertino revoit également son modèle économique dans l’UE désormais structuré en trois volets. Le premier concerne l’introduction de frais d’acquisition initial, une commission de 2 % appliquée sur les ventes réalisées auprès de nouveaux utilisateurs durant six mois après le téléchargement de l’application. Ce prélèvement ne s’applique ni aux utilisateurs existants, ni aux développeurs membres du programme PME d’Apple, qui en sont exemptés. Vient ensuite la mise en place de deux niveaux de frais de services App Store, à choisir selon les besoins des éditeurs. Le premier, fixé à 5 %, couvre des services essentiels comme la sécurité, la gestion et la distribution des applications. Le second, plus complet, est facturé 13 % (ou 10 % pour les PME) et ouvre l’accès à l’ensemble des prestations d’Apple, incluant la promotion, les recommandations, les mises à jour automatiques et les téléchargements sur plusieurs appareils.
Enfin, l’entreprise instaure des frais de technologie de base, variables selon le plan tarifaire choisi. Les dĂ©veloppeurs ayant optĂ© pour les conditions alternatives devront s’acquitter de 0,50 € par installation annuelle au-delĂ  d’un million. Ceux qui conservent les conditions standards devront reverser une commission de 5 % sur les ventes rĂ©alisĂ©es via des moyens de paiement alternatifs promus dans l’application. Cette structure tarifaire s’appliquera Ă  tous les dĂ©veloppeurs opĂ©rant en Europe Ă  partir du 1er janvier 2026.
Apple dénonce une régulation instable
Malgré les ajustements annoncés, Apple ne cautionne pas les changements qu’il a dû mettre en œuvre sous la contrainte. L’entreprise, qui dispose d’un délai jusqu’au 7 juillet pour faire appel, a d’ores et déjà indiqué qu’elle saisira cette opportunité. Elle considère ces règles comme trop contraignantes et mal conçues, estimant qu’elles peuvent nuire à la sécurité et à la confidentialité des utilisateurs, dégrader leur expérience et freiner l’innovation. Par ailleurs, la firme déplore un manque de transparence dans ses échanges avec les autorités européennes, qu’elle accuse d’avoir modifié les règles en cours de route, rejeté des propositions pourtant conformes au Digital Markets Act, et infligé des sanctions sans justification claire.
Du cĂ´tĂ© des critiques, les opposants Ă  Apple restent Ă©galement sĂ©vères. Tim Sweeney, PDG d’Epic Games et fervent adversaire des pratiques commerciales d’Apple, qualifie ces règles « d’illĂ©gales » et les considère comme une « parodie de la concurrence loyale ».

Sécurité informatique

Orange Business crée une division défense et sécurité intérieure

Pour alimenter en ressources et en outils son entitĂ© dĂ©fense et sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, Orange Business compte s’appuyer sur les compĂ©tences du groupe tĂ©lĂ©com.
Orange Business lance une entitĂ© dĂ©diĂ©e Ă  la dĂ©fense et Ă  la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et place Ă  sa tĂŞte Nassima Auvray pour la diriger. « En s’appuyant sur la puissance d’innovation d’Orange, de la cybersĂ©curitĂ© Ă  l’IA, jusqu’aux technologies quantiques, nous sommes idĂ©alement positionnĂ©s pour rĂ©pondre Ă  l’Ă©volution rapide des besoins de ce secteur », souligne Ă  ce titre la nouvelle dirigeante. En effet, Orange Business va capitaliser sur les compĂ©tences et le savoir-faire du groupe, notamment dans le dĂ©ploiement de solutions de connectivitĂ©s 5G et fibre, l’hybridation des rĂ©seaux civils et militaires, l’hĂ©bergement de donnĂ©es sensibles, les systèmes de communication d’urgence, l’IA et la cybersĂ©curitĂ© avec Orange Cyberdefense. Cette dernière dispose effectivement de cette capacitĂ© de dĂ©tection, de protection et de rĂ©ponse aux cyber-attaques, appuyĂ©e en cela par sa Cyber Threat Intelligence.
Dans cette structure nommĂ©e Direction DĂ©fense & SĂ©curitĂ© (DD&S), vont se retrouver plusieurs centaines d’experts qui seront au service de la transformation numĂ©rique des ministères et aux opĂ©rateurs et industriels de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure. Pour Aliette Mousnier LomprĂ©, directrice gĂ©nĂ©rale d’Orange Business, qui explique la crĂ©ation de cette entitĂ© dans un communiquĂ©, la dĂ©fense et la sĂ©curitĂ© sont des secteurs complexes et exigeants, qui nĂ©cessitent une approche spĂ©cialisĂ©e, des expertises dĂ©diĂ©es et une comprĂ©hension fine des enjeux de souverainetĂ© et de rĂ©silience.

