Over 10 years we help companies reach their financial and branding goals. Engitech is a values-driven technology agency dedicated.

Gallery

Contacts

411 University St, Seattle, USA

engitech@oceanthemes.net

+1 -800-456-478-23

Sécurité informatique

Une faille critique dans Langflow activement exploitée

La CISA alerte sur l’exploitation par des cybercriminels d’une vulnĂ©rabilitĂ© critique dans l’outil de dĂ©veloppement IA, Langflow. La faille peut entraĂ®ner l’exĂ©cution d’un code Python malveillant sur des serveurs API.
Les outils pour le dĂ©veloppement de l’IA ne sont pas exemptes de failles de sĂ©curitĂ©. La CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) vient de lancer un avertissement sur une faille critique dans Langflow. Elle a Ă©tĂ© corrigĂ©e le mois dernier, mais cela n’empĂŞche pas la vulnĂ©rabilitĂ© d’être ciblĂ©e activement par les cybercriminels pour toucher des logiciels non mis Ă  jour. Pour bien insister sur la gravitĂ© de la situation, l’agence amĂ©ricaine a classĂ© cette faille Ă  son catalogue des vulnĂ©rabilitĂ©s exploitĂ©es connues (KEV), indiquant ainsi aux agences gouvernementales et aux organisations privĂ©es qu’elle doit ĂŞtre corrigĂ©e immĂ©diatement.
La brèche peut ĂŞtre exploitĂ©e sans authentification pour exĂ©cuter Ă  distance un code arbitraire sur des serveurs. Écrit en Python, l’outil open source Langflow est utilisĂ© pour construire et dĂ©ployer des agents d’IA en passant par une interface visuelle et un serveur API. Alors que de nombreuses entreprises cherchent Ă  exploiter de grands modèles de langage (LLM) pour automatiser les flux de travail internes, Langflow a beaucoup gagnĂ© en popularitĂ©, affichant près de 60 000 Ă©toiles sur GitHub. De par sa nature, Langflow propose aux utilisateurs authentifiĂ©s d’exĂ©cuter du code. Au moment de la construction d’agents Ă  l’aide des composants visuels de Langflow, les utilisateurs modifient librement le code Python sous-jacent. Mais la vulnĂ©rabilitĂ© CVE-2025-3248 dĂ©couverte par les chercheurs de Horizon3.ai donne la mĂŞme libertĂ© Ă  des utilisateurs non authentifiĂ©s. Ce problème est aggravĂ© par le fait qu’il existe plus de 500 instances Langflow exposĂ©es Ă  Internet et beaucoup d’autres accessibles via des rĂ©seaux internes.
Un défaut d’authentification sur le serveur API
La faille est assez simple. Elle rĂ©sulte de l’absence de contrĂ´les d’authentification Ă  un point de terminaison de l’API appelĂ© /api/v1/validate/code, point qui transmet du code Ă  la fonction exec de Python. Cependant, la vulnĂ©rabilitĂ© n’exĂ©cute pas la fonction exec directement sur les fonctions, mais sur les dĂ©finitions de fonctions, qui rendent les fonctions disponibles pour l’exĂ©cution, mais n’exĂ©cutent pas leur code. C’est la raison pour laquelle les chercheurs d’Horizon3.ai ont dĂ» trouver une autre mĂ©thode d’exploitation en tirant parti de fonctions de Python appelĂ©es « decorators », qui renvoient des fonctions qui enveloppent d’autres fonctions.
Le PoC publiĂ© par Horizon3.ai le 9 avril exploite ces « decorators » pour rĂ©aliser une exĂ©cution de code Ă  distance, mais les chercheurs signalent qu’un chercheur tiers a obtenu le mĂŞme rĂ©sultat en abusant d’une autre caractĂ©ristique des fonctions Python appelĂ©e « default arguments ». Depuis, un exploit pour cette vulnĂ©rabilitĂ© a Ă©galement Ă©tĂ© ajoutĂ© au framework de test de pĂ©nĂ©tration Metasploit, il n’est donc pas surprenant que les attaquants aient dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  exploiter cette faille dans des attaques.
Remédiation
Il est conseillĂ© aux utilisateurs de Langflow de mettre Ă  jour immĂ©diatement leurs dĂ©ploiements vers la version 1.3.0 publiĂ©e le 1er avril, qui inclut le correctif, ou vers la dernière version, 14.0, qui contient des correctifs supplĂ©mentaires. Les chercheurs d’Horizon3.ai soulignent que tout utilisateur de Langflow peut dĂ©jĂ  Ă©lever ses privilèges au rang de super utilisateur, car il peut exĂ©cuter du code sur le serveur de par sa conception. En tant que tel, tout identifiant d’utilisateur Langlow volĂ© ou faible peut reprĂ©senter un risque important.
« D’une manière gĂ©nĂ©rale, nous recommandons de faire preuve de prudence lorsque l’on expose Ă  Internet des outils d’intelligence artificielle rĂ©cents », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs. « Si ces outils doivent ĂŞtre exposĂ©s Ă  l’extĂ©rieur, il vaut mieux prĂ©voir de les placer dans un Cloud PrivĂ© Virtuel (Virtual Private Cloud, VPC) isolĂ© et/ou derrière un SSO. Il suffit d’une erreur ou d’un dĂ©ploiement fantĂ´me de ces outils sur une instance de cloud pour qu’une brèche soit ouverte. »

Sécurité informatique

Recrudescence des attaques de vishing sur Teams

Selon Sophos, deux groupes de cybercriminels mènent des campagnes de vishing auprès des utilisateurs de Teams en se faisant passer pour le support de l’entreprise. Cette technique les bombarde de messages et d’appels vidĂ©o ou vocaux et vise Ă  obtenir un accès aux postes de travail pour voler des donnĂ©es ou installer des malwares.
Le phishing se dĂ©cline en plusieurs variations via le QR Code (quishing), le SMS (smishing),… Il faut compter aussi sur le vishing qui combine des spams et des appels vocaux ou vidĂ©o. Sophos a observĂ© deux groupes d’attaquants, probablement affiliĂ©s Ă  des groupes de ransomware, qui ont menĂ© des campagnes actives sur les utilisateurs de Teams  l’offre collaborative de Microsoft. Ils se font passer pour des membres du support de l’entreprise. En bombardant les utilisateurs de messages, les pirates essayent de crĂ©er…

Il vous reste 94% de l’article Ă  lireVous devez possĂ©der un compte pour poursuivre la lecture

Vous avez déjà un compte?

