Alors que Google reporte une fois encore son projet d’abandonner la technologie dans son navigateur Chrome, le Worldwide Web Consortium (W3C) estime que cette dĂ©cision « n’est pas bonne pour le Web » et que cette technologie devrait ĂŞtre restreinte.
DĂ©cidĂ©ment les cookies tiers continuent d’alimenter le dĂ©bat avec la prise de position du W3C (Worldwide Web Consortium) sur la rĂ©cente dĂ©cision de Google de continuer le support de ces outils de tracking dans Chrome. L’organisme de normalisation estime que ce choix « n’est pas bon pour le web » et qu’il est nĂ©faste pour les utilisateurs. Cette dĂ©cision surprise, « sape une grande partie du travail que nous avons accompli ensemble pour que le web fonctionne sans cookies tiers », a Ă©crit Hadley Berman, du Worldwide Web Consortium (W3C), dans un billet de blog. Le W3C est d’accord avec la dĂ©finition actualisĂ©e des cookies du RFC (Request for comments), qui reconnaĂ®t qu’ils posent des « problèmes inhĂ©rents de protection de la vie privĂ©e ». En outre, le RFC recommande vivement que « les agents utilisateurs adoptent une politique pour les cookies tiers qui soit aussi restrictive que les contraintes de compatibilitĂ© le permettent ».
« Si les cookies tiers, installĂ©s par un site web autre que celui que l’utilisateur visite par le biais d’un contenu intĂ©grĂ© comme des publicitĂ©s, des widgets de mĂ©dias sociaux ou des pixels de suivi, peuvent ĂŞtre utiles pour l’authentification sur plusieurs sites, ils permettent Ă©galement de collecter des donnĂ©es cachĂ©es sur l’activitĂ© des utilisateurs sur Internet », a dĂ©clarĂ© Hadley Berman. « Le suivi, la collecte de donnĂ©es et le courtage » par les cookies tiers exposent aussi Ă d’autres risques cachĂ©s, notamment le « micro-ciblage de messages politiques » qui nuisent Ă la sociĂ©tĂ© dans son ensemble », a-t-elle encore Ă©crit.
Le « choix de l’utilisateur » prĂ´nĂ© par Google
Au lieu de mettre fin au support des cookies tiers, Google a dĂ©cidĂ© de mettre Ă jour les règles de protection contre le suivi intersite de Chrome, dĂ©voilĂ©es en dĂ©cembre dernier, en ajoutant une option dans les paramètres du « Privacy Sandbox » de Chrome, un ensemble d’API prĂ©servant la vie privĂ©e. Avec cette option, les utilisateurs peuvent choisir soit de naviguer dans l’environnement « Privacy Sandbox » soit de maintenir les cookies intersites traditionnels. Les utilisateurs de Chrome peuvent aussi utiliser la fonction « Enhanced Ad Privacy » introduite l’annĂ©e dernière dans la version 115 de Chrome qui permet, selon Google, de diffuser des publicitĂ©s basĂ©es sur les centres d’intĂ©rĂŞt sans suivre les utilisateurs individuels sur les sites web.
Depuis plusieurs annĂ©es, le W3C travaille avec l’Ă©quipe Privacy Sandbox de Google sur les politiques relatives aux cookies tiers et a rĂ©alisĂ© des « progrès substantiels », a estimĂ© Mme Berman. « Le rĂ©cent changement d’orientation de Google reprĂ©sente un grand pas en arrière dans cet effort », a-t-elle ajoutĂ©. « Ce regrettable recul aura Ă©galement des effets secondaires, car il pourrait retarder les travaux inter-navigateurs sur des alternatives efficaces aux cookies tiers », a poursuivi la responsable. « Nous craignons que ce choix ait un impact nĂ©gatif sur les efforts entrepris pour amĂ©liorer la protection de la vie privĂ©e sur le web », mais le W3C espère que Google « reviendra sur sa dĂ©cision et s’engagera Ă nouveau sur la voie de la suppression des cookies tiers », a-t-elle ajoutĂ©. Google n’a pas rĂ©pondu immĂ©diatement aux demandes de commentaires adressĂ©es par nos confrères d’IDG.