Sécurité informatique

Une faille critique non corrigeable présente dans les imprimantes Brother

Selon un éditeur de sécurité, plusieurs imprimantes Brother comprennent une vulnérabilité critique codée en dur en usine. Elle peut être combinée à une autre faille pour exécuter du code à distance.
Les imprimantes sont parfois utilisĂ©es par les cybercriminels pour diffuser des malwares, mais il arrive aussi que ces pĂ©riphĂ©riques comprennent des failles. Rapid7 vient d’en dĂ©couvrir une au sein de plusieurs centaines de modèles de Brother. Il s’agit d’une vulnĂ©rabilitĂ© de contournement du mot de passe administrateur. Elle existe depuis la fabrication des imprimantes et ne peut pas ĂŞtre corrigĂ©e par un firmware. Au total, 689 modèles d’appareils diffĂ©rents sont concernĂ©s.
Un contournement d’authentification
Rapid7 a dĂ©couvert huit vulnĂ©rabilitĂ©s, mais la CVE-2024-51978 est la plus critique avec un CVSS de 9,8 sur 10.  « La procĂ©dure de gĂ©nĂ©ration de mot de passe utilisĂ©e par les appareils Brother transforme un numĂ©ro de sĂ©rie en mot de passe par dĂ©faut », prĂ©cise l’éditeur sur son blog. D’autres bogues qualifiĂ©s de sĂ©rieux ont Ă©tĂ© dĂ©couverts, notamment des fuites d’informations, des falsifications de requĂŞtes cĂ´tĂ© serveur, des failles provoquant des plantages et la divulgation d’informations d’identification. 
Parmi elles, il y a la faille de divulgation d’informations, rĂ©fĂ©rencĂ©e CVE-2024-51977 et qualifiĂ©e de gravitĂ© moyenne. Elle pourrait aussi donner la capacitĂ© Ă  un attaquant de divulguer le numĂ©ro de sĂ©rie unique requis via les services HTTP, HTTPS et IPP de la cible. Mais il est Ă©galement possible de rĂ©cupĂ©rer le numĂ©ro de sĂ©rie par une requĂŞte plus honnĂŞte utilisant SNMP (simple network management protocol) ou PJL (Printer Job Language). Une fois l’accès administrateur obtenu, il peut ĂŞtre utilisĂ© pour exploiter une vulnĂ©rabilitĂ© très critique de dĂ©bordement de mĂ©moire tampon CVE-2024-51979 basĂ©e sur la pile (CVSS 7.2) accessible via les mĂŞmes interfaces (canaux de communication ou ports) que la première. 
Un angle mort de la sécurité 
En combinant ces failles, des attaquants pourraient effectivement exĂ©cuter du code Ă  distance non authentifiĂ© en envoyant une entrĂ©e malveillante spĂ©cialement conçue Ă  travers le dĂ©bordement de mĂ©moire. Ă€ propos de cette dĂ©couverte, John Bambanek, de Bambanek Consulting, a fait remarquer que les imprimantes restaient un point aveugle classique de la sĂ©curitĂ© informatique. « Les imprimantes sont souvent des appareils informatiques que l’on branche et que l’on oublie, et il est facile de nĂ©gliger les mises Ă  jour et les correctifs de sĂ©curité », a-t-il dĂ©clarĂ©.
« Cependant, elles sont dotĂ©es de systèmes d’exploitation et peuvent ĂŞtre utilisĂ©es pour faciliter les mouvements latĂ©raux et la persistance des attaquants qui souhaitent rester discrètement dans un environnement cible ». Rapid7 note qu’en enchaĂ®nant ces deux vulnĂ©rabilitĂ©s, les attaquants peuvent exercer un contrĂ´le total sans avoir besoin d’informations d’identification ou d’un accès physique. Si Brother a remĂ©diĂ© Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© CVE-2024-51979 par des mises Ă  jour du firmware, la correction de la vulnĂ©rabilitĂ© CVE-2024-51978 nĂ©cessite de remplacer l’imprimante par un modèle ne prĂ©sentant pas ce dĂ©faut de fabrication. « Brother a indiquĂ© qu’il Ă©tait impossible de corriger totalement cette vulnĂ©rabilitĂ© en mettant Ă  jour le un firmware et que la seule solution Ă©tait de modifier le processus de fabrication de tous les modèles concernĂ©s », a prĂ©cisĂ© Rapid7. Brother n’a pas rĂ©pondu Ă  une demande de commentaire de CSO.
Des fuites de donnĂ©es aux pannes complètes de l’appareil 
L’éditeur de sĂ©curitĂ© a identifiĂ© sept autres vulnĂ©rabilitĂ©s dans les appareils Brother, dont la gravitĂ© varie de lĂ©gèrement inquiĂ©tante Ă  potentiellement perturbatrice. Parmi les plus graves, Rapid7 signale deux bogues de dĂ©ni de service (DOS) rĂ©fĂ©rencĂ©s CVE-2024-51982 et CVE-2024-51983, avec des scores CVSS de 7,5 chacun, qui peuvent faire planter les appareils via des entrĂ©es PJL ou HTTP malformĂ©es. Deux autres vulnĂ©rabilitĂ©s, rĂ©fĂ©rencĂ©es CVE-2024-51980 et CVE-2024-51981, permettent de falsifier des requĂŞtes cĂ´tĂ© serveur (SSRF), avec la possibilitĂ© pour les imprimantes d’envoyer des requĂŞtes Ă©laborĂ©es dans des rĂ©seaux internes avec lesquels elles ne devraient pas communiquer.
Dans les environnements d’entreprise, des attaquants pourraient exploiter ces failles pour sonder les services internes, contourner les contrĂ´les d’accès ou pĂ©nĂ©trer plus profondĂ©ment dans le rĂ©seau. Enfin, la faille CVE-2024-51984 expose les informations d’identification en clair pour des services tels que LDAP ou FTP Ă  des utilisateurs authentifiĂ©s, ce qui constitue une entrĂ©e potentielle pour une compromission plus large. Outre les 689 modèles d’imprimantes, de scanners et d’Ă©tiqueteuses Brother, certaines vulnĂ©rabilitĂ©s affectent 46 modèles Fujifilm, 5 modèles Ricoh, 2 modèles Toshiba Tec et 6 modèles Konica Minolta. « À l’exception de la faille de Brother concernant le contournement de l’administration, toutes les vulnĂ©rabilitĂ©s ont Ă©tĂ© corrigĂ©es par des mises Ă  jour du firmware », a ajoutĂ© Rapid7. 