Sécurité informatique

Malgré la sensibilisation, les taux de clics de phishing ont triplé en 2024

Avec la GenAI, les cybercriminels ont amĂ©liorĂ© leurs attaques et leurs campagnes de phishing ne sont plus centrĂ©es sur les courriels, comme l’enseignent les formations de sensibilisation Ă  la sĂ©curitĂ©.
Pendant des annĂ©es, les entreprises ont investi dans des programmes de sensibilisation Ă  la sĂ©curitĂ© pour apprendre aux employĂ©s Ă  repĂ©rer et Ă  signaler les tentatives de phishing. Or, selon un rapport du fournisseur de solutions de sĂ©curitĂ© Netskope, malgrĂ© ces efforts, les utilisateurs ont Ă©tĂ© trois fois plus exposĂ©s au risque de tomber sur des pages de phishing en 2024 que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Sur la base des donnĂ©es tĂ©lĂ©mĂ©triques collectĂ©es Ă  partir de sa passerelle web sĂ©curisĂ©e et de sa plateforme SASE basĂ©e sur le cloud, Netskope a constatĂ© que 8,4 utilisateurs sur 1 000 ont cliquĂ© sur un lien d’hameçonnage chaque mois au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, contre 2,9 en 2023.
« Les principaux facteurs pouvant expliquer cette augmentation sont d’une part la fatigue, les utilisateurs Ă©tant bombardĂ©s en permanence de tentatives de phishing, et d’autre part la crĂ©ativitĂ© et l’adaptabilitĂ© des attaquants dont les leurres sont plus difficiles Ă  dĂ©tecter », a dĂ©clarĂ© l’entreprise dans son rapport annuel sur le cloud et les menaces. L’essor des grands modèles de langage (LLM) a certainement jouĂ© un rĂ´le dans cette montĂ©e en puissance, car les attaquants peuvent dĂ©sormais facilement automatiser la crĂ©ation de leurres de hameçonnage plus diversifiĂ©s, grammaticalement corrects et ciblĂ©s pour chaque entreprise.
Un hameçonnage basé les résultats des moteurs de recherche
Dans les entreprises, la formation Ă  la dĂ©tection du phishing se concentre majoritairement sur la dĂ©tection des courriels de phishing, mais c’est loin d’ĂŞtre la seule mĂ©thode utilisĂ©e par les attaquants pour inciter les utilisateurs Ă  cliquer sur des liens qui redirigent vers de faux sites web conçus pour voler les identifiants. D’après les donnĂ©es de Netskope, la majoritĂ© des clics de phishing proviennent de divers endroits du web, les moteurs de recherche Ă©tant l’un des plus reprĂ©sentĂ©s. Les pirates ont rĂ©ussi Ă  diffuser des publicitĂ©s malveillantes ou Ă  utiliser des techniques d’empoisonnement du rĂ©fĂ©rencement pour injecter des liens malveillants dans les premiers rĂ©sultats des moteurs de recherche pour des termes spĂ©cifiques.
Viennent ensuite les pages des sites d’achat, de technologie, d’affaires et de divertissement sur lesquelles les pirates introduisent des liens malveillants en envoyant des spams dans les sections de commentaires, en achetant des publicitĂ©s malveillantes qui sont ensuite affichĂ©es sur ces sites par l’intermĂ©diaire de rĂ©seaux publicitaires, une technique connue sous le nom de malvertising, ou en compromettant les sites eux-mĂŞmes et en injectant directement des fenĂŞtres pop-up d’hameçonnage dans les pages. « La diversitĂ© des sources de phishing tĂ©moigne de la crĂ©ativitĂ© des attaquants dans l’ingĂ©nierie sociale », ont Ă©crit les chercheurs de Netskope. « Ils savent que leurs victimes, Ă  qui l’on rĂ©pète sans cesse de ne pas cliquer sur les liens dans les mails qu’ils reçoivent, peuvent se mĂ©fier des courriels entrants, mais qu’elles cliqueront beaucoup plus librement sur les liens qui apparaissent dans les rĂ©sultats des moteurs de recherche. »
Le recours à l’IA change la donne
Les attaques de phishing cherchent en premier lieu Ă  voler les identifiants des applications cloud, Microsoft 365 Ă©tant le plus visĂ© avec 42 %, suivi d’Adobe Document Cloud (18 %) et de DocuSign (15 %). Un grand nombre de sites de phishing se prĂ©sentent comme des pages de connexion Ă  ces services, mais proposent Ă©galement des options de connexion Ă  d’autres fournisseurs d’identitĂ©, notamment Office 365, Outlook, AOL ou Yahoo. « Il ne fait aucun doute que les LLM ont jouĂ© un rĂ´le dans l’Ă©laboration par les attaquants de leurres de phishing plus convaincants », a constatĂ© Ray Canzanese, directeur de Netskope Threat Labs. « Les LLM peuvent fournir une meilleure localisation et une plus grande variĂ©tĂ© pour tenter d’Ă©chapper aux filtres anti-spam et augmenter la probabilitĂ© de tromper la victime », a-t-il ajoutĂ©.
Les cybercriminels ont mĂŞme créé des chatbots spĂ©cialisĂ©s assistĂ©s par des LLM, comme WormGPT ou FraudGPT, mis en avant et vendus sur des forums clandestins, qui prĂ©tendent, entre autres choses, avoir la capacitĂ© d’écrire de meilleurs leurres d’hameçonnage. « De manière plus gĂ©nĂ©rale, Netskope constate que des outils d’IA gĂ©nĂ©rative sont utilisĂ©s dans le cadre de campagnes de phishing ciblĂ©es, gĂ©nĂ©ralement en imitant une personne très en vue de l’entreprise visĂ©e », a indiquĂ© M. Canzanese. « L’attaquant envoie des messages gĂ©nĂ©rĂ©s Ă  l’aide de LLM ou utilise mĂŞme de faux enregistrements audios et de fausses vidĂ©os. » Selon une enquĂŞte de Deloitte, 15 % des cadres ont rĂ©cemment dĂ©clarĂ© que les donnĂ©es financières de leur entreprise avaient Ă©tĂ© ciblĂ©es par des cybercriminels via des « deepfake ».

Sécurité informatique

Comment le malware Perfctl a infecté des millions de serveurs Linux

Pendant plusieurs annĂ©es, le malware de cryptominage perfctl a infectĂ© des serveurs Linux sans presque se faire remarquer. Selon des chercheurs, il pourrait servir Ă  d’autres attaques via du proxyjacking.
Des experts de la sociĂ©tĂ© Aqua Security ont dĂ©couvert une campagne de malwares baptisĂ©s « perfctl » actives au cours des 3 ou 4 dernières annĂ©es. Elle a ciblĂ© des millions de serveurs Linux en tentant d’exploiter environ 20 000 configurations erronĂ©es exposant des informations d’identification ou des interfaces d’administration non sĂ©curisĂ©es. DotĂ© d’une porte dĂ©robĂ©e, perfectl offre aux attaquants une grande latitude d’actions. Il semble que le malware…

Il vous reste 95% de l’article Ă  lireVous devez possĂ©der un compte pour poursuivre la lecture

Vous avez déjà un compte?