Manque de leadership de Google
Les experts de la protection de la vie privĂ©e ont reconnu que si les cookies tiers posent des problèmes en matière de protection de la vie privĂ©e, de nombreuses parties prenantes doivent aussi ĂŞtre prises en compte. « Google a tentĂ© Ă plusieurs reprises de remplacer les cookies […] afin de trouver un Ă©quilibre entre la protection de la vie privĂ©e des utilisateurs et les besoins des annonceurs », a dĂ©clarĂ© Jason Soroko, vice-prĂ©sident senior des produits chez Sectigo, un fournisseur de gestion du cycle de vie des certificats. « Cependant, ces efforts se sont heurtĂ©s Ă la rĂ©sistance des dĂ©fenseurs de la vie privĂ©e, Ă des obstacles rĂ©glementaires et Ă des dĂ©fis techniques », a-t-il expliquĂ©, ajoutant que « l’interaction complexe entre l’innovation, les prĂ©occupations en matière de protection de la vie privĂ©e et les cadres rĂ©glementaires a probablement contribuĂ© Ă la dĂ©cision de Google de ne pas abandonner le support des cookies. »
Mais, le plus dĂ©cevant encore, c’est que l’entreprise « ne semble toujours pas avoir de plan clair pour mettre en Ĺ“uvre des contrĂ´les de confidentialitĂ© et de sĂ©curitĂ© plus importants contre le pistage », a estimĂ© un expert en protection de la vie privĂ©e, qui pense que le gĂ©ant de la recherche n’en fait pas assez. Google « se vante depuis longtemps de l’innovation suscitĂ©e par son initiative Privacy Sandbox, mais celle-ci n’a pas encore portĂ© ses fruits publiquement », a dĂ©clarĂ© Gal Ringel, cofondateur et directeur gĂ©nĂ©ral de Mine, une sociĂ©tĂ© internationale de gestion de la confidentialitĂ© des donnĂ©es. En outre, compte tenu de la position de Google en tant qu’« entreprise la plus influente sur l’Internet aujourd’hui », le fait qu’elle n’ait pas pris de vĂ©ritable position en matière de protection de la vie privĂ©e crĂ©e un mauvais prĂ©cĂ©dent Ă un moment crucial oĂą les États-Unis tentent d’adopter une nouvelle lĂ©gislation pour rĂ©soudre le problème », a-t-il regrettĂ©.
A la suite d’une mauvaise configuration de la part de Google Cloud, le fonds de pension australien Unisuper a vu son cloud privĂ© purement et simplement supprimĂ©. Heureusement, la sociĂ©tĂ© disposait de sauvegardes chez un autre fournisseur et a pu restaurer les accès Ă ses systèmes.
Il est rare que Thomas Kurian, CEO de Google Cloud fasse un mea culpa suite Ă une panne de ses services. C’est pourtant ce qui s’est passĂ© pour le fonds de pension australien, Unisuper, victime d’une interruption de son service de cloud privĂ© pendant une semaine. Dans un communiquĂ© commun, les deux sociĂ©tĂ©s ont attribuĂ© cette panne à « un Ă©vènement sans prĂ©cĂ©dent ». Le message ajoute que ce bug rĂ©sulte, « d’une combinaison de problèmes rares chez Google Cloud qui a entrainĂ© une mauvaise configuration par inadvertance lors du provisionnement du cloud privĂ© d’UniSuper ».
Pire encore, le fonds disposait « d’une duplication des donnĂ©es dans deux zones gĂ©ographiques pour se protĂ©ger contre les pannes et les pertes. Cependant, lorsque l’arrĂŞt de l’abonnement au cloud privĂ© d’UniSuper s’est produit, elle a entraĂ®nĂ© une suppression de ces deux zones gĂ©ographiques ». La panne a dĂ©marrĂ© le 1er mai et la rĂ©solution a dĂ©butĂ© le 8 mai dernier.
Sauver par des sauvegardes externes
MalgrĂ© la suppression des deux rĂ©gions de duplication, Google Cloud et Unisuper ont rĂ©ussi Ă limiter la casse. « « La restauration de l’instance de cloud privĂ© d’UniSuper a nĂ©cessitĂ© Ă©normĂ©ment de concentration, d’efforts et de partenariat entre nos Ă©quipes pour parvenir Ă restaurer tous les systèmes de base », a prĂ©cisĂ© Google dans son message.