Sécurité informatique

Windows 10 : 3 options pour bénéficier du support après le 10 octobre

Ă€ quelques mois de la fin du support de Windows 10, Microsoft offre un sursis d’un an aux utilisateurs en proposant trois options pour prolonger la sĂ©curitĂ© de son système, dont deux gratuites.
Windows 10 prendra dĂ©finitivement fin le 14 octobre 2025. À compter de cette date, le système d’exploitation ne bĂ©nĂ©ficiera plus d’aucune mise Ă  jour, qu’il s’agisse de correctifs de bugs ou de sĂ©curitĂ©. Jusqu’à prĂ©sent, la seule solution pour prolonger son support Ă©tait de souscrire au programme Extended Security Updates (ESU), facturĂ© 30 dollars HT et initialement rĂ©servĂ© aux entreprises, mais dĂ©sormais accessible aux particuliers. Toutefois Microsoft vient d’annoncer deux alternatives gratuites – sous conditions – pour continuer Ă  utiliser Windows 10. L’annonce a Ă©tĂ© faite par Yusuf Mehdi, vice-prĂ©sident exĂ©cutif de Microsoft, et clarifie un dispositif qui restait jusqu’ici flou pour le grand public.
Trois options pour prolonger Windows 10
La première option consiste à activer le service Backup, déjà intégré à Windows 10. Celle-ci offre la possibilité de sauvegarder des données personnelles sur OneDrive. En activant cette fonctionnalité, l’utilisateur bénéficie automatiquement d’un an supplémentaire de mises à jour de sécurité. Il faut toutefois noter que l’espace de stockage gratuit est limité à 5 Go, ce qui est peu si on considère la taille des volumes. Au-delà, un abonnement devient nécessaire. La deuxième option repose sur l’utilisation du programme de fidélité Rewards. Il est possible d’échanger 1 000 points, que l’on peut accumuler en effectuant des recherches avec Bing ou en réalisant des achats sur le Microsoft Store, contre une année de support ESU. 
Enfin, les utilisateurs qui ne souhaitent ni utiliser le service Backup, ni passer par le programme de points peuvent toujours opter pour la formule payante, Ă  30 dollars HT.

Le service Backup permet de stocker facilement ses données personnelles sur OneDrive, avec 5 Go gratuits. (Crédit: Microsoft) 
Des mises à jour limitées
Cette extension de support ne concerne que les mises à jour de sécurité. Aucune évolution fonctionnelle ne sera apportée à Windows 10, dont le développement est désormais figé. Malgré ce geste d’ouverture, Microsoft continue de pousser activement vers la migration vers Windows 11, ou vers l’achat d’un nouveau PC plus récent (avec Windows 11), notamment ceux intégrant les fonctionnalités Copilot+. À partir de juillet 2025, les utilisateurs pourront choisir l’une des trois options via un assistant dédié directement intégré à Windows 10.

Sécurité informatique

IMS Networks arrime Taegis de Sophos Ă  son SOC

L’accord entre Sophos et IMS Networks vise Ă  offrir une solution de surveillance et de rĂ©ponse aux incidents entièrement opĂ©rĂ©e depuis la France en 24/7.
IMS Networks, reconnu pour son SOC en 24h/7j, s’associe avec Sophos pour proposer une solution de surveillance et de rĂ©ponse aux incidents entièrement opĂ©rĂ©e depuis la France. Cette plateforme XDR cloud native, baptisĂ©e Taegis est un hĂ©ritage du rachat de Secureworks par Sophos intervenu fin 2024. « La dĂ©tection et la rĂ©ponse aux menaces n’est plus une option aujourd’hui, les organisations doivent la considĂ©rer comme un Ă©lĂ©ment essentiel dans leur continuitĂ© d’activitĂ©. La plateforme Taegis fournit une surveillance unifiĂ©e et une rĂ©ponse rapide, elle prend en charge les serveurs, les postes travail, les applications dans le cloud et les Ă©lĂ©ments rĂ©seau » indique StĂ©phane Rabette, solution engineering lead chez Sophos pour l’Europe centrale et du sud.
Le savoir-faire historique de Secureworks
De son cĂ´tĂ© AurĂ©lien Bouzon, ingĂ©nieur analyste sĂ©curitĂ© chez IMS Networks admet que le choix de cette plateforme se justifie sur plusieurs points : « DĂ©jĂ  son architecture est ouverte mais pas seulement, l’Ă©quipe R&D de Secureworks surveille depuis plus de 20 ans les groupes de cybercriminels et acteurs Ă©tatiques du monde entier afin de comprendre leur mĂ©thode. Cette connaissance permet de dĂ©tecter les menaces qui garantissent une couverture complète tout en conservant un faible taux de faux positifs. De plus, des indicateurs de compromission qualifiĂ©s sont directement intĂ©grĂ©s dans la plateforme ce qui facilite le triage d’analyse. Il faut savoir que la rĂ©ponse aux incidents est le premier mĂ©tier de Secureworks avec plus de 1000 interventions par an, nous pouvons donc les solliciter ».
Un partenaire local dotĂ© d’outils qualifiĂ©s et de compĂ©tences 
Pour StĂ©phane Rabette, ce partenariat repose sur plusieurs atouts complĂ©mentaires, Ă  savoir l’expertise locale du SOC d’IMS Netwroks, la qualitĂ© de son outillage et les compĂ©tences de ses Ă©quipes d’analystes. Le porte-parole met aussi en avant les avantages de Sophos : « nous proposons en effet une plateforme ouverte qui prend en charge les EDR majeurs du marchĂ©, y compris le nĂ´tre, sans oublier nos capacitĂ©s de dĂ©tection de rĂ©ponse avec beaucoup d’automatisation. Enfin, nous proposons un budget prĂ©dictible uniquement basĂ© sur le nombre de terminaux sans facturation supplĂ©mentaire sur le volume ou les alertes », conclut-il.