Sécurité informatique

Des vulnérabilités pour plusieurs ICS corrigées

Siemens et d’autres constructeurs ont corrigĂ© plusieurs failles dans leurs systèmes de contrĂ´le industriel. Au total, 15 bulletins de sĂ©curitĂ© ont Ă©tĂ© publiĂ©s avec des vulnĂ©rabilitĂ©s entraĂ®nant de l’exĂ©cution de code Ă  distance.
La CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) a publiĂ© 15 avis concernant des vulnĂ©rabilitĂ©s graves dans des produits de contrĂ´le industriel (ICS) de Siemens, Mitsubishi Electric, Delta Electronics et Softing Industrial Automation. Certaines de ces failles, qualifiĂ©es de gravitĂ© Ă©levĂ©e ou critique, peuvent entraĂ®ner l’exĂ©cution d’un code Ă  distance.
Onze des 15 avis couvrent des vulnĂ©rabilitĂ©s dans les produits Siemens, mais ce nombre n’est pas surprenant compte tenu de la quantitĂ© de lignes de produits dont Siemens dispose dans son portefeuille et du fait que, en tant que fournisseur ICS, l’entreprise a un programme de cybersĂ©curitĂ© très actif. Quatre des avis de Siemens contiennent des vulnĂ©rabilitĂ©s de gravitĂ© critique avec des scores CVSS compris entre 9 et 10, tandis que trois autres contiennent des failles de gravitĂ© Ă©levĂ©e avec des scores compris entre 7 et 9. Les autres avis portent sur des problèmes de gravitĂ© moyenne ou faible.
Des équipements et des informations sensibles à risque
La première vulnĂ©rabilitĂ© d’exĂ©cution de code Ă  distance concerne un problème de contrĂ´le d’accès incorrect (CVE-2022-32257) dans les endpoints des services web qui font partie du SINEMA Remote Connect Server, une plateforme de Siemens qui permet de gĂ©rer des tunnels VPN entre le siège, les techniciens de service et les machines ou usines installĂ©es. La faille est affectĂ©e d’un score de 9.8 sur l’échelle CVSS et concerne les versions du serveur antĂ©rieures Ă  la V3.2 et V3.1. Un problème de Cross-Site Scripting, XSS de moindre gravitĂ© (CVE-2020-23064) a Ă©galement Ă©tĂ© corrigĂ© dans la bibliothèque jQuery qui fait partie du service et qui pourrait permettre Ă  des attaquants distants d’exĂ©cuter un code arbitraire par l’intermĂ©diaire de l’Ă©lĂ©ment options de JQuery.
Une vulnĂ©rabilitĂ© Ă  haut risque a aussi Ă©tĂ© colmatĂ©e dans le composant SINEMA Remote Connect Client. Cette faille, rĂ©pertoriĂ©e sous la rĂ©fĂ©rence CVE-2024-22045, pourrait donner Ă  des attaquants la capacitĂ© d’accĂ©der Ă  des informations sensibles parce que le produit a placĂ© ces informations dans des fichiers et des rĂ©pertoires accessibles Ă  des utilisateurs non autorisĂ©s. De plus, une mise Ă  jour logicielle majeure a Ă©tĂ© publiĂ©e pour le lecteur mobile RFID SIMATIC RF160B, un terminal portable alimentĂ© par batterie et utilisĂ© dans de nombreux secteurs d’activitĂ©. La nouvelle version 2.2 corrige plus de 150 vulnĂ©rabilitĂ©s dĂ©couvertes au cours des dernières annĂ©es, dont 11, jugĂ©es critiques, pourraient entraĂ®ner l’exĂ©cution de code.
Des débordements de mémoire critiques
Un bug critique de dĂ©bordement de mĂ©moire tampon (CVE-2024-22039) affectĂ© du score CVSS de 10.0, le plus Ă©levĂ© possible, a Ă©tĂ© comblĂ© dans les systèmes de protection incendie Sinteso EN and Cerberus PRO EN Fire Protection Systems. La faille se situe dans la bibliothèque de communication rĂ©seau utilisĂ©e dans les systèmes qui valide incorrectement la longueur des attributs des certificats X.509. La faille peut ĂŞtre exploitĂ©e par des attaquants de type man-in-the-middle qui peuvent intercepter la communication de l’outil d’ingĂ©nierie utilisĂ© dans le rĂ©seau du système de protection contre les incendies et peuvent entraĂ®ner l’exĂ©cution de code arbitraire sur le système d’exploitation sous-jacent en tant que root. A noter que deux autres failles de mĂ©moire rĂ©parĂ©es dans la mĂŞme bibliothèque de communication rĂ©seau, qui pourraient ĂŞtre exploitĂ©es par des attaquants de type man-in-the-middle pour faire planter le service. Comme ces brèches n’affectent que l’application, et non le système sous-jacent, elles ont Ă©tĂ© classĂ©es dans la catĂ©gorie « gravitĂ© Ă©levĂ©e ».
De multiples vulnĂ©rabilitĂ©s, dont trois critiques pouvant conduire Ă  l’exĂ©cution de code Ă  distance, ont Ă©tĂ© endiguĂ©es dans la plateforme matĂ©rielle Siemens RUGGEDCOM APE1808 qui est Ă©quipĂ©e du pare-feu de dernière gĂ©nĂ©ration Fortigate. Les failles ont Ă©tĂ© hĂ©ritĂ©es de FortiOS et prĂ©cĂ©demment corrigĂ©es. Parmi les constructeurs touchĂ©s, il y a Mitsubishi Electric qui a mis Ă  jour ses contrĂ´leurs de la sĂ©rie MELSEC-Q/L utilisĂ©s pour l’automatisation des usines et dans le module CPU de la sĂ©rie MELSEC. Ces vulnĂ©rabilitĂ©s peuvent ĂŞtre exploitĂ©es Ă  distance par l’envoi, Ă  travers le rĂ©seau, de paquets spĂ©cifiquement conçus vers les appareils concernĂ©s.
Des correctifs pour des failles ICS de haute gravité
Siemens a aussi corrigĂ© des failles Ă  risque Ă©levĂ© et Ă  faible risque dans les dispositifs de surveillance de l’alimentation SENTRON 7KM PAC3120 et SENTRON 7KM PAC3220, l’outil de dĂ©veloppement de produits Siemens Solid Edge, le module d’extension Ethernet SENTRON 3KC ATC6, les commutateurs Ethernet industriels des familles SCALANCE XB-200, XC-200, XP-200, XF-200BA et XR-300WG, et la solution de gestion des informations de sĂ©curitĂ© physique (Physical Security. Information Management systems, PSIM) de Siemens Surveillance Control. Delta Electronics a corrigĂ© plusieurs failles Ă  haut risque (CVSS 8.8) dans son système de gestion de l’Ă©nergie industrielle DIAEnergie.
Ces vulnĂ©rabilitĂ©s basĂ©es sur le web exposent Ă  des contournements d’autorisation, des injections SQL, des attaques XSS et de traversĂ©e de rĂ©pertoire. Une faille de traversĂ©e de rĂ©pertoire Ă  haut risque et un problème de divulgation d’informations ont Ă©tĂ© corrigĂ©s dans Softing edgeConnector, un module logiciel qui connecte les contrĂ´leurs SIMATIC S7 aux applications IIoT.

