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Sécurité informatique

Le W3C dénonce le support persistant des cookies tiers dans Chrome

Alors que Google reporte une fois encore son projet d’abandonner la technologie dans son navigateur Chrome, le Worldwide Web Consortium (W3C) estime que cette dĂ©cision « n’est pas bonne pour le Web » et que cette technologie devrait ĂŞtre restreinte.
DĂ©cidĂ©ment les cookies tiers continuent d’alimenter le dĂ©bat avec la prise de position du W3C (Worldwide Web Consortium) sur la rĂ©cente dĂ©cision de Google de continuer le support de ces outils de tracking dans Chrome. L’organisme de normalisation estime que ce choix « n’est pas bon pour le web » et qu’il est nĂ©faste pour les utilisateurs. Cette dĂ©cision surprise, « sape une grande partie du travail que nous avons accompli ensemble pour que le web fonctionne sans cookies tiers », a Ă©crit Hadley Berman, du Worldwide Web Consortium (W3C), dans un billet de blog. Le W3C est d’accord avec la dĂ©finition actualisĂ©e des cookies du RFC (Request for comments), qui reconnaĂ®t qu’ils posent des « problèmes inhĂ©rents de protection de la vie privĂ©e ». En outre, le RFC recommande vivement que « les agents utilisateurs adoptent une politique pour les cookies tiers qui soit aussi restrictive que les contraintes de compatibilitĂ© le permettent ».
« Si les cookies tiers, installĂ©s par un site web autre que celui que l’utilisateur visite par le biais d’un contenu intĂ©grĂ© comme des publicitĂ©s, des widgets de mĂ©dias sociaux ou des pixels de suivi, peuvent ĂŞtre utiles pour l’authentification sur plusieurs sites, ils permettent Ă©galement de collecter des donnĂ©es cachĂ©es sur l’activitĂ© des utilisateurs sur Internet », a dĂ©clarĂ© Hadley Berman. « Le suivi, la collecte de donnĂ©es et le courtage » par les cookies tiers exposent aussi Ă  d’autres risques cachĂ©s, notamment le « micro-ciblage de messages politiques » qui nuisent Ă  la sociĂ©tĂ© dans son ensemble », a-t-elle encore Ă©crit.
Le « choix de l’utilisateur » prĂ´nĂ© par Google
Au lieu de mettre fin au support des cookies tiers, Google a dĂ©cidĂ© de mettre Ă  jour les règles de protection contre le suivi intersite de Chrome, dĂ©voilĂ©es en dĂ©cembre dernier, en ajoutant une option dans les paramètres du « Privacy Sandbox » de Chrome, un ensemble d’API prĂ©servant la vie privĂ©e. Avec cette option, les utilisateurs peuvent choisir soit de naviguer dans l’environnement « Privacy Sandbox » soit de maintenir les cookies intersites traditionnels. Les utilisateurs de Chrome peuvent aussi utiliser la fonction « Enhanced Ad Privacy » introduite l’annĂ©e dernière dans la version 115 de Chrome qui permet, selon Google, de diffuser des publicitĂ©s basĂ©es sur les centres d’intĂ©rĂŞt sans suivre les utilisateurs individuels sur les sites web.