Le fonds de pension avait Ă©galement mis en place des sauvegardes auprès d’un autre fournisseur de services, ce qui a permis de minimiser les pertes et d’aider les entreprises au cours du processus de restauration. « Google Cloud s’excuse sincèrement pour la gĂŞne occasionnĂ©e, et nous continuons Ă travailler 24 heures sur 24 avec UniSuper pour remĂ©dier Ă la situation, afin de rĂ©tablir progressivement les services dès que possible », indique encore le message.
L’accès aux comptes rĂ©tabli
Si, jeudi 9 mai, en milieu d’après-midi, heure d’Australie, les retraitĂ©s pouvaient se connecter Ă leurs comptes, mais le solde n’était pas encore mis Ă jour. Cependant, les investissements et les transactions se sont poursuivis normalement tout au long de la panne et les fonds des clients n’ont pas Ă©tĂ© affectĂ©s. Le mercredi prĂ©cĂ©dent, Peter Chun, CEO d’UniSuper, avait Ă©galement envoyĂ© un courriel Ă ses clients, mis en ligne, pour les assurer de la sĂ©curitĂ© de leurs comptes et de la continuitĂ© de l’activitĂ© d’investissement pendant la panne.
« L’activitĂ© d’investissement habituelle sera reflĂ©tĂ©e dans votre solde une fois que nos systèmes seront complètement rĂ©tablis », avait Ă©crit le fournisseur. « Pour les investissements n’ayant pas Ă©tĂ© affectĂ©s par la panne, nous avons mis Ă la disposition des membres des informations actualisĂ©es sur les performances des options d’investissement sur notre site web ». Qualifiant le problème d’ « incident isolé », Google a aussi assurĂ© aux membres d’UniSuper que l’interruption de service n’Ă©tait pas due Ă une cyberattaque et que leurs donnĂ©es sensibles n’avaient donc pas Ă©tĂ© exposĂ©es Ă des entitĂ©s non autorisĂ©es. Le dirigeant dans une mise Ă jour du 13 mai indique que l’ensemble des accès (site et mobile) ont Ă©tĂ© rĂ©tablis.
Impact sur la réputation
Les principaux fournisseurs de services – notamment Amazon Web Services, Microsoft Azure et d’autres – en ont tous fait l’expĂ©rience Ă un moment ou Ă un autre. Par exemple, en juin 2023, AWS a connu un incident de plus de deux heures qui a affectĂ© un certain nombre de services sur la cĂ´te est des États-Unis. Microsoft Azure a aussi connu une panne de centre de donnĂ©es en Australie en septembre de l’annĂ©e dernière, qui a empĂŞchĂ© les utilisateurs d’accĂ©der aux services Azure, Microsoft 365 et Power Platform pendant plus de 24 heures.
De l’avis de Pareekh Jain, CEO d’EEIRTrend et de Pareekh Consulting, « la panne d’UniSuper fait figure d’exception par sa durĂ©e, mais en gĂ©nĂ©ral, ces problèmes sont rĂ©solus assez rapidement ». L’évènement pourrait nuire Ă la rĂ©putation de Google Cloud et inciter les clients Ă ne pas lui faire confiance en tant que fournisseur de services cloud. « La panne affectant UniSuper sur Google Cloud en Australie prend un temps anormalement long pour ĂŞtre rĂ©solue, ce qui a un impact nĂ©gatif sur la rĂ©putation de Google Cloud dans la rĂ©gion », a-t-il fait remarquer. « Ce genre de pannes peuvent aussi entraĂ®ner des interruptions d’activitĂ© et des pertes de donnĂ©es pour les clients, ce qui explique pourquoi de nombreuses entreprises privilĂ©gient une stratĂ©gie multi-cloud pour la gestion des risques », a ajoutĂ© Mr Jain. UniSuper avait l’habitude de rĂ©partir ses charges de travail entre Azure et deux centres de donnĂ©es propres, mais le fournisseur australien en a dĂ©placĂ© une grande partie vers Google Cloud Platform l’annĂ©e dernière.