Sécurité informatique

Des organisations ukrainiennes piratées via la stéganographie

Le groupe UAC-0184 cible le personnel militaire ukrainien, y compris Ă  l’Ă©tranger, et utilise la stĂ©ganographie pour infecter leurs terminaux avec un cheval de Troie d’accès Ă  distance.
Le conflit en Ukraine est souvent qualifiĂ© de guerre hybride avec une prĂ©sence de plus en plus marquĂ©e du volet cyber-offensif. Dernier exemple en date, l’usage de la stĂ©ganographie oĂą un groupe d’attaquants a diffusĂ© des charges utiles en les cachant dans les pixels d’images. RepĂ©rĂ© sous le nom de UAC-0184 par plusieurs entreprises de sĂ©curitĂ©, ainsi que par le CERT ukrainien, le groupe a ciblĂ© des militaires ukrainiens via des courriels d’hameçonnage se faisant passer pour des messages de la 3e brigade d’assaut Separate Assault Brigade de l’Ukraine et des Forces de dĂ©fense israĂ©liennes (Israeli Defense Forces, IDF).
Bien que la plupart des destinataires de ces messages se trouvaient en Ukraine, l’éditeur de sĂ©curitĂ© Morphisec a confirmĂ© l’existence de cibles en dehors du pays. « Si l’adversaire a stratĂ©giquement ciblĂ© des entitĂ©s basĂ©es en Ukraine, il a apparemment cherchĂ© Ă  s’Ă©tendre Ă  d’autres entitĂ©s affiliĂ©es Ă  l’Ukraine », ont indiquĂ© les chercheurs dans un rapport. Ils ajoutent que « les investigations ont mis en Ă©vidence une cible plus spĂ©cifique : les entitĂ©s ukrainiennes basĂ©es en Finlande ». Morphisec a Ă©galement observĂ© que cette technique d’attaque stĂ©ganographique avait Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e pour livrer des charges utiles malveillantes après la compromission initiale.
La diffusion du cheval de Troie Remcos comme finalité
Les attaques dĂ©tectĂ©es par Morphisec comprennent un chargeur de malware connu sous le nom d’IDAT ou HijackLoader, utilisĂ© par le passĂ© pour diffuser divers chevaux de Troie et programmes malveillants, notamment Danabot, SystemBC et RedLine Stealer. Dans le cas prĂ©sent, UAC-0184 s’en est servi pour dĂ©ployer un RAT (Remote Access Trojan) appelĂ© Remcos. « IDAT se distingue par son architecture modulaire et utilise des caractĂ©ristiques uniques comme l’injection de code et les modules d’exĂ©cution, ce qui le diffĂ©rencie des chargeurs conventionnels », ont expliquĂ© les chercheurs. « Le chargeur utilise des techniques sophistiquĂ©es comme le chargement dynamique des fonctions de l’API Windows, les tests de connectivitĂ© HTTP, les listes de blocage de processus et les appels système pour Ă©chapper Ă  la dĂ©tection. Le processus d’infection d’IDAT se dĂ©roule en plusieurs Ă©tapes, chacune remplissant des fonctions distinctes », complètent-ils. L’infection se dĂ©roule en plusieurs phases, la première consistant Ă  appeler une URL distante pour accĂ©der Ă  un fichier .js (JavaScript). Le code de ce fichier indique Ă  l’exĂ©cutable oĂą chercher un bloc de code chiffrĂ© dans son propre fichier et la clĂ© Ă  utiliser pour le dĂ©chiffrer.

Les chercheurs ont retracĂ© le processus d’infection via la stĂ©ganographie. (CrĂ©dit Photo : Morphisec)
La configuration IDAT exploite aussi un fichier PNG intĂ©grĂ© dont le contenu est recherchĂ© pour localiser et extraire la charge utile en prenant l’emplacement 0xEA79A5C6 comme point de dĂ©part. Le code des malwares peut ĂŞtre cachĂ© dans les donnĂ©es des pixels des fichiers image et vidĂ©o sans nĂ©cessairement avoir d’incidence sur le fonctionnement de ces fichiers ou sur les informations multimĂ©dias qu’ils contiennent. MĂŞme si cette technique n’est pas nouvelle pour les attaquants, elle est rarement observĂ©e. « Par exemple, une image avec une profondeur de pixel de 24 bits (16,7 millions de couleurs) peut contenir un code intĂ©grĂ© dans les bits de poids faible (Least Significant Digit, LSD) de chaque pixel, sans modifier l’aspect de l’image », ont encore expliquĂ© les experts de Morphisec. « MĂŞme en scannant le fichier multimĂ©dia, la charge utile malveillante Ă©tant obscurcie, elle peut Ă©chapper Ă  la dĂ©tection basĂ©e sur les signatures, ce qui permet Ă  un chargeur de logiciels malveillants de dĂ©poser le mĂ©dia, d’extraire la charge utile malveillante et de l’exĂ©cuter dans la mĂ©moire ».
Des IoC publiés
Pour exĂ©cuter le payload cachĂ©, le chargeur IDAT s’appuie sur une autre mĂ©thode connue sous le nom de « module stomping », oĂą il est injectĂ© dans un fichier DLL lĂ©gitime – appelĂ© PLA.dll (Performance Logs and Alerts) dans ce cas – afin de rĂ©duire les chances d’être dĂ©tectĂ©e par un produit de sĂ©curitĂ© des endpoint.
Remcos permet aux attaquants de voler des informations et de surveiller l’activitĂ© d’une victime. Il donne Ă©galement aux attaquants la capacitĂ© de contrĂ´ler un ordinateur infectĂ© et, comme il s’agit d’un RAT commercial et non d’un RAT personnalisĂ©, de nombreux groupes l’ont utilisĂ© par le passĂ©. Les avis de sĂ©curitĂ© de Morphisec et du CERT-UA contiennent des hachages de fichiers et des adresses IP qui peuvent servir d’indicateurs de compromission pour dĂ©velopper des signatures de dĂ©tection.