Depuis plusieurs annĂ©es, le W3C travaille avec l’Ă©quipe Privacy Sandbox de Google sur les politiques relatives aux cookies tiers et a rĂ©alisĂ© des « progrès substantiels », a estimĂ© Mme Berman. « Le rĂ©cent changement d’orientation de Google reprĂ©sente un grand pas en arrière dans cet effort », a-t-elle ajoutĂ©. « Ce regrettable recul aura Ă©galement des effets secondaires, car il pourrait retarder les travaux inter-navigateurs sur des alternatives efficaces aux cookies tiers », a poursuivi la responsable. « Nous craignons que ce choix ait un impact nĂ©gatif sur les efforts entrepris pour amĂ©liorer la protection de la vie privĂ©e sur le web », mais le W3C espère que Google « reviendra sur sa dĂ©cision et s’engagera Ă  nouveau sur la voie de la suppression des cookies tiers », a-t-elle ajoutĂ©. Google n’a pas rĂ©pondu immĂ©diatement aux demandes de commentaires adressĂ©es par nos confrères d’IDG.
Manque de leadership de Google
Les experts de la protection de la vie privĂ©e ont reconnu que si les cookies tiers posent des problèmes en matière de protection de la vie privĂ©e, de nombreuses parties prenantes doivent aussi ĂŞtre prises en compte. « Google a tentĂ© Ă  plusieurs reprises de remplacer les cookies […] afin de trouver un Ă©quilibre entre la protection de la vie privĂ©e des utilisateurs et les besoins des annonceurs », a dĂ©clarĂ© Jason Soroko, vice-prĂ©sident senior des produits chez Sectigo, un fournisseur de gestion du cycle de vie des certificats. « Cependant, ces efforts se sont heurtĂ©s Ă  la rĂ©sistance des dĂ©fenseurs de la vie privĂ©e, Ă  des obstacles rĂ©glementaires et Ă  des dĂ©fis techniques », a-t-il expliquĂ©, ajoutant que « l’interaction complexe entre l’innovation, les prĂ©occupations en matière de protection de la vie privĂ©e et les cadres rĂ©glementaires a probablement contribuĂ© Ă  la dĂ©cision de Google de ne pas abandonner le support des cookies. »
Mais, le plus dĂ©cevant encore, c’est que l’entreprise « ne semble toujours pas avoir de plan clair pour mettre en Ĺ“uvre des contrĂ´les de confidentialitĂ© et de sĂ©curitĂ© plus importants contre le pistage », a estimĂ© un expert en protection de la vie privĂ©e, qui pense que le gĂ©ant de la recherche n’en fait pas assez. Google « se vante depuis longtemps de l’innovation suscitĂ©e par son initiative Privacy Sandbox, mais celle-ci n’a pas encore portĂ© ses fruits publiquement », a dĂ©clarĂ© Gal Ringel, cofondateur et directeur gĂ©nĂ©ral de Mine, une sociĂ©tĂ© internationale de gestion de la confidentialitĂ© des donnĂ©es. En outre, compte tenu de la position de Google en tant qu’« entreprise la plus influente sur l’Internet aujourd’hui », le fait qu’elle n’ait pas pris de vĂ©ritable position en matière de protection de la vie privĂ©e crĂ©e un mauvais prĂ©cĂ©dent Ă  un moment crucial oĂą les États-Unis tentent d’adopter une nouvelle lĂ©gislation pour rĂ©soudre le problème », a-t-il regrettĂ©.