Suite aux derniers incidents de sĂ©curitĂ©, l’entreprise a nommĂ© d’autres responsables de la sĂ©curitĂ© des produits ainsi qu’une RSSI chargĂ©e de la relation clients, alors que des attaques très mĂ©diatisĂ©es continuent Ă cibler ses produits et son propre rĂ©seau.
Microsoft revoit son approche de la cybersĂ©curitĂ© après une attaque très mĂ©diatisĂ©e contre les courriels de l’entreprise et une rĂ©primande sĂ©vère du gouvernement fĂ©dĂ©ral sur ses pratiques de sĂ©curitĂ©. L’entreprise a nommĂ© d’autres responsables de la sĂ©curitĂ© des informations (RSSI) au sein des Ă©quipes de produits, ainsi qu’une nouvelle RSSI adjointe, chargĂ©e d’assurer la liaison avec les clients. Selon un rapport publiĂ© par Bloomberg, les CISO dĂ©diĂ©s aux produits rendront compte Ă Igor Tsyganskiy, le RSSI mondial de Microsoft, arrivĂ© Ă ce poste il y a six mois environ.
Par ailleurs, Ann Johnson, responsable de longue date de la sĂ©curitĂ©, a Ă©tĂ© nommĂ©e RSSI adjointe chargĂ©e de l’assistance aux clients et des industries rĂ©glementĂ©es. Elle rendra Ă©galement compte Ă Igor Tsyganskiy. Elle se concentrera sur « l’engagement des clients et la communication sur la sĂ©curitĂ© de Microsoft », a prĂ©cisĂ© l’éditeur dans un courriel lu par Bloomberg. Vendredi, un porte-parole de Microsoft a dĂ©clarĂ© dans un courriel que, pour le moment, l’entreprise n’avait rien Ă partager sur les changements de direction mentionnĂ©s.
Renforcer la stratégie de sécurité
Ces mesures semblent s’inscrire dans le prolongement de la Secure Future Initiative (SFI) dĂ©voilĂ©e par l’entreprise en novembre afin d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© intĂ©grĂ©e de ses produits et plateformes et de mieux protĂ©ger ses clients contre les menaces croissantes. L’initiative vise Ă mobiliser « toutes les parties de Microsoft » en vue de renforcer la protection de la cybersĂ©curitĂ© selon trois axes : « les cyberdĂ©fenses basĂ©es sur l’IA, les avancĂ©es dans l’ingĂ©nierie logicielle fondamentale et la dĂ©fense d’une application plus stricte des normes internationales », comme l’avait dĂ©clarĂ© Ă l’époque Brad Smith, vice-prĂ©sident et prĂ©sident de Microsoft.
En effet, les solutions de Microsoft sont historiquement et notoirement la cible de pirates informatiques qui ont longtemps exploitĂ© leurs failles pour mener des activitĂ©s malveillantes ayant affectĂ© de nombreuses entreprises et causĂ© des dommages Ă©tendus dans de multiples secteurs d’activitĂ© et zones gĂ©ographiques. En dĂ©cembre, dans la foulĂ©e de l’annonce de cette initiative, Microsoft a nommĂ© Igor Tsyganskiy, relativement nouveau dans l’entreprise, pour remplacer Bret Arsenault, CISO de longue date, nommĂ© Ă un poste de conseiller.
Des problèmes de sécurité persistants
Ă€ peu près au mĂŞme moment, mais Ă l’insu de Microsoft jusqu’en janvier, Midnight Blizzard un groupe de la menace basĂ© en Russie, Ă©galement connu sous le nom de Nobelium, piratait les courriels d’employĂ©s de Microsoft, y compris de cadres supĂ©rieurs. L’an dernier, Microsoft avait accusĂ© ce groupe d’avoir eu recours Ă l’ingĂ©nierie sociale pour mener une cyberattaque contre Teams. Mi-avril, l’agence amĂ©ricaine de cybersĂ©curitĂ© et de sĂ©curitĂ© des infrastructures (CISA) avait averti que Midnight Blizzard avait exploitĂ© la faille pour voler les courriels d’agences gouvernementales, conseillant aux agences de vĂ©rifier d’urgence leurs systèmes de messagerie pour dĂ©tecter tout signe de compromission.