Sécurité informatique

Du code Apex non sécurisé dans les déploiements Salesforce

Des chercheurs ont découvert que de nombreux déploiements de Salesforce comprennent du code Apex non sécurisé. Des failles critiques ont été observées pouvant entraîner des fuites ou des corruptions de données.
Des experts de Varonis alertent sur la présence d’instances de code Apex non sécurisé dans les déploiements Salesforce de nombreuses entreprises, laissant craindre de sérieuses vulnérabilités qui mettent en danger leurs données et les workflows. Ces derniers disent avoir trouvé des failles de gravité élevée et critique dans le code Apex utilisé par plusieurs entreprises du Fortune 500 et des agences gouvernementales.
« Si elles sont exploitĂ©es, ces vulnĂ©rabilitĂ©s peuvent entraĂ®ner des fuites et des corruptions de donnĂ©es et nuire aux fonctions mĂ©tiers de Salesforce », ont expliquĂ© les chercheurs dans un rapport. « C’est la raison pour laquelle il est essentiel de garder une trace des classes Apex et de leurs propriĂ©tĂ©s, de savoir qui peut les exĂ©cuter et comment elles sont utilisĂ©es ».
Des classes Apex insuffisamment restreintes
Apex est un langage de programmation orientĂ© objet dont la syntaxe est similaire Ă  Java et que les dĂ©veloppeurs peuvent utiliser pour exĂ©cuter des instructions de flux et de contrĂ´le sur les serveurs Salesforce ainsi que des appels via l’API Salesforce. Apex propose aux utilisateurs de personnaliser leurs instances Salesforce en ajoutant une logique mĂ©tier supplĂ©mentaire aux Ă©vĂ©nements du système, notamment les clics sur les boutons, les mises Ă  jour d’enregistrements connexes et les pages Visualforce. « Une classe Apex est un template ou un blueprint utilisĂ© pour crĂ©er des objets Apex », ont encore expliquĂ© les spĂ©cialistes. « Les classes comprennent d’autres classes, des mĂ©thodes dĂ©finies par l’utilisateur, des variables, des exceptions de types et un code d’initialisation statique ». Elles constituent donc un outil puissant pour les dĂ©veloppeurs, mais il est Ă©galement très important d’examiner attentivement leurs capacitĂ©s et de restreindre les personnes qui peuvent y accĂ©der.
Le code Apex peut fonctionner en deux modes « sans partage » et « avec partage ». Dans le premier, le code Apex ignore les autorisations de l’utilisateur et peut accĂ©der Ă  n’importe quel enregistrement et apporter des modifications, alors que dans le second, le code respecte les autorisations de l’utilisateur au niveau de l’enregistrement mais ignore celles au niveau de l’objet et du champ. Les classes Apex configurĂ©es pour fonctionner en mode « sans partage » sont parfois nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre des fonctionnalitĂ©s importantes, mais elles peuvent prĂ©senter un risque sĂ©rieux, en particulier quand elles sont mises Ă  la disposition d’invitĂ©s ou d’utilisateurs externes. Parmi les problèmes les plus courants pouvant dĂ©couler des classes Apex, on peut citer les rĂ©fĂ©rences directes d’objets non sĂ©curisĂ©es (Insecure Direct Object References, IDOR), oĂą un attaquant peut lire, manipuler ou supprimer des tables complètes de donnĂ©es auxquelles il ne devrait pas avoir accès, ou l’injection SOQL ; et l’injection SOSL, oĂą le code prĂ©sente des failles qui permettent aux attaquants de manipuler les requĂŞtes effectuĂ©es par la classe pour exfiltrer des donnĂ©es ou modifier le flux de processus prĂ©vu.
Vérifier l’appel des classes Apex
Les experts recommandent aux entreprises de vĂ©rifier qui peut appeler les diffĂ©rentes classes Apex utilisĂ©es dans leurs instances et leurs capacitĂ©s, en particulier les classes qui fonctionnent en mode « sans partage ». Cette opĂ©ration peut ĂŞtre rĂ©alisĂ©e manuellement en passant en revue chaque classe, mais ce processus prend du temps. « Pour dĂ©terminer qui peut appeler une classe Apex, il faut vĂ©rifier Ă  la fois les profils et les ensembles de permissions (depuis Winter, si l’on clique sur « SĂ©curité » en examinant la classe Apex elle-mĂŞme, on ne peut voir que les profils, ce qui n’est pas suffisant pour dĂ©terminer qui peut appeler une classe Apex) », mettent en garde les chercheurs. La bonne façon de procĂ©der est d’aller d’abord dans la section « Utilisateur », puis dans « Profils », et de cocher la case « Accès activĂ© Ă  la classe Apex » (Enabled Apex Class Access) dans chaque profil. Ensuite, pour chaque entrĂ©e de l’option « Accès activĂ© Ă  la classe Apex », l’administrateur doit faire dĂ©filer la section Apps et cliquer sur l’option « Accès Ă  la classe Apex » (Apex Class Access) pour voir les droits. En outre, pour vĂ©rifier si une classe Apex est configurĂ©e pour fonctionner « sans partage », son code source peut ĂŞtre examinĂ©, car la chaĂ®ne « sans partage » se trouve dans l’une des premières lignes de la dĂ©claration de la classe.
Le rapport Varonis comprend Ă©galement des bonnes pratiques sur la manière de sĂ©curiser le code Apex pour Ă©viter les entrĂ©es non sĂ©curisĂ©es qui peuvent conduire Ă  une injection SOQL ou SOSL. Selon le modèle de responsabilitĂ© partagĂ©e, ce sont les clients de Salesforce et non Salesforce qui sont responsables de la sĂ©curitĂ© de leur code Apex. « Une stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© complète devrait vĂ©rifier que les classes Apex ont Ă©tĂ© examinĂ©es par des spĂ©cialistes de la sĂ©curitĂ©, et pas seulement par les dĂ©veloppeurs et les administrateurs de Salesforce », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs. « C’est gĂ©nĂ©ralement le cas pour le code qui fait partie d’un paquet AppExchange, mais ce n’est pas toujours le cas pour les autres codes qui ne font pas partie d’AppExchange. Cela s’applique particulièrement au code interne, qui est souvent nĂ©gligĂ©. »