Sécurité informatique

Une erreur de Google Cloud supprime le cloud privĂ© d’Unisuper

A la suite d’une mauvaise configuration de la part de Google Cloud, le fonds de pension australien Unisuper a vu son cloud privĂ© purement et simplement supprimĂ©. Heureusement, la sociĂ©tĂ© disposait de sauvegardes chez un autre fournisseur et a pu restaurer les accès Ă  ses systèmes.
Il est rare que Thomas Kurian, CEO de Google Cloud fasse un mea culpa suite Ă  une panne de ses services. C’est pourtant ce qui s’est passĂ© pour le fonds de pension australien, Unisuper, victime d’une interruption de son service de cloud privĂ© pendant une semaine. Dans un communiquĂ© commun, les deux sociĂ©tĂ©s ont attribuĂ© cette panne Ă  « un Ă©vènement sans prĂ©cĂ©dent ». Le message ajoute que ce bug rĂ©sulte, « d’une combinaison de problèmes rares chez Google Cloud qui a entrainĂ© une mauvaise configuration par inadvertance lors du provisionnement du cloud privĂ© d’UniSuper ».
Pire encore, le fonds disposait « d’une duplication des donnĂ©es dans deux zones gĂ©ographiques pour se protĂ©ger contre les pannes et les pertes. Cependant, lorsque l’arrĂŞt de l’abonnement au cloud privĂ© d’UniSuper s’est produit, elle a entraĂ®nĂ© une suppression de ces deux zones gĂ©ographiques ». La panne a dĂ©marrĂ© le 1er mai et la rĂ©solution a dĂ©butĂ© le 8 mai dernier.
Sauver par des sauvegardes externes
MalgrĂ© la suppression des deux rĂ©gions de duplication, Google Cloud et Unisuper ont rĂ©ussi Ă  limiter la casse. « « La restauration de l’instance de cloud privĂ© d’UniSuper a nĂ©cessitĂ© Ă©normĂ©ment de concentration, d’efforts et de partenariat entre nos Ă©quipes pour parvenir Ă  restaurer tous les systèmes de base », a prĂ©cisĂ© Google dans son message.
Le fonds de pension avait Ă©galement mis en place des sauvegardes auprès d’un autre fournisseur de services, ce qui a permis de minimiser les pertes et d’aider les entreprises au cours du processus de restauration. « Google Cloud s’excuse sincèrement pour la gĂŞne occasionnĂ©e, et nous continuons Ă  travailler 24 heures sur 24 avec UniSuper pour remĂ©dier Ă  la situation, afin de rĂ©tablir progressivement les services dès que possible », indique encore le message.
L’accès aux comptes rĂ©tabli
Si, jeudi 9 mai, en milieu d’après-midi, heure d’Australie, les retraitĂ©s pouvaient se connecter Ă  leurs comptes, mais le solde n’était pas encore mis Ă  jour. Cependant, les investissements et les transactions se sont poursuivis normalement tout au long de la panne et les fonds des clients n’ont pas Ă©tĂ© affectĂ©s. Le mercredi prĂ©cĂ©dent, Peter Chun, CEO d’UniSuper, avait Ă©galement envoyĂ© un courriel Ă  ses clients, mis en ligne, pour les assurer de la sĂ©curitĂ© de leurs comptes et de la continuitĂ© de l’activitĂ© d’investissement pendant la panne.
« L’activitĂ© d’investissement habituelle sera reflĂ©tĂ©e dans votre solde une fois que nos systèmes seront complètement rĂ©tablis », avait Ă©crit le fournisseur. « Pour les investissements n’ayant pas Ă©tĂ© affectĂ©s par la panne, nous avons mis Ă  la disposition des membres des informations actualisĂ©es sur les performances des options d’investissement sur notre site web ». Qualifiant le problème d’ « incident isolé », Google a aussi assurĂ© aux membres d’UniSuper que l’interruption de service n’Ă©tait pas due Ă  une cyberattaque et que leurs donnĂ©es sensibles n’avaient donc pas Ă©tĂ© exposĂ©es Ă  des entitĂ©s non autorisĂ©es. Le dirigeant dans une mise Ă  jour du 13 mai indique que l’ensemble des accès (site et mobile) ont Ă©tĂ© rĂ©tablis.
Impact sur la réputation
Les principaux fournisseurs de services – notamment Amazon Web Services, Microsoft Azure et d’autres – en ont tous fait l’expĂ©rience Ă  un moment ou Ă  un autre. Par exemple, en juin 2023, AWS a connu un incident de plus de deux heures qui a affectĂ© un certain nombre de services sur la cĂ´te est des États-Unis. Microsoft Azure a aussi connu une panne de centre de donnĂ©es en Australie en septembre de l’annĂ©e dernière, qui a empĂŞchĂ© les utilisateurs d’accĂ©der aux services Azure, Microsoft 365 et Power Platform pendant plus de 24 heures.
De l’avis de Pareekh Jain, CEO d’EEIRTrend et de Pareekh Consulting, « la panne d’UniSuper fait figure d’exception par sa durĂ©e, mais en gĂ©nĂ©ral, ces problèmes sont rĂ©solus assez rapidement ». L’évènement pourrait nuire Ă  la rĂ©putation de Google Cloud et inciter les clients Ă  ne pas lui faire confiance en tant que fournisseur de services cloud. « La panne affectant UniSuper sur Google Cloud en Australie prend un temps anormalement long pour ĂŞtre rĂ©solue, ce qui a un impact nĂ©gatif sur la rĂ©putation de Google Cloud dans la rĂ©gion », a-t-il fait remarquer. « Ce genre de pannes peuvent aussi entraĂ®ner des interruptions d’activitĂ© et des pertes de donnĂ©es pour les clients, ce qui explique pourquoi de nombreuses entreprises privilĂ©gient une stratĂ©gie multi-cloud pour la gestion des risques », a ajoutĂ© Mr Jain. UniSuper avait l’habitude de rĂ©partir ses charges de travail entre Azure et deux centres de donnĂ©es propres, mais le fournisseur australien en a dĂ©placĂ© une grande partie vers Google Cloud Platform l’annĂ©e dernière.