Comme si cela ne suffisait pas, dĂ©but avril, Microsoft a aussi fait l’objet d’une Ă©valuation cinglante de la part d’une commission fĂ©dĂ©rale Ă propos d’une autre cyberattaque parrainĂ©e par un État et ayant affectĂ© le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Celle-ci s’est produite en juillet 2023, suite Ă l’intrusion d’acteurs chinois dans des comptes Microsoft 365 pour cibler des fonctionnaires clĂ©s du gouvernement amĂ©ricain. Le rapport publiĂ© le 2 avril par le comitĂ© indĂ©pendant d’examen de la cybersĂ©curitĂ© du ministère de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure (Department of Homeland Security, DHS) dresse un bilan incendiaire de la culture de sĂ©curitĂ© de Microsoft et accuse l’entreprise d’ĂŞtre responsable de l’attaque du groupe Storm-0558 qui, selon le comitĂ©, aurait pu ĂŞtre facilement Ă©vitĂ©e.
Sur la bonne voie
La dernière stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© de Microsoft montre que l’entreprise intègre les commentaires et prend des mesures correctives pour amĂ©liorer sa posture de sĂ©curitĂ© globale et ses produits, en particulier Ă mesure que la pression extĂ©rieure s’intensifie. « Microsoft prend la bonne dĂ©cision en mettant davantage l’accent sur la sĂ©curitĂ© avec de nouvelles nominations Ă des postes de direction », a dĂ©clarĂ© Pareekh Jain, CEO d’EIIRTrend & Pareekh Consulting, dans un courriel. « Aujourd’hui, non seulement des individus ou des groupes de pirates informatiques attaquent, mais des incidents de cybersĂ©curitĂ© parrainĂ©s par l’État se produisent Ă©galement. Les fournisseurs de solutuions comme Microsoft, qui ont une large emprise sur les consommateurs, les entreprises et les gouvernements, doivent avoir quelques longueurs d’avance dans ce domaine », a-t-il ajoutĂ©.
« Microsoft sera aussi considĂ©rĂ©e comme un exemple pour les autres fournisseurs de produits quant Ă la manière de relever les dĂ©fis de sĂ©curitĂ©, de sorte que les mesures qu’elle prend aujourd’hui sont cruciales pour la feuille de route globale de l’industrie en la matière », a-t-il fait remarquer. « Dans le secteur des produits, l’indicateur clĂ© est le dĂ©lai de mise sur le marchĂ© de nouvelles fonctionnalitĂ©s. Il est temps que l’attention se porte sur le dĂ©lai de sĂ©curité », a ajoutĂ© le consultant. « L’industrie va scruter ce que fait Microsoft et, Ă l’avenir, un plus grand nombre d’entreprises de produits se concentreront sur le dĂ©lai de mise sur le marchĂ© et sur l’intĂ©gration d’experts en sĂ©curitĂ© au sein de leurs groupes de produits ».
Microsoft reconnaĂ®t que le problème de connectivitĂ© rĂ©seau sans fil, qui a largement affectĂ© les utilisateurs du secteur public, de l’Ă©ducation et des entreprises, est liĂ© Ă deux correctifs système du dernier patch tuesday de dĂ©cembre. Une mesure d’attĂ©nuation est proposĂ©e.
Microsoft a proposĂ© un correctif temporaire aux utilisateurs de Windows pour rĂ©soudre les problèmes liĂ©s au WiFi après une mise Ă jour de Windows 11 qui a compromis les connexions sans fil sur les rĂ©seaux publics, Ă©ducatifs et d’entreprise. Cette mesure fait suite Ă des rapports d’utilisateurs de Windows faisant Ă©tat de problèmes de connexion de leurs ordinateurs Ă des rĂ©seaux Wi-Fi après le dĂ©ploiement des mises Ă jour Patch Tuesday de dĂ©cembre pour les produits Microsoft. Dans un message publiĂ© sur son site web, l’entreprise a attribuĂ© la responsabilitĂ© des problèmes de connectivitĂ© Ă deux mises Ă jour du système d’exploitation relatives au Patch Tuesday de dĂ©cembre rĂ©fĂ©rencĂ©es KB5032288 et KB5033375 et a reconnu qu’elles affectaient davantage les utilisateurs de certains rĂ©seaux WiFi que d’autres. « Comme indiquĂ©, le problème de connectivitĂ© concerne surtout les utilisateurs qui essayent de se connecter Ă un rĂ©seau WiFi d’entreprise, de l’éducation ou public utilisant l’authentification 802.1x », a Ă©crit Microsoft. « Mais il ne devrait pas se produire sur les rĂ©seaux domestiques ».