Sécurité informatique

Détourné par les attaquants, Microsoft désactive Windows App Installer

Plusieurs groupes de cybercriminels ont utilisĂ© le gestionnaire de protocole ms-appinstaller pour contourner les protections et diffuser des ransomwares et d’autres malwares. Microsoft a dĂ©cidĂ© de dĂ©sactiver cette fonctionnalitĂ©.
L’année début fort pour la sécurité de Windows. En effet, Microsoft a désactivé la fonctionnalité App Installer qui, comme son nom l’indique, déploie des applications Windows 10. Elle le fait directement depuis un page web en cliquant sur un lien au format URI (uniform ressource identifier) ms-appinstaller. Le problème est que depuis quelques mois cette fonction a été largement utilisée par des cybercriminels pour diffuser des ransomwares ou d’autres malwares.
« Les attaquants ont probablement choisi le vecteur du gestionnaire de protocole ms-appinstaller car il offre la possibilitĂ© de contourner les mĂ©canismes conçus pour protĂ©ger les utilisateurs contre les malwares, comme Defender SmartScreen et les alertes intĂ©grĂ©es au navigateur qui se dĂ©clenchent en cas de tĂ©lĂ©chargements de formats de fichiers exĂ©cutables », a dĂ©clarĂ© Microsoft dans un avis publiĂ© la semaine dernière. Le gestionnaire de protocole a Ă©tĂ© dĂ©sactivĂ© le 28 dĂ©cembre avec la publication de la version 1.21.3421.0 d’App Installer. Une dĂ©cision prise après la mis en garde contre la vulnĂ©rabilitĂ© Windows AppX Installer Spoofing Vulnerability, rĂ©fĂ©rencĂ©e CVE-2021-43890, lors du dernier Patch Tuesday.
Fonctionnement d’App Installer
C’est pour faciliter l’installation des apps Universal Windows Platform (UWP), anciennement connues sous le nom d’apps Windows Store que Microsoft a introduit la fonctionnalitĂ© App Installer dans Windows 10 en 2016. Ces applications peuvent ĂŞtre dĂ©ployĂ©es sur tous les appareils Windows et sont distribuĂ©es dans un format de paquet appelĂ© MSIX sous forme de fichiers .msxi ou .msixbundle. Introduit en 2019, le format MSIX a remplacĂ© l’ancien format d’emballage AppX pour les applications du Microsoft Store. Cependant, les paquets MSIX ne doivent pas nĂ©cessairement ĂŞtre dĂ©ployĂ©s Ă  partir du Microsoft Store, ils peuvent Ă©galement ĂŞtre installĂ©s hors ligne et peuvent aussi ĂŞtre dĂ©ployĂ©s Ă  partir de n’importe quel site web grâce au schĂ©ma URI et au gestionnaire de protocole ms-appinstaller.
La firme de Redmond encourage les entreprises Ă  utiliser les paquets MSIX pour dĂ©ployer leurs applications, car ils offrent une meilleure fiabilitĂ© et un taux Ă©levĂ© de succès de l’installation, et qu’ils optimisent l’usage de la bande passante et de l’espace disque. « MSIX offre aux entreprises d’être en phase avec les dernières Ă©volutions et de s’assurer que leurs applications sont toujours Ă  jour. Grâce Ă  ce format, les informaticiens et les dĂ©veloppeurs peuvent fournir une solution centrĂ©e sur l’utilisateur tout en rĂ©duisant le coĂ»t de possession de l’application en limitant la nĂ©cessitĂ© d’un reconditionnement », a encore dĂ©clarĂ© l’entreprise.
Quand l’application est dĂ©ployĂ©e directement Ă  partir d’un site web, la page contiendra un lien de la forme ms-appinstaller:?source=http://link-to.domain/app-name.msix. En cliquant sur ce lien, le navigateur transmet la demande au gestionnaire de protocole ms-appinstaller de Windows, qui lance App Installer. Cette fonctionnalitĂ© est comparable Ă  celle d’autres applications qui enregistrent des gestionnaires de protocole personnalisĂ©s dans Windows, par exemple quand on clique sur le bouton d’une page web pour participer Ă  une confĂ©rence tĂ©lĂ©phonique et que le navigateur ouvre automatiquement les applications de bureau Zoom ou Microsoft Teams.
Plusieurs groupes de cybercriminels Ă  la manoeuvre
Cela fait un certain temps que les attaquants ont commencĂ© Ă  abuser du schĂ©ma URI ms-appinstaller en redirigeant les utilisateurs vers des pages web frauduleuses censĂ©es proposer des logiciels populaires, mais livrant Ă  la place des malwares emballĂ©s dans le format MSIX. Selon Microsoft, la technique a Ă©tĂ© adoptĂ©e par de nombreux groupes de pirates, avec un pic d’attaques en novembre et dĂ©cembre 2023. DĂ©but dĂ©cembre, un groupe de courtiers d’accès, suivi par l’éditeur sous le nom de Storm-0569, a lancĂ© une campagne d’optimisation des moteurs de recherche pour distribuer BATLOADER avec cette technique. Le groupe a empoisonnĂ© les rĂ©sultats de recherche avec des liens vers de fausses pages web imitant des sites officiels d’applications lĂ©gitimes comme Zoom, Tableau, TeamViewer et AnyDesk. « Les utilisateurs qui cherchent une application lĂ©gitime sur Bing ou Google peuvent se voir prĂ©senter une page d’atterrissage usurpant les pages du fournisseur du logiciel original et comprenant des liens vers des programmes d’installation malveillants via le protocole ms-appinstaller », a expliquĂ© Microsoft. « L’usurpation de l’identitĂ© d’un logiciel lĂ©gitime populaire est une tactique courante d’ingĂ©nierie sociale », a ajoutĂ© le fournisseur. Si les utilisateurs cliquent sur les liens malveillants, la fenĂŞtre d’App Installer s’affiche, avec un bouton d’installation. Si l’utilisateur clique sur ce bouton, le paquet MSIX malveillant est installĂ© avec des scripts PowerShell et batch supplĂ©mentaires qui dĂ©ploient BATLOADER. Ce chargeur de logiciels malveillants est ensuite utilisĂ© pour dĂ©ployer d’autres implants comme Cobalt Strike Beacon, l’outil d’exfiltration de donnĂ©es Rclone et le ransomware Black Basta.
Un autre courtier d’accès repĂ©rĂ© sous le nom de Storm-1113 et spĂ©cialisĂ© dans la distribution de logiciels malveillants via des annonces de recherche a Ă©galement utilisĂ© cette technique Ă  la mi-novembre 2023 pour dĂ©ployer un chargeur de logiciels malveillants appelĂ© EugenLoader qui usurpait des tĂ©lĂ©chargements Zoom. Étant donnĂ© que ce groupe propose le dĂ©ploiement de malware en tant que service, EugenLoader a Ă©tĂ© utilisĂ© pour dĂ©ployer divers implants, notamment Gozi, Redline stealer, IcedID, Smoke Loader, NetSupport Manager (aussi connu sous le nom de NetSupport RAT), Sectop RAT et Lumma stealer. « Le groupe Sangria Tempest a aussi utilisĂ© des publicitĂ©s Google pour inciter les utilisateurs Ă  tĂ©lĂ©charger des paquets d’applications MSIX malveillants – peut-ĂŞtre en s’appuyant sur l’infrastructure de Storm-1113 – et, dans ce cas, Ă  la livraison de POWERTRASH, un script PowerShell hautement obscurci », ont dĂ©clarĂ© les chercheurs de Microsoft.
Une désactivation nécessaire, mais pas suffisante
Un autre groupe repĂ©rĂ© par Microsoft sous le nom de Storm-1674 a utilisĂ© l’infrastructure et les services de Storm-1113 pour abuser du gestionnaire de protocole malveillant ms-appinstaller et dĂ©ployer SectopRAT ou DarkGate. Cependant, le groupe a distribuĂ© des liens vers les pages d’accueil falsifiĂ©es via des messages sur Teams. Les pages usurpaient l’identitĂ© de services comme OneDrive et SharePoint et invitaient les utilisateurs Ă  tĂ©lĂ©charger Adobe Acrobat Reader ou d’autres outils pour accĂ©der aux fichiers censĂ©s y ĂŞtre rĂ©pertoriĂ©s. Tous les fichiers MSIX frauduleux fournis par l’intermĂ©diaire de ces sites web sont signĂ©s numĂ©riquement afin d’Ă©viter les alertes de sĂ©curitĂ©.
En dĂ©sactivant par dĂ©faut le gestionnaire de protocole ms-appinstaller, Microsoft oblige ces fichiers Ă  ĂŞtre tĂ©lĂ©chargĂ©s sur le disque avant d’ĂŞtre exĂ©cutĂ©s, ce qui signifie que les produits de type EDR ont une chance de les analyser et de les signaler. MĂŞme si la dĂ©sactivation n’empĂŞche pas l’installation de fichiers MSIX directement Ă  partir de sites web, ces fichiers peuvent toujours ĂŞtre tĂ©lĂ©chargĂ©s et installĂ©s hors ligne, ce qui ne devrait pas avoir d’incidence sur les entreprises qui utilisent ce format d’emballage d’application. Les utilisateurs qui ont besoin de cette fonctionnalitĂ© peuvent la rĂ©activer en faisant basculer la stratĂ©gie de groupe EnableMSAppInstallerProtocol en mode « Disabled ».