Sécurité informatique

Microsoft poursuit la réorganisation de sa cybersécurité

Suite aux derniers incidents de sĂ©curitĂ©, l’entreprise a nommĂ© d’autres responsables de la sĂ©curitĂ© des produits ainsi qu’une RSSI chargĂ©e de la relation clients, alors que des attaques très mĂ©diatisĂ©es continuent Ă  cibler ses produits et son propre rĂ©seau.
Microsoft revoit son approche de la cybersĂ©curitĂ© après une attaque très mĂ©diatisĂ©e contre les courriels de l’entreprise et une rĂ©primande sĂ©vère du gouvernement fĂ©dĂ©ral sur ses pratiques de sĂ©curitĂ©. L’entreprise a nommĂ© d’autres responsables de la sĂ©curitĂ© des informations (RSSI) au sein des Ă©quipes de produits, ainsi qu’une nouvelle RSSI adjointe, chargĂ©e d’assurer la liaison avec les clients. Selon un rapport publiĂ© par Bloomberg, les CISO dĂ©diĂ©s aux produits rendront compte Ă  Igor Tsyganskiy, le RSSI mondial de Microsoft, arrivĂ© Ă  ce poste il y a six mois environ.
Par ailleurs, Ann Johnson, responsable de longue date de la sĂ©curitĂ©, a Ă©tĂ© nommĂ©e RSSI adjointe chargĂ©e de l’assistance aux clients et des industries rĂ©glementĂ©es. Elle rendra Ă©galement compte Ă  Igor Tsyganskiy. Elle se concentrera sur « l’engagement des clients et la communication sur la sĂ©curitĂ© de Microsoft », a prĂ©cisĂ© l’éditeur dans un courriel lu par Bloomberg. Vendredi, un porte-parole de Microsoft a dĂ©clarĂ© dans un courriel que, pour le moment, l’entreprise n’avait rien Ă  partager sur les changements de direction mentionnĂ©s.
Renforcer la stratégie de sécurité
Ces mesures semblent s’inscrire dans le prolongement de la Secure Future Initiative (SFI) dĂ©voilĂ©e par l’entreprise en novembre afin d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© intĂ©grĂ©e de ses produits et plateformes et de mieux protĂ©ger ses clients contre les menaces croissantes. L’initiative vise Ă  mobiliser « toutes les parties de Microsoft » en vue de renforcer la protection de la cybersĂ©curitĂ© selon trois axes : « les cyberdĂ©fenses basĂ©es sur l’IA, les avancĂ©es dans l’ingĂ©nierie logicielle fondamentale et la dĂ©fense d’une application plus stricte des normes internationales », comme l’avait dĂ©clarĂ© Ă  l’époque Brad Smith, vice-prĂ©sident et prĂ©sident de Microsoft.
En effet, les solutions de Microsoft sont historiquement et notoirement la cible de pirates informatiques qui ont longtemps exploitĂ© leurs failles pour mener des activitĂ©s malveillantes ayant affectĂ© de nombreuses entreprises et causĂ© des dommages Ă©tendus dans de multiples secteurs d’activitĂ© et zones gĂ©ographiques. En dĂ©cembre, dans la foulĂ©e de l’annonce de cette initiative, Microsoft a nommĂ© Igor Tsyganskiy, relativement nouveau dans l’entreprise, pour remplacer Bret Arsenault, CISO de longue date, nommĂ© Ă  un poste de conseiller.
Des problèmes de sécurité persistants