Sécurité informatique

HPE autorisé à racheter Juniper sous conditions

Le DĂ©partement de la justice a donnĂ© son accord au rachat de Juniper par HPE. Ce dernier s’est engagĂ© Ă  cĂ©der l’activitĂ© de rĂ©seau sans-fil Instant On et Ă  concĂ©der sous licence le code source de Mist.
La semaine dernière à Discover, le CEO de HPE se déclarait confiant sur le rachat de Juniper à quelques jours du procès avec le Département de la justice qui contestait cette acquisition. Ce dernier estimait que la transaction d’un montant de 14 Md$ allait nuire à la concurrence sur le marché américain en particulier sur celui des réseaux sans-fil. Ce week-end, l’administration a trouvé un terrain d’entente avec l’entreprise pour adouber cette opération. Déposé auprès du tribunal du district nord de Californie le 27 juin en fin  de journée, l’accord doit encore être approuvé par un juge.
Le feu vert est néanmoins assorti de plusieurs contraintes. En premier lieu, HPE s’est engagé à céder son activité de réseau sans-fil Instant On. Celle-ci propose des équipements sans-fil pour les campus et les succursales notamment pour les PME. HPE précise dans un communiqué que la cession intègre « tous les actifs, la propriété intellectuelle, le personnel de R&D et les relations clients ». Il a un délai de 180 jours pour trouver un acquéreur agréé par le DoJ.
Des enchères pour des licences de Mist AI
En second lieu, la sociĂ©tĂ© doit concĂ©der sous licence le code source du logiciel Mist AI de Juniper. Pour mĂ©moire, Juniper avait acquis Mist en 2019 pour 405 M$ avec sa technologie de rĂ©seau local sans fil recourant Ă  l’intelligence artificielle pour fiabiliser les connexions WiFi et installer des services de localisation indoor. Dans l’accord, il est Ă©crit que « les parties doivent organiser une vente aux enchères pour l’octroi de licence pour le code source AI Ops for Mist de Juniper, un composant important des systèmes WLAN modernes. La licence sera perpĂ©tuelle, non exclusive et comprendra un support transitoire facultatif et des transferts de personnel afin de faciliter la concurrence. » HPE devrait accorder deux licences et le gouvernement aura son mot Ă  dire sur les candidats, ainsi que sur la procĂ©dure. Sur le plan RH, cette opĂ©ration impliquera le transfert de 55 employĂ©s Juniper vers les gagnants des licences.
« Notre accord avec le DOJ ouvre la voie Ă  la finalisation de l’acquisition de Juniper Networks par HPE et prĂ©serve les avantages escomptĂ©s de cette transaction pour nos clients et nos actionnaires, tout en renforçant la concurrence sur le marchĂ© mondial des rĂ©seaux », a dĂ©clarĂ© Antonio Neri, dans un communiquĂ©. Il ajoute, « pour la première fois, les clients disposeront d’une architecture rĂ©seau alternative moderne, capable de rĂ©pondre au mieux aux exigences des charges de travail d’IA ». A l’occasion de Discover Ă  Las Vegas, le dirigeant Ă©voquait aussi l’importance de cette acquisition pour le futur, « l’avenir du rĂ©seau est dans la photonique pour les datacentes, les supercalculateurs, mais aussi pour le quantique et Juniper peut nous aider dans cette dĂ©marche avec beaucoup de brevets en la matière ».