Sécurité informatique

Un botnet enrĂ´le des machines via l’API Docker Engine

Des chercheurs ont dĂ©couvert une campagne d’un botnet spĂ©cialisĂ© dans les attaques DDoS qui cible les instances fonctionnant avec l’API Docker Engine. L’image malveillante a Ă©tĂ© tĂ©lĂ©chargĂ©e plus de 3 000 fois.
La conteneurisation se dĂ©veloppe rapidement et intĂ©resse de facto les cybercriminels. Les experts de Cado Security ont observĂ© une campagne menĂ©e par un botnet nommĂ© OracleIV, spĂ©cialisĂ© dans les attaques en dĂ©ni de service. Elle a la particularitĂ© de s’attaquer aux environnements se servant de l’API Docker Engine Ă  travers une image malveillante. « L’hĂ©bergement du conteneur malveillant dans Dockerhub, la bibliothèque d’images de conteneurs de Docker, rationalise encore davantage ce processus », souligne les chercheurs dans un rapport.
Image OracleIV malveillante
L’attaque observĂ©e par Cado commence par une requĂŞte HTTP POST ” /images/create” sur l’instance de l’API Docker non protĂ©gĂ©e. Ensuite, des paramètres pointent vers une image appelĂ©e oracleiv_latest, tĂ©lĂ©chargĂ©e sur Docker Hub par un utilisateur nommĂ© robbertignacio328832. Cette requĂŞte Ă©quivaut Ă  une commande docker pull qui tĂ©lĂ©charge l’image du conteneur et l’installe localement, suivie d’une commande de dĂ©marrage du conteneur. Le ciblage des API de Docker Engine exposĂ©es publiquement et non protĂ©gĂ©es n’est pas nouveau. Plusieurs groupes d’attaquants recherchent de telles instances et dĂ©ploient gĂ©nĂ©ralement des malwares de cryptojacking.
C’est le cas d’un groupe appelĂ© TeamTNT qui s’attaque principalement aux environnements cloud. Ce groupe est Ă  l’origine d’un ver baptisĂ© Silentbob, lancĂ© au dĂ©but de l’annĂ©e, qui ciblait des instances Docker et Jupyter Notebook non sĂ©curisĂ©es et volait des informations d’identification AWS. Comme pour cette attaque, TeamTNT a hĂ©bergĂ© ses images de conteneurs malveillants sur Dockerhub Ă  partir de plusieurs comptes. L’image OracleIV trouvĂ©e par Cado Ă©tait rĂ©gulièrement mise Ă  jour et comptait plus de 3 000 tĂ©lĂ©chargements, ce qui laisse penser que la campagne a Ă©tĂ© active et rĂ©ussie.
Réseau de zombies DDoS et cryptojacking
Une fois lancĂ©e, l’image du conteneur compromis exĂ©cute un binaire ELF appelĂ© oracle.sh, suivi de commandes wget qui attirent et exĂ©cutent une variante du cryptomineur XMRig avec une configuration personnalisĂ©e. L’instance XMRig n’est pas rĂ©ellement utilisĂ©e, et ces attaquants sont bien plus intĂ©ressĂ©s par le dĂ©tournement des ressources du serveur pour des attaques DDoS. L’exĂ©cutable oracle.sh a Ă©tĂ© Ă©crit Ă  l’origine en code Python et compilĂ© avec Cython (C-Extensions for Python). Le code met en Ĺ“uvre plusieurs mĂ©thodes DDoS diffĂ©rentes, notamment les inondations de paquets TCP, UDP et SYN, ainsi que des variantes spĂ©cifiques visant Ă  dĂ©jouer diverses dĂ©fenses. Par exemple, l’inondation UDP standard implique des paquets de 40 000 octets, fragmentĂ©s en raison de la limite de taille des paquets de l’UDP, ce qui crĂ©e une surcharge de calcul sur la cible pour rĂ©assembler les fragments. Cependant, le botnet met Ă©galement en Ĺ“uvre des dĂ©bordements UDP avec des paquets de 18, 20 et 8 octets. Ceux-ci sont lancĂ©s avec les commandes appelĂ©es FIVE, VSE et OVH et semblent viser les serveurs FiveM, le moteur de jeu Source de Valve et le fournisseur de cloud français OVH.
Le botnet met aussi en Ĺ“uvre une attaque de type Slowloris qui consiste Ă  ouvrir de nombreuses connexions Ă  un serveur et Ă  envoyer continuellement de petites quantitĂ©s de donnĂ©es pour maintenir ces connexions ouvertes. Le client du bot se connecte Ă  un serveur de commande et de contrĂ´le en utilisant une authentification ordinaire basĂ©e sur une clĂ© codĂ©e en dur, envoie des informations de base sur le système hĂ´te et Ă©coute les commandes. « La portabilitĂ© qu’apporte la conteneurisation permet aux charges utiles malveillantes d’ĂŞtre exĂ©cutĂ©es de manière dĂ©terministe sur les hĂ´tes Docker, quelle que soit la configuration de l’hĂ´te lui-mĂŞme », ont expliquĂ© les chercheurs de Cado. « MĂŞme si OracleIV n’est pas techniquement une attaque de la supply chain, les utilisateurs de Docker Hub doivent savoir que des images de conteneurs malveillants existent effectivement dans la bibliothèque d’images de Docker, un problème qui ne sera semble-t-il pas corrigĂ© dans un avenir proche. L’entreprise de sĂ©curitĂ© conseille aux entreprises d’Ă©valuer pĂ©riodiquement les images Docker qu’elles tirent de Docker Hub pour s’assurer qu’elles n’ont pas Ă©tĂ© transformĂ©es en chevaux de Troie. En outre, elles devraient s’assurer que toutes les API et interfaces de gestion des technologies cloud comme Jupyter, Docker et Redis sont sĂ©curisĂ©es par une authentification et protĂ©gĂ©es par des règles de pare-feu.