Ă€ peu près au mĂŞme moment, mais Ă  l’insu de Microsoft jusqu’en janvier, Midnight Blizzard un groupe de la menace basĂ© en Russie, Ă©galement connu sous le nom de Nobelium, piratait les courriels d’employĂ©s de Microsoft, y compris de cadres supĂ©rieurs. L’an dernier, Microsoft avait accusĂ© ce groupe d’avoir eu recours Ă  l’ingĂ©nierie sociale pour mener une cyberattaque contre Teams. Mi-avril, l’agence amĂ©ricaine de cybersĂ©curitĂ© et de sĂ©curitĂ© des infrastructures (CISA) avait averti que Midnight Blizzard avait exploitĂ© la faille pour voler les courriels d’agences gouvernementales, conseillant aux agences de vĂ©rifier d’urgence leurs systèmes de messagerie pour dĂ©tecter tout signe de compromission.
Comme si cela ne suffisait pas, dĂ©but avril, Microsoft a aussi fait l’objet d’une Ă©valuation cinglante de la part d’une commission fĂ©dĂ©rale Ă  propos d’une autre cyberattaque parrainĂ©e par un État et ayant affectĂ© le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Celle-ci s’est produite en juillet 2023, suite Ă  l’intrusion d’acteurs chinois dans des comptes Microsoft 365 pour cibler des fonctionnaires clĂ©s du gouvernement amĂ©ricain. Le rapport publiĂ© le 2 avril par le comitĂ© indĂ©pendant d’examen de la cybersĂ©curitĂ© du ministère de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure (Department of Homeland Security, DHS) dresse un bilan incendiaire de la culture de sĂ©curitĂ© de Microsoft et accuse l’entreprise d’ĂŞtre responsable de l’attaque du groupe Storm-0558 qui, selon le comitĂ©, aurait pu ĂŞtre facilement Ă©vitĂ©e.
Sur la bonne voie
La dernière stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© de Microsoft montre que l’entreprise intègre les commentaires et prend des mesures correctives pour amĂ©liorer sa posture de sĂ©curitĂ© globale et ses produits, en particulier Ă  mesure que la pression extĂ©rieure s’intensifie. « Microsoft prend la bonne dĂ©cision en mettant davantage l’accent sur la sĂ©curitĂ© avec de nouvelles nominations Ă  des postes de direction », a dĂ©clarĂ© Pareekh Jain, CEO d’EIIRTrend & Pareekh Consulting, dans un courriel. « Aujourd’hui, non seulement des individus ou des groupes de pirates informatiques attaquent, mais des incidents de cybersĂ©curitĂ© parrainĂ©s par l’État se produisent Ă©galement. Les fournisseurs de solutuions comme Microsoft, qui ont une large emprise sur les consommateurs, les entreprises et les gouvernements, doivent avoir quelques longueurs d’avance dans ce domaine », a-t-il ajoutĂ©.
« Microsoft sera aussi considĂ©rĂ©e comme un exemple pour les autres fournisseurs de produits quant Ă  la manière de relever les dĂ©fis de sĂ©curitĂ©, de sorte que les mesures qu’elle prend aujourd’hui sont cruciales pour la feuille de route globale de l’industrie en la matière », a-t-il fait remarquer. « Dans le secteur des produits, l’indicateur clĂ© est le dĂ©lai de mise sur le marchĂ© de nouvelles fonctionnalitĂ©s. Il est temps que l’attention se porte sur le dĂ©lai de sĂ©curité », a ajoutĂ© le consultant. « L’industrie va scruter ce que fait Microsoft et, Ă  l’avenir, un plus grand nombre d’entreprises de produits se concentreront sur le dĂ©lai de mise sur le marchĂ© et sur l’intĂ©gration d’experts en sĂ©curitĂ© au sein de leurs groupes de produits ».