Sécurité informatique

Des attaquants utilisent Direct Send de Microsoft 365 pour du phishing

Une mauvaise configuration de la fonctionnalitĂ© Direct Send de Microsoft 365 donne la possibilitĂ© Ă  des attaquants d’envoyer du phishing via des pĂ©riphĂ©riques internes d’une entreprise. Le tout sans authentification, ni compromissions de compte.
Des chercheurs de l’éditeur en sécurité Varonis ont découvert un bug dans la fonction Direct Send de Microsoft 365. Celle-ci autorise des périphériques internes à une entreprise comme les imprimantes, les scanners ou des applications métiers à envoyer des emails sans authentification. La brèche a déjà été exploitée contre plus de 70 entreprises, principalement américaines, où les attaquants se font passer pour des utilisateurs internes et diffusent des messages de phishing sans compromettre de comptes.
Pour en tirer parti, les cybercriminels s’appuient sur un nom d’hôte au format standard (du type tenantname.mail.protection.outlook.com) et une adresse email valide au sein de l’entreprise cible, souvent facile à obtenir via des sources publiques. Avec ces deux éléments, ils peuvent envoyer des courriels qui semblent provenir de l’entreprise elle-même. « Cette faille illustre parfaitement le compromis constant entre simplicité et sécurité », commente Ensar Seker, RSSI chez SOCRadar à CSO. « Direct Send a été conçu pour faciliter l’envoi d’emails par des équipements comme les imprimantes, mais cette commodité devient un risque lorsqu’elle est mal configurée ou mal comprise », ajoute-t-il.
Des messages qui échappent aux contrôles classiques
Dans les campagnes analysées par Varonis, les cybercriminels ont utilisé un script PowerShell pour diffuser de faux messages de messagerie vocale, accompagnés d’un fichier PDF contenant un QR code. Celui-ci redirige les victimes vers un site conçu pour dérober leurs identifiants Microsoft. L’attaque repose sur plusieurs facteurs : l’absence d’authentification requise, la capacité à usurper l’adresse d’un utilisateur interne, et la tolérance de l’infrastructure Microsoft à ce type d’envoi dès lors que le destinataire appartient au même environnement organisationnel.
Les courriels ainsi transmis sont traités comme des messages internes, ce qui leur offre la possibilité d’échapper à de nombreux filtres de sécurité, y compris ceux de Microsoft et de solutions tierces qui se basent sur l’authentification, la réputation de l’expéditeur ou les schémas de routage. « Beaucoup d’entreprises conservent les paramètres par défaut ou ne restreignent pas suffisamment les droits d’envoi, ce qui rend ce type d’usurpation relativement simple », observe Ensar Seker. 
Des mesures préventives à mettre en œuvre
Pour identifier d’éventuelles exploitations de cette faille, les chercheurs de Varonis recommandent d’examiner les en-têtes des messages à la recherche d’adresses IP externes ou d’échecs d’authentification (SPF, DKIM, DMARC). Des incohérences dans les identifiants de locataire, l’envoi de messages à soi-même, ou encore l’utilisation d’agents en ligne de commande comme PowerShell peuvent également constituer des signes d’alerte.
Parmi les mesures préconisées figurent l’activation de l’option de rejet explicite de Direct Send dans Exchange Admin Center, le renforcement des politiques d’authentification (SPF avec option hardfail, DMARC strict), ainsi que la mise en place d’alertes pour les messages internes non authentifiés. Une sensibilisation des utilisateurs aux attaques par QR code, aussi appelées « quishing », est également conseillée. La firme de Redmond a fait savoir qu’il planchait sur une désactivation par défaut de la fonction. En attendant, les clients ont la possibilité de limiter les risques en configurant une adresse IP statique dans leur enregistrement SPF, même si cette exigence n’est pas imposée par défaut.
Des équipements banalisés
Les campagnes de spam et de phishing s’appuyant sur des pĂ©riphĂ©riques comme les imprimantes ou les scanners tendent Ă  se multiplier, car elles s’intègrent facilement dans les usages quotidiens des entreprises. « Les employĂ©s sont habituĂ©s Ă  recevoir des notifications de documents numĂ©risĂ©s, qu’ils ne remettent que rarement en question », souligne Ensar Seker. Selon lui, cette situation illustre un manque de visibilitĂ© sur les capacitĂ©s rĂ©elles des Ă©quipements connectĂ©s. « Si l’on ignore ce que les appareils peuvent faire ou ce qu’ils sont autorisĂ©s Ă  faire, il devient difficile de les sĂ©curiser. »
Un constat que nuance Roger Grimes, spécialiste de la cybersécurité chez KnowBe4. S’il reconnaît une hausse de ce type d’abus, il estime qu’ils restent marginaux. « Cela fait des années que l’on évoque les risques liés aux imprimantes, copieurs ou scanners connectés. Dans la pratique, ces scénarios restent relativement rares. »