Sécurité informatique

Un botnet enrĂ´les des machines via l’API Docker Engine

Des chercheurs ont dĂ©couvert une campagne d’un botnet spĂ©cialisĂ© dans les attaques DDoS qui cible les instances fonctionnant avec l’API Docker Engine. L’image malveillante a Ă©tĂ© tĂ©lĂ©chargĂ©e plus de 3 000 fois.
La conteneurisation se dĂ©veloppe rapidement et intĂ©resse de facto les cybercriminels. Les experts de Cado Security ont observĂ© une campagne menĂ©e par un botnet nommĂ© OracleIV, spĂ©cialisĂ© dans les attaques en dĂ©ni de service. Elle a la particularitĂ© de s’attaquer aux environnements se servant de l’API Docker Engine Ă  travers une image malveillante. « L’hĂ©bergement du conteneur malveillant dans Dockerhub, la bibliothèque d’images de conteneurs de Docker, rationalise encore davantage ce processus », souligne les chercheurs dans un rapport.
Image OracleIV malveillante
L’attaque observĂ©e par Cado commence par une requĂŞte HTTP POST ” /images/create” sur l’instance de l’API Docker non protĂ©gĂ©e. Ensuite, des paramètres pointent vers une image appelĂ©e oracleiv_latest, tĂ©lĂ©chargĂ©e sur Docker Hub par un utilisateur nommĂ© robbertignacio328832. Cette requĂŞte Ă©quivaut Ă  une commande docker pull qui tĂ©lĂ©charge l’image du conteneur et l’installe localement, suivie d’une commande de dĂ©marrage du conteneur. Le ciblage des API de Docker Engine exposĂ©es publiquement et non protĂ©gĂ©es n’est pas nouveau. Plusieurs groupes d’attaquants recherchent de telles instances et dĂ©ploient gĂ©nĂ©ralement des malwares de cryptojacking.
C’est le cas d’un groupe appelĂ© TeamTNT qui s’attaque principalement aux environnements cloud. Ce groupe est Ă  l’origine d’un ver baptisĂ© Silentbob, lancĂ© au dĂ©but de l’annĂ©e, qui ciblait des instances Docker et Jupyter Notebook non sĂ©curisĂ©es et volait des informations d’identification AWS. Comme pour cette attaque, TeamTNT a hĂ©bergĂ© ses images de conteneurs malveillants sur Dockerhub Ă  partir de plusieurs comptes. L’image OracleIV trouvĂ©e par Cado Ă©tait rĂ©gulièrement mise Ă  jour et comptait plus de 3 000 tĂ©lĂ©chargements, ce qui laisse penser que la campagne a Ă©tĂ© active et rĂ©ussie.
Réseau de zombies DDoS et cryptojacking
Une fois lancĂ©e, l’image du conteneur compromis exĂ©cute un binaire ELF appelĂ© oracle.sh, suivi de commandes wget qui attirent et exĂ©cutent une variante du cryptomineur XMRig avec une configuration personnalisĂ©e. L’instance XMRig n’est pas rĂ©ellement utilisĂ©e, et ces attaquants sont bien plus intĂ©ressĂ©s par le dĂ©tournement des ressources du serveur pour des attaques DDoS. L’exĂ©cutable oracle.sh a Ă©tĂ© Ă©crit Ă  l’origine en code Python et compilĂ© avec Cython (C-Extensions for Python). Le code met en Ĺ“uvre plusieurs mĂ©thodes DDoS diffĂ©rentes, notamment les inondations de paquets TCP, UDP et SYN, ainsi que des variantes spĂ©cifiques visant Ă  dĂ©jouer diverses dĂ©fenses. Par exemple, l’inondation UDP standard implique des paquets de 40 000 octets, fragmentĂ©s en raison de la limite de taille des paquets de l’UDP, ce qui crĂ©e une surcharge de calcul sur la cible pour rĂ©assembler les fragments. Cependant, le botnet met Ă©galement en Ĺ“uvre des dĂ©bordements UDP avec des paquets de 18, 20 et 8 octets. Ceux-ci sont lancĂ©s avec les commandes appelĂ©es FIVE, VSE et OVH et semblent viser les serveurs FiveM, le moteur de jeu Source de Valve et le fournisseur de cloud français OVH.
Le botnet met aussi en Ĺ“uvre une attaque de type Slowloris qui consiste Ă  ouvrir de nombreuses connexions Ă  un serveur et Ă  envoyer continuellement de petites quantitĂ©s de donnĂ©es pour maintenir ces connexions ouvertes. Le client du bot se connecte Ă  un serveur de commande et de contrĂ´le en utilisant une authentification ordinaire basĂ©e sur une clĂ© codĂ©e en dur, envoie des informations de base sur le système hĂ´te et Ă©coute les commandes. « La portabilitĂ© qu’apporte la conteneurisation permet aux charges utiles malveillantes d’ĂŞtre exĂ©cutĂ©es de manière dĂ©terministe sur les hĂ´tes Docker, quelle que soit la configuration de l’hĂ´te lui-mĂŞme », ont expliquĂ© les chercheurs de Cado. « MĂŞme si OracleIV n’est pas techniquement une attaque de la supply chain, les utilisateurs de Docker Hub doivent savoir que des images de conteneurs malveillants existent effectivement dans la bibliothèque d’images de Docker, un problème qui ne sera semble-t-il pas corrigĂ© dans un avenir proche. L’entreprise de sĂ©curitĂ© conseille aux entreprises d’Ă©valuer pĂ©riodiquement les images Docker qu’elles tirent de Docker Hub pour s’assurer qu’elles n’ont pas Ă©tĂ© transformĂ©es en chevaux de Troie. En outre, elles devraient s’assurer que toutes les API et interfaces de gestion des technologies cloud comme Jupyter, Docker et Redis sont sĂ©curisĂ©es par une authentification et protĂ©gĂ©es par des règles de pare-feu.