Sécurité informatique

Le dernier patch tuesday plante la connectivité WiFi sous Windows 11

Microsoft reconnaĂ®t que le problème de connectivitĂ© rĂ©seau sans fil, qui a largement affectĂ© les utilisateurs du secteur public, de l’Ă©ducation et des entreprises, est liĂ© Ă  deux correctifs système du dernier patch tuesday de dĂ©cembre. Une mesure d’attĂ©nuation est proposĂ©e.
Microsoft a proposĂ© un correctif temporaire aux utilisateurs de Windows pour rĂ©soudre les problèmes liĂ©s au WiFi après une mise Ă  jour de Windows 11 qui a compromis les connexions sans fil sur les rĂ©seaux publics, Ă©ducatifs et d’entreprise. Cette mesure fait suite Ă  des rapports d’utilisateurs de Windows faisant Ă©tat de problèmes de connexion de leurs ordinateurs Ă  des rĂ©seaux Wi-Fi après le dĂ©ploiement des mises Ă  jour Patch Tuesday de dĂ©cembre pour les produits Microsoft. Dans un message publiĂ© sur son site web, l’entreprise a attribuĂ© la responsabilitĂ© des problèmes de connectivitĂ© Ă  deux mises Ă  jour du système d’exploitation relatives au Patch Tuesday de dĂ©cembre rĂ©fĂ©rencĂ©es KB5032288 et KB5033375 et a reconnu qu’elles affectaient davantage les utilisateurs de certains rĂ©seaux WiFi que d’autres. « Comme indiquĂ©, le problème de connectivitĂ© concerne surtout les utilisateurs qui essayent de se connecter Ă  un rĂ©seau WiFi d’entreprise, de l’éducation ou public utilisant l’authentification 802.1x », a Ă©crit Microsoft. « Mais il ne devrait pas se produire sur les rĂ©seaux domestiques ».
En effet, les problèmes ont largement affectĂ© les personnes se connectant au WiFi sur des rĂ©seaux sans fil ayant activĂ© la transition rapide ou l’itinĂ©rance rapide, des options gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es sur les campus des universitĂ©s pour faciliter une connectivitĂ© transparente entre diffĂ©rents points d’accès. En fait, certaines universitĂ©s, comme l’UniversitĂ© de Colombie-Britannique, ont alertĂ© leurs Ă©tudiants et leur personnel du problème avant que Microsoft ne rĂ©agisse et ont mĂŞme conseillĂ© de dĂ©sinstaller la mise Ă  jour comme mesure temporaire pour rĂ©tablir le service jusqu’Ă  ce qu’un correctif dĂ©livrĂ© par le fournisseur soit disponible.
Des utilisateurs mécontents qui le font savoir
La solution de Microsoft n’est pas très diffĂ©rente de celle prĂ©conisĂ©e par l’UniversitĂ© de Colombie-Britannique et de celle que de nombreux autres utilisateurs ont dĂ©jĂ  appliquĂ©. L’entreprise a publiĂ© un « Known Issue Rollback » (KIR), qui permet au système d’exploitation de revenir Ă  une version antĂ©rieure du code non affectĂ©e par le problème. Introduits pour la première fois en mars 2021 par Microsoft, ces KIR servent Ă  corriger des bogues non liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ© de manière temporaire. L’entreprise prĂ©voit de corriger le problème de manière plus complète et publiera un correctif prochainement. Microsoft a Ă©galement indiquĂ© que la propagation automatique de la rĂ©solution aux appareils grand public et aux appareils professionnels non gĂ©rĂ©s pouvait prendre jusqu’Ă  24 heures. Cependant, les utilisateurs peuvent redĂ©marrer leur machine pour accĂ©lĂ©rer le processus. Quant aux terminaux d’entreprise affectĂ©s, il est possible de rĂ©soudre le problème en installant et en configurant une stratĂ©gie de groupe particulière, qui se trouve dans « Configuration de l’ordinateur – > Modèles d’administration – > », a prĂ©cisĂ© Microsoft.
Certains utilisateurs estiment que la rĂ©ponse de Microsoft n’a pas Ă©tĂ© assez rapide, et ils se sont empressĂ©s de manifester leur mĂ©contentement sur des forums de discussion Internet comme Reddit. Ils se sont aussi plaints d’avoir eu Ă  rĂ©soudre eux-mĂŞmes le problème en annulant la mise Ă  jour. « Sans surprise, Microsoft a tout cassĂ© avec sa mise Ă  jour », a postĂ© un utilisateur mĂ©content sur Reddit. « La mise en production est le meilleur moyen de tester son code. Continuez Ă  baisser le niveau ». Dans la CommunautĂ© Microsoft, beaucoup d’utilisateurs ont aussi critiquĂ© le correctif du Patch Tuesday, des utilisateurs signalant que mĂŞme sur des ordinateurs portables Windows achetĂ©s rĂ©cemment, la connectivitĂ© sans fil Ă©tait lente ou inexistante. « Sur mon Lenovo Slim Pro 9i achetĂ© il y a un peu plus de deux semaines chez Costco, la connexion Internet est devenue très lente et inutilisable après l’application du correctif de sĂ©curitĂ© Windows 11 KB5033375 hier, et Google Chrome n’arrĂŞtait pas d’envoyer des erreurs DNS et d’autres erreurs », a dĂ©clarĂ© l’utilisateur Sunny6887. Les utilisateurs de Windows qui souffrent depuis longtemps n’ont pas tort, car ce n’est certainement pas la première fois qu’une mise Ă  jour de Microsoft censĂ©e corriger son logiciel perturbe des services existants. L’histoire de Microsoft est pleine de rĂ©tropĂ©dalages après une mise Ă  jour ou la publication de nouveaux correctifs Ă  cause de problèmes créés par son propre système de correctifs.