Sécurité informatique

Salesforce intègre MCP et A2A dans Agentforce 3

En intĂ©grant les protocoles MCP et A2A dans Agentforce 3, Salesforce accĂ©lère la mise Ă  l’Ă©chelle multi-agents pour les entreprises. Plus d’une trentaine de serveurs MCP tiers sont poussĂ©s sur AgentExchange.
L’introduction par Salesforce des fonctionnalitĂ©s Model Context Protocol (MCP) et Agent2Agent (A2A) dans la dernière version de son IA agentique Agentforce 3 pourrait lui donner une longueur d’avance sur la concurrence sur le marchĂ© de la gestion de la relation client d’après des analystes. “La mise en Ĺ“uvre de MCP est l’une des mesures d’interopĂ©rabilitĂ© les plus ambitieuses que nous ayons vues de la part d’un fournisseur de solutions de gestion de la relation client ou de tout autre fournisseur. Elle positionne Agentforce comme un système central pour l’orchestration multi-agents, non seulement au sein de Salesforce mais dans toute l’entreprise”, a dĂ©clarĂ© Dion Hinchcliffe, directeur de la practice DSI chez The Futurum Group. “Des concurrents tels que HubSpot et Microsoft ne sont pas allĂ©s aussi loin dans les protocoles ouverts. Salesforce mise beaucoup sur la composabilitĂ© agentique et, pour l’instant, elle est en tĂŞte.”
Selon Brian Landsman, directeur de l’activitĂ© AppExchange – la place de marchĂ© d’applications tierces de l’Ă©diteur – , la clĂ© du succès de Salesforce dans l’intĂ©gration des frameworks d’interopĂ©rabilitĂ© des agents est l’introduction d’une passerelle sĂ©curisĂ©e dans Agent Builder, une boite Ă  outils pour crĂ©er des agents IA. “La gateway va permettre aux utilisateurs de l’entreprise de fournir une gouvernance efficace et une administration autour de tous ces projets MCP ou A2A. Si vous ĂŞtes administrateur, vous pouvez vous assurer que vous gĂ©rez ces serveurs ou plusieurs d’entre eux de manière appropriĂ©e”, a dĂ©clarĂ© M. Landsman. Bien que Salesforce n’empĂŞche pas les entreprises d’utiliser un serveur MCP, pour des raisons de sĂ©curitĂ© il suggère d’utiliser les serveurs MCP rĂ©pertoriĂ©s sur AgentExchange (actuellement environ 35, y compris des partenaires tels que AWS, Box, Cisco, Google Cloud, IBM, Notion, PayPal, Stripe, Teradata et Writer). 
Une délégation de sécurité risquée
Attention cependant : la responsabilitĂ© de la sĂ©curitĂ© des serveurs MCP hĂ©bergĂ©s sur AgentExchange sera directement assumĂ©e par les fournisseurs qui les rĂ©pertorient. M. Hinchcliffe considère que la mise en Ĺ“uvre par Salesforce de la sĂ©curitĂ© liĂ©e aux MCP est une arme Ă  double tranchant. “DĂ©lĂ©guer la sĂ©curitĂ© aux fournisseurs via AgentExchange permet de changer d’Ă©chelle, mais cela introduit Ă©galement une fragmentation des risques. Les acheteurs d’entreprise voudront avoir l’assurance que Salesforce met en place des garde-fous et ne se contente pas de contrĂ´ler les fournisseurs. D’autres fournisseurs de CRM comme Microsoft ont tendance Ă  favoriser les modèles de confiance verticalement intĂ©grĂ©s, qui simplifient la gouvernance mais rĂ©duisent le choix », prĂ©vient le directeur.
Pour l’instant, le fournisseur semble se concentrer sur l’Ă©volutivitĂ©. Selon M. Landsman, la passerelle d’agent est conçue de manière Ă  recommander aux utilisateurs certains serveurs MCP lors de la crĂ©ation d’un système multi-agents. Toujours d’après lui, la conception est telle que les utilisateurs s’abonnent au fournisseur dont le serveur MCP doit ĂŞtre utilisĂ© par l’agent Ă  partir d’Agentforce ou d’AgentExchange. Selon M. Hinchcliffe, cette approche est un moyen de monĂ©tiser des agents et de verrouillĂ© l’Ă©cosystème. « Agentforce 3 ne se contente pas d’amĂ©liorer l’outillage des agents, il jette les bases d’une Ă©conomie composable du travail numĂ©rique, dans laquelle les clients, les partenaires et les Ă©diteurs de logiciels indĂ©pendants contribuent et consomment des fonctionnalitĂ©s d’agent au sein de Salesforce », indique le directeur. « Si elle rĂ©ussit, elle redessinera les frontières de Salesforce pour atteindre le plus grand marchĂ© possible et remodèlera l’avenir des logiciels d’entreprise de SaaS Ă  Agents-as-a-Service », a ajoutĂ© M. Hinchcliffe.
Des API transformables en serveur MCP
Agentforce a dĂ©sormais la possibilitĂ© de transformer n’importe quelle API en serveur MCP Ă  l’aide de connecteurs MuleSoft, ainsi que la possibilitĂ© d’emballer et d’exposer ses agents internes en tant que services conformes Ă  MCP Ă  l’aide d’Heroku AppLink. Selon M. Hinchcliffe, l’intĂ©gration d’Heroku est importante pour les entreprises car elle apporte la maturitĂ© DevOps et l’abstraction de l’infrastructure au dĂ©ploiement des agents. “Pour les entreprises qui ont besoin d’opĂ©rer rapidement une logique personnalisĂ©e, sans expertise approfondie de Kubernetes, Heroku plus MCP permet d’aller vite. C’est particulièrement stratĂ©gique pour les entreprises qui tentent d’aligner les outils conçus par les dĂ©veloppeurs avec les flux de travail low-code d’Agentforce. Il s’agit Ă©galement d’un atout majeur pour les entreprises qui disposent d’un grand nombre d’anciens outils Java qu’elles voudront intĂ©grer et utiliser avec Agentforce. La prise en charge de MuleSoft MCP et A2A.” La prise en charge de Heorku Applink et la prise en charge native d’Agentforce MCP seront disponibles en juillet.