En effet, les problèmes ont largement affectĂ© les personnes se connectant au WiFi sur des rĂ©seaux sans fil ayant activĂ© la transition rapide ou l’itinĂ©rance rapide, des options gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es sur les campus des universitĂ©s pour faciliter une connectivitĂ© transparente entre diffĂ©rents points d’accès. En fait, certaines universitĂ©s, comme l’UniversitĂ© de Colombie-Britannique, ont alertĂ© leurs Ă©tudiants et leur personnel du problème avant que Microsoft ne rĂ©agisse et ont mĂŞme conseillĂ© de dĂ©sinstaller la mise Ă jour comme mesure temporaire pour rĂ©tablir le service jusqu’Ă ce qu’un correctif dĂ©livrĂ© par le fournisseur soit disponible.
Des utilisateurs mécontents qui le font savoir
La solution de Microsoft n’est pas très diffĂ©rente de celle prĂ©conisĂ©e par l’UniversitĂ© de Colombie-Britannique et de celle que de nombreux autres utilisateurs ont dĂ©jĂ appliquĂ©. L’entreprise a publiĂ© un « Known Issue Rollback » (KIR), qui permet au système d’exploitation de revenir Ă une version antĂ©rieure du code non affectĂ©e par le problème. Introduits pour la première fois en mars 2021 par Microsoft, ces KIR servent Ă corriger des bogues non liĂ©s Ă la sĂ©curitĂ© de manière temporaire. L’entreprise prĂ©voit de corriger le problème de manière plus complète et publiera un correctif prochainement. Microsoft a Ă©galement indiquĂ© que la propagation automatique de la rĂ©solution aux appareils grand public et aux appareils professionnels non gĂ©rĂ©s pouvait prendre jusqu’Ă 24 heures. Cependant, les utilisateurs peuvent redĂ©marrer leur machine pour accĂ©lĂ©rer le processus. Quant aux terminaux d’entreprise affectĂ©s, il est possible de rĂ©soudre le problème en installant et en configurant une stratĂ©gie de groupe particulière, qui se trouve dans « Configuration de l’ordinateur – > Modèles d’administration – > », a prĂ©cisĂ© Microsoft.
Certains utilisateurs estiment que la rĂ©ponse de Microsoft n’a pas Ă©tĂ© assez rapide, et ils se sont empressĂ©s de manifester leur mĂ©contentement sur des forums de discussion Internet comme Reddit. Ils se sont aussi plaints d’avoir eu Ă rĂ©soudre eux-mĂŞmes le problème en annulant la mise Ă jour. « Sans surprise, Microsoft a tout cassĂ© avec sa mise Ă jour », a postĂ© un utilisateur mĂ©content sur Reddit. « La mise en production est le meilleur moyen de tester son code. Continuez Ă baisser le niveau ». Dans la CommunautĂ© Microsoft, beaucoup d’utilisateurs ont aussi critiquĂ© le correctif du Patch Tuesday, des utilisateurs signalant que mĂŞme sur des ordinateurs portables Windows achetĂ©s rĂ©cemment, la connectivitĂ© sans fil Ă©tait lente ou inexistante. « Sur mon Lenovo Slim Pro 9i achetĂ© il y a un peu plus de deux semaines chez Costco, la connexion Internet est devenue très lente et inutilisable après l’application du correctif de sĂ©curitĂ© Windows 11 KB5033375 hier, et Google Chrome n’arrĂŞtait pas d’envoyer des erreurs DNS et d’autres erreurs », a dĂ©clarĂ© l’utilisateur Sunny6887. Les utilisateurs de Windows qui souffrent depuis longtemps n’ont pas tort, car ce n’est certainement pas la première fois qu’une mise Ă jour de Microsoft censĂ©e corriger son logiciel perturbe des services existants. L’histoire de Microsoft est pleine de rĂ©tropĂ©dalages après une mise Ă jour ou la publication de nouveaux correctifs Ă cause de problèmes créés par son propre système de correctifs.