Sécurité informatique

Coup de filet en France sur des membres de BreachForums

Quatre personnes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es par les autoritĂ©s judiciaires françaises. Ils sont soupçonnĂ©s d’ĂŞtre des membres actifs de BreachForums, une plateforme pour publier et vendre des donnĂ©es volĂ©es.
Dans le jeu du chat et de la souris que se livre policiers et cybercriminels, il arrive que les premiers attrapent les seconds. C’est ce qui s’est passé cette semaine selon le Parisien avec l’arrestation de quatre individus soupçonnés d’être impliqués dans BreachForums, un site d’échange de vol de données. Cette opération est à rapprocher de l’arrestation en février dernier du britannique Kai West, qui se cacherait derrière le pseudonyme IntelBroker. La justice américaine a demandé son extradition et vient de l’accuser officiellement de complot en vue de commettre des intrusions informatiques, fraude électronique et accès non autorisé à des ordinateurs protégés.
La rĂ©cente opĂ©ration menĂ©e dans l’hexagone a Ă©tĂ© coordonnĂ©e entre la police et la brigade française de lutte contre la cybercriminalitĂ© (BL2C) de la PrĂ©fecture de police de Paris. Les quatre personnes interpellĂ©es sont soupçonnĂ©es de se cacher derrière les pseudonymes ShinyHunters (administrateur), Hollow (modĂ©rateur), Noct et Depressed. Avec Kai West, ils auraient pris le contrĂ´le du forum après l’arrestation en juin 2023 de son fondateur Conor Brian Fitzpatrick, alias Pompompurin. Dans son accusation, le tribunal amĂ©ricain estime que les activitĂ©s d’IntelBroker et ses complices avaient causĂ© aux victimes des intrusions informatiques et des vols de donnĂ©es, entraĂ®nant des pertes d’au moins 25 millions de dollars.
Une victoire, mais prudence sur la résilience des forums
Les victimes sont nombreuses avec des agences gouvernementales (Europol), des fournisseurs de télécommunications et des acteurs de l’IT comme AMD, HPE, Nokia, Cisco. En France, les prévenus semblent directement impliqués dans des violations de données contre des entités françaises comme Boulanger, SFR, France Travail et la Fédération française de football. Pour rappel, le piratage de France Travail avait touché 43 millions de personne.
Une chose est sĂ»re, les arrestations ont portĂ© un coup dur Ă  la dernière version de BreachForums. Elles « reprĂ©sentent une victoire importante pour les forces de l’ordre internationales et dĂ©montrent que les cybercriminels ne peuvent pas se cacher Ă©ternellement derrière l’anonymat des forums », explique Ă  CSO Stephen Kowski, Field CTO de SlashNext (protection des emails). De son cĂ´tĂ©, Agnidipta Sarkar, Ă©vangĂ©liste en chef chez ColorToken (plateforme zero trust), observe, « nous ignorons encore s’il reste des vestiges de cette organisation capables de se relancer et de devenir plus importantes, principalement parce que la rĂ©surgence du forum après ses prĂ©cĂ©dentes dĂ©mantèlements en 2023 et 2024 dĂ©montre sa rĂ©silience ».

Sécurité informatique

Un outil d’IA corrige les failles dans les applications open source

MĂŞme s’il n’est pas encore parfait, l’outil dĂ©veloppĂ© par des chercheurs universitaires peut trouver les vulnĂ©rabilitĂ©s dans les grands rĂ©fĂ©rentiels comme GitHub et crĂ©er automatiquement un correctif. Un premier pas comprenant quelques limitations et le scepticisme des experts.
Souvent critiquée pour sa sécurité, l’IA peut aussi servir à renforcer la protection des applications. C’est le cas de l’outil mis au point par plusieurs chercheurs universitaires capable de détecter et de corriger du code vulnérable dans les référentiels de logiciel open source. Ainsi, il a recherché dans GitHub une vulnérabilité particulière de traversée de répertoire présente depuis 2010 dans les projets Node.js. Il a réussi à identifier 1756 projets vulnérables, dont certains sont qualifiés de « très influents ». et 63 d’entre eux ont été jusqu’à présent corrigés. La solution propose aux plateformes de genAI telles que ChatGPT de créer et de distribuer automatiquement des correctifs dans les référentiels de code, augmentant ainsi considérablement la sécurité des applications open source.
Mais la recherche, dĂ©crite dans un article rĂ©cemment publiĂ©, met Ă©galement en Ă©vidence une sĂ©rieuse limitation dans l’utilisation de l’IA, qui devra ĂŞtre corrigĂ©e pour rendre la solution efficace.  En effet, si l’application automatisĂ©e de correctifs par un grand modèle de langage (LLM) amĂ©liore considĂ©rablement la mise Ă  l’échelle, le correctif peut aussi introduire d’autres bogues. En particulier quand la vulnĂ©rabilitĂ© existe depuis longtemps, le LLM peut ĂŞtre contaminĂ© et gĂ©nĂ©rer du code vulnĂ©rable. Les chercheurs pensent donc qu’il faudra Ă©radiquer les modèles de code vulnĂ©rables populaires non seulement des projets open source et des ressources des dĂ©veloppeurs, mais aussi des LLM, « une tâche qui peut s’avĂ©rer très difficile ». 
Du mauvais code implanté depuis des années par les pirates 
Cela fait des annĂ©es que les acteurs de la menace introduisent des vulnĂ©rabilitĂ©s dans les rĂ©fĂ©rentiels open source, dans l’espoir que, avant la dĂ©couverte de ces bogues, ils puissent les exploiter pour infiltrer les entreprises qui adoptent des applications open source. Sauf que les dĂ©veloppeurs copient et collent sans le savoir du code faillible provenant de plateformes de partage de code comme Stack Overflow, et ce code se retrouve ensuite dans les projets GitHub. Les chercheurs font remarquer que les attaquants n’ont besoin de connaĂ®tre qu’un seul modèle de code vulnĂ©rable pour pouvoir attaquer avec succès de nombreux projets et leurs dĂ©pendances en aval. La solution créée par les chercheurs donne la possibilitĂ© de dĂ©couvrir et d’Ă©liminer Ă  grande Ă©chelle les failles dans les logiciels open source, et non pas dans un seul projet Ă  la fois comme c’est le cas actuellement. 
Cependant, l’outil n’est pas capable de tout scanner et de tout corriger en un passage, car les dĂ©veloppeurs crĂ©ent souvent des rĂ©fĂ©rentiels sans contribuer aux projets d’origine. Par consĂ©quent, pour qu’une vulnĂ©rabilitĂ© soit rĂ©ellement effacĂ©e, tous les rĂ©fĂ©rentiels contenant un morceau de code vulnĂ©rable devraient ĂŞtre analysĂ©s et corrigĂ©s. De plus, le modèle de code vulnĂ©rable Ă©tudiĂ© dans le cadre de cette recherche utilise directement le nom du chemin dans l’URL, sans formatage particulier, ce qui facilite la dĂ©couverte de la faille. C’est sur ce modèle que l’outil se concentre, et les autres emplacements du mauvais code ne sont pas dĂ©tectĂ©s. Les chercheurs prĂ©senteront l’outil en aoĂ»t lors d’une confĂ©rence sur la sĂ©curitĂ© au Vietnam. Ils prĂ©voient de l’amĂ©liorer et d’Ă©tendre sa portĂ©e, notamment en intĂ©grant d’autres modèles de codes vulnĂ©rables et en amĂ©liorant la gĂ©nĂ©ration de correctifs. 
Scepticisme des experts 
Cependant, Robert Beggs, directeur de la sociĂ©tĂ© canadienne de rĂ©ponse aux incidents DigitalDefence, est sceptique quant Ă  la valeur de l’outil dans son Ă©tat actuel. « L’idĂ©e d’une solution automatisĂ©e pour rechercher et corriger les codes malveillants existe depuis un certain temps », souligne-t-il, et il reconnaĂ®t aux auteurs le mĂ©rite d’avoir tentĂ© de rĂ©soudre un grand nombre des problèmes Ă©ventuels dĂ©jĂ  soulevĂ©s. « Cependant, la recherche n’aborde toujours pas certaines questions : savoir par exemple qui est responsable si un correctif dĂ©fectueux endommage un projet public, ou encore savoir si un gestionnaire de rĂ©fĂ©rentiel peut reconnaĂ®tre qu’un outil d’IA essaye d’insĂ©rer une vulnĂ©rabilitĂ© potentielle dans une application », a-t-il ajoutĂ©,
On ne sait pas non plus dans quelle mesure, le cas Ă©chĂ©ant, l’outil effectuera des tests post-remĂ©diation pour s’assurer que le correctif ne cause pas d’autres dommages. Le document indique qu’en fin de compte, la responsabilitĂ© du correctif incombe aux responsables du projet. La partie IA de l’outil crĂ©e un correctif, calcule un score CVSS et soumet un rapport aux responsables du projet. « Les chercheurs ont mis au point un excellent processus et je leur reconnais tout le mĂ©rite d’avoir dĂ©veloppĂ© un outil dotĂ© de nombreuses capacitĂ©s. Cependant, en ce qui me concerne, je ne toucherais pas Ă  cet outil parce qu’il traite de la modification du code source », a dĂ©clarĂ© M. Beggs. Et il ajoute : « Je ne pense pas que l’intelligence artificielle ait atteint le niveau nĂ©cessaire pour lui permettre de gĂ©rer le code source d’un grand nombre d’applications. » Ce dernier admet cependant que les articles universitaires ne sont gĂ©nĂ©ralement qu’une première approche. 
Les développeurs de logiciels libres, en partie à l’origine du problème 
En cours de route, les chercheurs ont Ă©galement dĂ©couvert un fait troublant : les dĂ©veloppeurs d’applications de logiciels open source ignorent parfois les avertissements sur le manque de fiabilitĂ© de certains extraits de code. Le code vulnĂ©rable que les chercheurs voulaient corriger dans le plus grand nombre possible de projets GitHub remonte Ă  2010 et se trouve dans GitHub Gist, un service de partage d’extraits de code. Le code crĂ©e un serveur de fichiers HTTP statique pour les applications web Node.js. « MalgrĂ© sa simplicitĂ© et sa popularitĂ©, de nombreux dĂ©veloppeurs semblent ignorer que ce modèle de code est vulnĂ©rable Ă  l’attaque par traversĂ©e de chemin », ont Ă©crit les chercheurs. MĂŞme ceux qui ont reconnu le problème se sont heurtĂ©s au dĂ©saccord d’autres dĂ©veloppeurs, qui ont Ă  plusieurs reprises rĂ©futĂ© l’idĂ©e de la malignitĂ© du code. En 2012, un dĂ©veloppeur a dĂ©clarĂ© que le code Ă©tait vulnĂ©rable. Deux ans plus tard, un autre dĂ©veloppeur a soulevĂ© la mĂŞme prĂ©occupation concernant la vulnĂ©rabilitĂ©, mais un autre a affirmĂ© par la suite que le code Ă©tait sĂ»r, après l’avoir testĂ©. L’affaire s’est rĂ©pĂ©tĂ©e en 2018.
Les chercheurs rappellent que la mĂŞme chose s’est produite en 2016 et dans une question Ă  propos de Stack Overflow qui a totalisĂ© plus de 88 000 vues, un dĂ©veloppeur a mis en garde contre une possible vulnĂ©rabilitĂ© du code. Cependant, il n’a pas Ă©tĂ© en mesure de vĂ©rifier le problème, de sorte que le code a de nouveau Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme sĂ»r. Les chercheurs pensent que le malentendu sur la gravitĂ© de la vulnĂ©rabilitĂ© est dĂ» au fait que, lorsque les dĂ©veloppeurs testent le code, ils utilisent gĂ©nĂ©ralement un navigateur web ou la commande curl de Linux qui masqueraient tous deux le problème. « Les attaquants ne sont pas obligĂ©s d’utiliser des clients standard », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs. Plus inquiĂ©tant, ils ajoutent : « nous avons Ă©galement trouvĂ© plusieurs cours de Node.js qui utilisaient cet extrait de code vulnĂ©rable Ă  des fins d’enseignement ».Â